16 décembre 2007
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L’âge des ténèbres


Denys Arcand est bien triste de voir les jeunes d’aujourd’hui avec un casque d’écoute « vissé dans les oreilles » (comme disent les journalistes qui n’en portent pas). C’est ainsi que les filles du personnage de Jean-Marc Labrèche sont présentées à longueur de film dans l’Âge des ténèbres.

D’accord, les autres générations n’échappent pas à la moulinette du cynisme d’Arcand, mais l’avantage avec les jeunes, c’est qu’il peut brosser ces personnages en deux secondes ; un jeu vidéo, un iPod, une moue blasée, et c’est réglé : t’as ton jeune. L’accessoriste crée à lui-seul les personnages.

Denys Arcand, lui, quand il était jeune, lisait des livres.

Mais qu’est-ce qu’un livre ? Un médium connecté à aucun autre humain, où rien n’entre où ne sort, que l’on consomme un à la fois, chacun dans son coin. Les gens de littérature, souvent technophobes, sont pourtant aussi difficiles à déranger quand ils sont plongés dans leur livre qu’un jeune qui pitonne sur un gadget numérique. Et contrairement aux livres, les gadgets numériques sont connectés à d’autres gens.

Passons.

J’ai assez aimé le film d’Arcand, une comédie noire où les situations cyniques se succèdent. Elle aurait aussi bien fonctionné sous forme de capsules quotidiennes de cinq minutes à la télé, et ça aurait coûté moins cher à Téléfilm Canada, ce qui aurait laissé plus d’argent à d’autres réalisateurs cette année, mais tout de même… Un film sympathique.

Ma scène préférée, c’est celle que les journalistes français ont le moins aimé : celle du combat médiéval dans la forêt québécoise. Je ne suis pas sûr que ces confrères l’ont pogné. En effet, cette scène n’était pas un rêve contrairement aux autres. Il existe réellement des gens qui se réunissent dans la forêt durant l’été pour jouer à des jeux de rôles grandeur nature. Ils s’y croient à mort, apardetsa. Sont dans leur personnage à fond. Ce n’est donc pas un rêve dans le film, mais un passage à l’acte de la part du héros, qui cesse de rêver pour aller expérimenter cette échappatoire collective de la réalité.

Intéressant de voir comme le succès des mondes fantastiques depuis une vingtaine d’années coïncide avec une certaine modernité, la même que critique Arcand. Mais à toutes ces mises en scène, il préfère le bon vieux chalet au bord de l’eau à Charlevoix, où son héros finit par régler vraiment ses problