29 novembre 2006
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Lafortune Media Player


La rue Beaubien est une des rares artères commerciales de Montréal où on peut encore apercevoir de belles devantures rétro dans le plus pur style des années 50 – surtout dans l’Est, entre le métro et le Cégep de Rosemont. Outre le magnifique Dairy Queen du coin de la 40ème et le vénérable Cinéma Beaubien au coin de l’avenue Louis-Hébert, on ne peut manquer de voir surgir l’étrange Nettoyeur Lafortune.

Sis au coin de l’avenue de Lorimier, il occupe un bâtiment détaché dont la façade est composée de deux grandes poutres appuyées l’une contre l’autre en « ^ », surmontées d’une toiture à la géométrie atypique. L’idée est apparemment de reproduire l’esthétique d’un chalet laurentien, le tout dans des tons brun et blanc-cassé typiques des années 60. Dommage que j’aie pas eu ma caméra sur moi quand je suis passé devant… En tout cas. Sur la vitrine est affiché un grand carton qui porte ces mots :

NOUS ACCEPTONS LES COUPONS DE LA COMPÉTITION.

L’affiche est tellement broche-à-foin que ça m’a pris cinq minutes d’autobus avant de réaliser la puissance de cette phrase : nous acceptons les coupons de la compétition. Amenez vos coupons Daoust, on s’en crisse, on vous les fera les 2 dollars de rabais. No question asked.

Vous rendez-vous compte à quel point cette stratégie est géniale ? Je vous rappelle que Nettoyeur Lafortune est un petit joueur à la devanture vieillotte coincé entre des dizaines de nettoyeurs Daoust-Forget et autres chaines de franchisés. Lafortune n’est pas moins doué pour la déco que le gérant de votre Daoust, il est simplement indépendant et n’a donc pas accès aux outils marketing d’une grande marque-parapluie. Il n’a pas non plus les moyens d’insérer des coupons dans le Publisac.

Avec cette seule petite phrase, il réussit à recueillir les retombées d’une campagne de promotion par coupons sans avoir investi un seul dollar. Chaque client qui lui réclame le 2 $ de Daoust lui coûte 2 $ en tout et pour tout, tandis que le coût d’acquisition du même client sera presque le double pour la bande à Daoust, qui a dû payer un designer, un imprimeur, un service de placement média et un distributeur pour ses coupons. Nous acceptons les coupons de la compétition… Bordel, c’est si génial qu’on se demande si c’est légal.

Je ne suis pas un pro du marketing, mais il me semble que cette stratégie de détournement (au sens de hijack, vraiment) peut servir à n’importe quelle entreprise qui 1) se trouve en position minoritaire et fragile sur son marché, et qui 2) a plus d’intérêt à vendre rapidement son produit qu’à bâtir/maintenir une marque.

Cette description vous fait penser à quelqu’un ?

Moi, ça me fait penser à Microsoft. Ça fait des mois qu’ils font des pieds et des mains pour battre iTunes et le iPod. Au début ils se sont alliés avec tous les baladeurs non-Apple pour imposer le Windows Media Player. Maintenant ils sortent carrément leur propre baladeur, le Zune. Tout cela est intégré, avec la Xbox360 et le prochain Windows Vista, à leur nouvelle stratégie post-Bill Gates, « Windows Live ».

Windows Live semble destiné à regrouper tous les projets « me-too » que Microsoft tente d’imposer face à l’émergence de YouTube, Google ou MySpace. Eh bien moi je dis que ça ne marchera pas. Tout cela est trop ambitieux.

Le Microsoft d’il y a dix ans n’aurait fait qu’une bouchée de ces blancs-becs qui lui piquent des revenus publicitaires et des licences logicielles. Mais le Microsoft d’aujourd’hui doit baisser ses critères et viser l’efficacité et la rapidité, plutôt que de perdre de précieux mois à deviser des méga-stratégies horizontales et tout en s’épuisant à préparer un nouveau Windows dont personne n’a besoin (et que personne ne verra jamais si ça continue).

Et surtout, le Microsoft d’aujourd’hui doit cesser de garder jalousement ses API et d’empêcher les appareils et logiciels des autres de fonctionner sur ses plateformes (vous savez, quand vous essayez de lancer un PDF ou un QuickTime, ou de brancher un iPod sur Windows ? Ils le font exprès, c’est pas possible !). MS n’a plus la stature nécessaire pour imposer ses standards ; son acharnement dans ce domaine devient aussi ridicule que celui de Sony. Bref…

MICROSOFT DOIT FAIRE UN LAFORTUNE DE LUI-MÊME.

Windows Live Lafortune Lafortune accepte les coupons de la compétition ? Microsoft devrait accepter les baladeurs de la compétition. That’s it. Vous voulez brancher un iPod sur le Windows Media Player ? Aucun problème, tenez, on affichera même un beau logo d’Apple si ça peut vous faire plaisir. En autant que vous cessiez d’utiliser iTunes, on est prêts à tout pour vous faire sentir chez vous, amis iPodeurs, dans Windows Media Player.

Le iPod ne rapporte pas vraiment de bénéfices à Apple. C’est la boutique iTunes qui lui rapporte le gros de sa marge. Si Microsoft acceptait les iPods à bras ouverts dans ses systèmes, de la Xbox à Windows, il aurait vraiment la capacité de faire mal à Apple.

Seulement voilà : avant de se rabaisser à ça, Microsoft doit faire oeuvre d’humilité et abandonner son arrogance. Sans parler de ses projets de domination pharaoniques qui sont voués à l’échec, et donnent tout son sens à l’expression « se reposer sur ses lauriers ». Pas besoin d’être un insider des coulisses de l’industrie pour comprendre que Microsoft a perdu de sa superbe. Elle est arrivée au point où personne ne serait surpris si elle se prenait la même raclée qu’elle a mis à IBM dans sa jeunesse, alors que celui-ci paraissait indétrônable. Microsoft n’a plus besoin d’un Bill Gates. Microsoft a besoin d’un Bill Lafortune.


29 novembre 2006
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Les « sites citoyens » au congrès de la FPJQ


J’étais invité samedi à parler des « sites Web citoyens » au congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. J’avais trois co-panélistes : mon collègue Michel Dumais, le communico-sociologue Serge Proulx de l’UQÀM, et Olivier Niquet qui publie Centpapiers.com.

J’avais jamais vu Michel Dumais en prestation live, c’est quelque chose. Son « calme fougueux », si j’ose dire, contrastait avec mon incontrôlable sloppiness des grands jours.

Résumé de ma position, plus ou moins bien livrée :

Le concept des sites Web citoyens est intéressant : des internautes font des articles de nouvelles et commentaires avec les méthodes supposées du journalisme, incluant un comité de rédaction, mais de façon indépendante, bénévole et, donc, « citoyenne ». Parmi ces sites : Oh My News, Cent Papiers, Agora Vox, Wiki News, etc.

Malheureusement, le concept est mal implanté et le résultat est un fouillis d’articles recomposés depuis des dépêches, d’opinions sur l’actualité et, surtout, de réactions à des nouvelles provenant des médias professionnels. On y voit très peu d’information de première main.

C’est pourquoi les « journalistes citoyens » ne sont pas une menace aux journalistes professionnels ; ils ont besoin de ces derniers pour alimenter leurs écrits, et ils sont très loin d’atteindre la rigueur des professionnels encadrés par un organisme de presse établi, fût-il noyauté par les pires capitalistes. En revanche, le journalisme citoyen en tant que phénomène est inquiétant pour les médias professionnels, puisqu’il témoigne d’une méfiance généralisée envers eux : en effet, si ces sites-là sont « citoyens », alors que sont les médias professionnels ? Déconnectés des citoyens ? Je crois que c’est le pire des préjugés qu’on peut avoir envers notre métier.

Mais ce que j’ai souligné le plus, c’est que les sites citoyens ne sont pas nouveau : ils ne sont qu’une nouvelle évolution technique d’un principe en action depuis la naissance de l’internet, qui est de rendre au peuple les « moyens de production » de l’expression médiatique, pour reprendre un concept marxiste de circonstance. Quand on éditait le webzine Hystérie avec mon ami David en 1998, on faisait déjà du « journalisme citoyen ». Rien de bien nouveau dans le fond – et comme le faisait remarquer Michel, que dire des radios pirates des années 70, ou des médias communautaires ?

J’étais pas mal fier de ma petite analyse. Mais une intervention orale de Nicolas Ritoux ne se terminant jamais sans une splendide mise de pieds dans le plat, j’ai réussi à faire encore une fois un fou de moi lors de la période des questions. Ma déclaration (que je trouve toujours drôle, mais qui s’est heurté à un silence gêné) ressemblait un peu à ceci :

Sur Internet, il y a 99% de bruit pour 1% de signal, et on devient tanné du bruit qui nous faire perdre du temps. Rien ne m’énerve plus que de lire un article pendant cinq minutes avant de me rendre compte qu’il a été écrit par un nobody et que je ne peux donc rien en tirer de solvable. Tout ce qu’on voit dans les sites citoyens est truffé d’opinions et de points de vue. Et pour citer un personnage d’un western de Sergio Leone, les opinions c’est comme les trous du cul, tout le monde en a un.

Silence total.

Moi je la trouve bonne, pourtant ! Peut-être qu’ils étaient choqués de me voir citer à tort Sergio Leone alors que cette réplique vient du film Platoon dont vous avez reconnu la photo ci-haut, et porte sur les « excuses », et non les « opinions ». N’empêche ! Je suis précisément en train de faire ce que je reproche aux sites citoyens en écrivant ce blogue, le trou du cul bien au chaud sur mon rebord de fenêtre.


29 novembre 2006
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Je déteste Wikipedia, par Nicolas R.


J’ai reçu plein de gentils courriels quand mon article « Qui sont les Wikipédiens? » a paru dans La Presse en août. À compter de ce matin, je m’attends à recevoir un paquet d’injures des mêmes personnes, puisque je viens de publier un dossier expliquant pourquoi l’encyclopédie Wikipedia est vouée à ne jamais dépasser « le niveau intellectuel d’un bon élève du secondaire, sans plus ». Featuring Jimmy Wales et Larry Sanger en entrevue. Voici les liens :

Tout le monde va penser que je déteste Wikipédia, mais ce n’est pas le cas. J’adore Wikipédia. Il est en position proéminente parmi les moteurs de recherche de mon Firefox. Je peux passer des soirées entières à y lire l’histoire de la première guerre mondiale jusqu’à la bio du dernier colonel allemand, ou la chronologie de l’évolution depuis la formation de la Lune jusqu’à la domestication du chat commun (Felis silvestris catus, m’apprend-on). Saviez-vous que les chats mangeaient beaucoup de viande à cause d’une mutation génétique ancestrale qui leur interdit de goûter le sucre, et par conséquent d’apprécier les végétaux ? Moi non plus. Une chance que Wikipedia était là pour me l’apprendre.

Mais que voulez-vous, mon métier consiste à refléter les pours et les contres.

D’ailleurs, il serait malhonnête de ne pas mentionner les résultats d’une recherche indiquant que les « experts » ne sont pas si fâchés que ça contre Wikipedia, puiqu’ils lui donnent une meilleure note que les « non-experts ». Mais le dossier était déjà parti pour l’impression quand j’ai découvert ces nouvelles données hier soir.


27 novembre 2006
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Dans un ordi près de chez vous (#45)


MON ÉCRAN, C’EST DU BÉTON !

Le premier moniteur en béton du monde a été réalisé par des étudiants de l’Innovation Lab d’Århus, au Danemark. Il est constitué de béton mêlé à des fibres optiques alignées pour former des pixels. Ce n’est pas un appareil électronique, mais plutôt un dispositif optique, qui relaie l’image d’un projecteur vidéo installé derrière, à l’autre extrémité des fibres. Ce « béton translucide », comme disent ses créateurs, pourrait permettre de créer des « dômes de lumières » dans les stations de métro, des « courts de squash interactifs », ou des « murs qui prennent vie ». Inutile de préciser que, de l’aveu même de ses créateurs, ce moniteur est très pesant.

AVOIR L’AIR FOU COMME UN GAMER

On comprend pourquoi les jeux vidéo sont proscrits aux épileptiques quand on voit les secousses qu’ils produisent chez le gamer de base. Deux photographes ont eu l’idée, apparemment sans se consulter entre eux, de saisir ces zouaves en pleine furie vidéoludique. L’un a capturé leurs visages, et l’autre leurs mains.

AVOIR L’AIR FOU COMME STEVE JOBS

Supposons que vous devez vendre un ordinateur à quelqu’un. Vous y êtes ? Bien. Supposons maintenant que vous voulez insister particulièrement sur la rapidité avec laquelle il réagit à vos demandes. La plupart des vendeurs auraient le réflexe d’utiliser un langage technique, de multiplier les superlatifs, et d’employer des adjectifs à quatre syllabes ou plus (« incroyable », « déconcertant », « fantastique »…). Steve Jobs, le vendeur en chef d’Apple, a une méthode beaucoup plus simple. Il n’utilise qu’un seul mot, qu’il répète toutes les trois secondes pendant toute sa démonstration.

LA RISÉE DU WEB

« Internet est l’outil ultime pour se ridiculiser publiquement devant le monde entier » : c’est ainsi que le site Web du magazine PC World présente sa liste des 13 moments les plus embarrassants du Web. Parmi les victimes :

  • Kyra Phillips, présentatrice de CNN capturée par les internautes alors qu’elle critiquait sa belle-soeur pendant ce qu’elle croyait être un hors d’ondes;
  • Le vice-président américain Dick Cheney, dont la nécrologie a été publiée par erreur sur le Web par CNN;
  • Guy Goma, un étudiant congolais pris pour l’invité du jour de la BBC, et forcé de commenter du mieux qu’il pouvait l’actualité technologique;
  • Howard Dean, le candidat démocrate américain, qui a détruit sa campagne d’un seul cri primal;
  • Cat Schwartz, une photographe qui a montré ses seins au monde entier à cause d’une mauvaise manipulation de la fonction de découpage d’image (cropping) de Photoshop;
  • Steve Ballmer, président de Microsoft, qui a lâché son fou plus que de raison durant un exercice de motivation de ses troupes (il obtient la première position).
  • Le meilleur pour la fin : en quatrième position du classement se trouve notre Star Wars Kid national ! Cet adolescent de Trois-Rivières, qui jouait à imiter un Jedi dans l’atelier audiovisuel de son école, s’est fait piquer la cassette par des camarades de classe, qui l’ont diffusée partout sur le Web. Ils ont dû être sacrément grondés quand leurs parents ont été amenés en cour par l’avocat du Kid.

Publié dans La Presse le 27 novembre 2006.


27 novembre 2006
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Dans un ordi près de chez vous (#44)


ÊTES-VOUS UN CONSOMMATEUR BRANCHÉ ?

Pour le savoir, passez ce test en ligne où vous devrez reconnaître 10 logos célèbres parmi six choix. Le logo d’Amazon.com porte-t-il sa flèche en haut ou en bas, à gauche ou à droite? Le L de Google est-il vert ou jaune? Ces questions peuvent paraître difficiles sur papier, mais vous aurez sûrement la surprise d’en reconnaître quelques-uns en les voyant. Ça vous montrera à quel point votre cerveau peut emmagasiner des informations parfaitement inutiles, alors qu’il n’est pas foutu de vous rappeler d’acheter du lait.

WINDOWS VISTA FÊTE SES QUATRE ANS !

Ce vidéo promotionnel de 2003 présente les fonctions du successeur de Windows XP, sur l’air de I’m coming up par la chanteuse Pink, avant de conclure par ces mots : « Coming October 2003″. Après quatre ans de fausses alertes et de délais sans cesse repoussés, Microsoft promet maintenant que Vista, auparavant nommé Longhorn, sortira « au début de 2007″. Mais ce document prouve qu’il vaut mieux attendre de le voir pour le croire!

LES PRÉSIDENTS AMÉRICAINS EN TAGS

Un internaute a eu la bonne idée de construire les tag clouds des discours des présidents américains de 1776 à nos jours. On obtient un saisissant portrait-éclair de la philosophie de gouvernement de chacun d’entre eux. Chez George W. Bush, les termes dominants sont « économie », « liberté », « Irak », et bien sûr « terroristes » (discours sur l’état de l’Union, 31 janvier 2006). Chez Rooselvelt, lui aussi président en temps de guerre, le langage est plus pragmatique: »Grande Bretagne », « économie », « munitions », « guerre » (discours officiel du 17 décembre 1940). Et plus on remonte dans le temps, plus les mots sont compliqués:les « nuages » de George Washington requièrent un niveau élevé de connaissance de l’anglais. À croire que les présidents américains sont de moins en moins érudits.

L’INCROYABLE ENCHÈRE DE LA SEMAINE

Cet urinoir jugé « sexiste et misogyne » par les organisations sexistes autrichiennes a été retiré après trois ans de loyaux services dans un passage souterrain de la Stephansplatz de Vienne, près de l’Opéra national. Il faisait partie d’un ensemble de quatre urinoirs installés par l’artiste Rudolf Scheffel dans une pièce aménagée sur le thème d’un bar, avec un piano droit et des vitrines contenant des bouteilles d’alcool – l’entrée des toilettes était payante. De telles oeuvres d’art ne pouvant être reléguées au sous-sol d’un entrepôt viennois, elles ont été aussitôt mises en vente sur eBay, à l’unité. Le vendeur indique que chaque urinoir sera « méticuleusement nettoyé, sablé et reverni par l’artiste lui-même ». L’enchère s’est terminée à 1510 euros (2245 $).

HUMOUR VIRAL

La troupe new-yorkaise Olde English regroupe six humoristes de la nouvelle génération, qui maîtrisent la puissance « virale » d’Internet. Leurs vidéos ont fait le tour de nombreux sites Web. Une des meilleures, « une photo par jour », raconte en diaporama ultrarapide (ou stop-motion, dans le jargon) la vie d’un jeune homme qui, sans quitter des yeux la caméra, enchaîne des périodes de procrastination, de fumage de pot et d’activité sportive intense, et traverse diverses modes vestimentaires douteuses, avant de s’enrichir, puis de se ruiner et de plonger dans l’alcool, jusqu’à ce qu’il décide de faire le tour du pays en courant. Un genre de Forrest Gump trash, en accéléré.

Publié dans La Presse le 20 novembre 2006.


27 novembre 2006
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Les Emos, un clan propulsé par MySpace


Je donne un angle techno à mon titre pour rester dans le thème du blogue, mais en vérité, mes deux articles parus dans La Presse ce matin sont une de mes rares incursions en dehors des TI. Ça fait du bien de parler d’autre chose, des fois. Je ne suis pas juste un geek, que diable !
À lire donc ce matin :
Les « emos » : à coeur brisé, mèche colorée
Nouvelle tendance : il n’y a plus de tendances !


18 novembre 2006
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MySpace n’a rien inventé


MySpace est le cinquième site Web le plus visité au monde, et le sixième le plus visité au Canada. Il y a encore 18 mois, il ne représentait que 1.9% des visites sur le Web (selon Hitwise Intelligence, juin 2006). Entre-temps, il a été racheté pour 580 millions $ américains par Ruppert Murdoch.

Ruppert n’y est pour rien dans ce succès : MySpace n’a pas changé depuis ses débuts en 2003 dans la chambre d’étudiant de Tom Anderson (oui, votre mystérieux ami Tom qui vous dit bonjour quand vous prenez un compte MySpace). Et il n’a jamais utilisé que le bouche-à-oreille pour se faire connaître.

Qu’est-ce que MySpace ? C’est un site qui permet à chacun de créer gratuitement une page Web avec plein de contenus multimédias, virtuellement sans limites de choix de mise en forme. Un Dreamweaver en ligne, en quelque sorte, lié à un système de réseautage à la Friendster.

Les utilisateurs de MySpace le préfèrent à Friendster parce qu’il leur permet de diffuser et consulter leurs propres contenus multimédias sur Internet. Mais n’est-ce pas là la définition… d’une page Web ?

Exactement. Sauf que pour créer une page personnelle dans MySpace, on n’a besoin d’aucune compétence particulière. Un idiot peut y diffuser du joli contenu coloré qui bouge et fait du bruit en une heure à peine.

Bien sûr, tout ce néophysme fait que la première fois qu’on arrive sur une page de MySpace, on risque un haut-le-cœur. Beaucoup de ses pages sont hideuses, bariolées de couleurs et d’images qui rendent la lecture pénible, avec une grosse toune hip-hop qui jaillit des haut-parleurs sans qu’on l’ait demandée. On dirait que la plupart des pages de MySpace ont été composées par des singes dopés au Mountain Dew. Mais c’est ce que les jeunes d’aujourd’hui aiment, que voulez-vous.

En effet, la plupart des visiteurs de MySpace sont jeunes, si jeunes qu’on l’a même accusé d’être un terrain de chasse pour les pédophiles. Depuis, le site est truffé d’agents du FBI déguisés en ingénus pré-pubères. En vérité, MySpace n’a rien inventé, ni la création de pages Web, ni la prédation sexuelle ; il a juste réuni tout ça dans un endroit accessible et normalisé.


17 novembre 2006
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(exclusif) À bas les campeurs !


Je publie cet article en exclusivité ici, parce qu’il n’a pas pu être publié dans La Presse. NON, c’est pas parce qu’ils le trouvaient poche, stu clair ! C’est parce qu’il n’y avait plus d’espace. Ça arrive.


À BAS LES CAMPEURS !

Par Nicolas Ritoux

Accusés de sournoiserie et de lâcheté par certains, tolérés par d’autres, les « campeurs » créent la controverse dans la plupart des jeux de tir multijoueurs sur Internet, de Unreal Tournament à Call of Duty.

Il ne reste plus que deux minutes de jeu. Vous êtes en vue du drapeau. Plus que quelques mètres avant de vous en emparer pour le ramener à l’équipe. Avec prudence, vous vérifiez qu’aucun adversaire ne se trouve autour de vous. Mais dès votre premier pas, vous êtes dégommé d’un tir à la tête sorti de nulle part. Vous avez beau revenir et mourir vingt fois au même endroit, vous ne repérez jamais votre tueur. Normal : vous avez été victime d’un campeur.

Dans les jeux de tir à plusieurs, le camping est une tactique qui consiste à se planter discrètement dans un coin sans jamais bouger, pour tirer sur les adversaires sans s’exposer, ou pour guetter l’apparition d’un objet convoité. On trouve régulièrement deux ou trois campeurs dans chaque partie de shooter en ligne, et dans toutes les variantes de jeu, de la capture de drapeau au deathmatch.

Évidemment, le grand avantage de ne pas bouger, c’est qu’on évite les pruneaux. Mais les autres joueurs, qui font l’effort de se déplacer pour aller à l’encontre de l’adversaire, ont souvent tendance à mépriser les campeurs en raison de leur avantage injuste. Même leurs coéquipiers les punissent souvent, par des agressions verbales, des gestes hostiles ou des exécutions sommaires ; en effet, le camping peut être considéré comme une forme de désertion. Dans les armées du monde réel, on expédirait ces lâches au tribunal militaire, voire au poteau !

« Quand tu joues pour le fun sur un serveur public, le but n’est pas de camper », reconnaît David Richard, 20 ans, qui joue à Call of Duty 2 pour l’équipe québécoise eGe (Electronic Gaming Evolution). « Les campeurs ne font pas l’unanimité. Personnellement, je pense que chacun a son style de jeu et qu’on a le droit d’être patient plutôt que de courir partout. »

Toléré dans certains cas

Selon David, les campeurs sont officieusement acceptés pour certains rôles précis, comme la défense dans une partie de capture de drapeau. On accepte souvent qu’un ou deux joueurs campent à proximité du drapeau pour le surveiller, tant qu’ils restent dans la zone de leur propre équipe.

« On peut aussi tolérer le camping dans des jeux où une des deux équipes est clairement défensive, comme dans certaines parties de Counter-Strike, quand les anti-terroristes attendent que les terroristes viennent planter leur bombe », précise Talmadge Wright, sociologue à l’Université Loyola de Chicago, qui a étudié les interactions humaines dans ce célèbre jeu en ligne – son étude a été publiée dans le site Web de « ludologie » Gamestudies.org.

« Également, dans tous les shooters en ligne, certaines cartes vont être clairement dessinées pour favoriser les tireurs d’élite (snipers), et dans ce cas la dynamique du jeu va être précisément centrée sur le camping », poursuit M. Wright, dont l’étude a notamment révélé que les joueurs plus âgés pratiquaient davantage cette tactique de patience.

Réservé à la compétition

« Bien sûr, le problème des campeurs se pose uniquement sur les serveurs de jeu publics. En compétition, c’est tout à fait différent », précise Jonathan Leblanc, un étudiant en communications de 23 ans qui dirige l’équipe eGe depuis plusieurs années – elle est devenue une des meilleures, sinon la meilleure équipe du Québec dans le jeu Counter Srike.

« Sur un serveur public, c’est frustrant de se faire tuer dix fois par le même gars caché au même endroit. Mais en compétition, tous les coups sont permis », explique Jonathan. « D’ailleurs, on est plutôt incités à garder les mêmes positions pendant toute une partie, parce que nos coéquipiers ont une stratégie à respecter et s’attendent à nous voir là où ils ont besoin de nous. Cela dit, quand les joueurs sont bons, ils connaissent toutes les cachettes de chaque carte et délogent facilement les campeurs. »

« La tolérance envers les campeurs dépend étroitement de la façon dont les joueurs perçoivent le but du jeu », résume Talmadge Wright. « Si on joue uniquement pour le plaisir, alors les campeurs risquent de nuire au fun des autres en les tuant sans leur laisser de chance. Selon moi, le choix de camper est lié à la perception que chacun a de son équipe : est-ce que je fais partie d’un groupe auquel je dois collaborer, ou est-ce que je joue pour moi seul ? »


15 novembre 2006
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Semaine québécoise de l’informatique libre


Right now, partout au Québec, on célèbre jusqu’à dimanche (19 novembre) la Semaine québécoise de l’informatique libre, qui consiste en un ensemble de conférences et d’ateliers, ainsi que des formations gratuites pour les débutants. Il y a 2 ans j’avais interviewé Richard Stallman à cette occasion (le père du logiciel libre, sans qui Linux tel qu’il est n’existerait pas). Pour vous dire que c’est pas n’importe quoi comme événement.

C’est la 3e année qu’on fait la SQIL, c’est à dire des activités organisées dans plusieurs villes du Québec. Des groupes de Montréal, Québec, Laval, Sherbrooke et St-Étienne participent cette année en organisant une vingtaine d’activités sur 9 jours.

Ce que vous venez de lire est un résumé que m’a envoyé Robin Millette, artisan incontournable du mouvement du logiciel libre au Québec, très impliqué dans cet événement. Je trouve que ça résume tout. Je me demande juste si le « St-Etienne » dont il parle est la grosse ville française du côté de Lyon ou un patelin québécois dont je n’avais pas encore entendu parler.


10 novembre 2006
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Rions ensemble de Windows Vista


Eh oui, rions, parce que mieux vaut rire que pleurer des horribles manigances de Microsoft dans le domaine du DRM – vous savez, ces technologies anti-copie sournoises qui punissent l’honnêteté au lieu de la récompenser, allant jusqu’à rendre le piratage plus pratique que l’achat…

Et pour rire, qui de mieux que mon idole Lore Sjöberg, devenu humoriste de la techno après avoir révolutionné l’art de la critique des jeux vidéos (je pèse mes mots) dans Wired News. Lisez donc ce qu’il a imaginé cette semaine pour dénoncer à mots couverts la perversité de Microsoft.

Mon extrait favori :

If you use a Mac, you must wash your hands for at least 30 seconds with an antimicrobial soap and rinse thoroughly before using Windows Vista. We reserve the right to fry any iPod plugged into the system so crispy you’ll think it was catfish. We have a music player, it’s called a Zune, get one.

Il n’est pas si loin de la vérité quand on voit avec quelle mauvaise foi Microsoft a toujours fait en sorte qu’Acrobat Reader, Quick Time ou le iPod marchent très mal dans Windows.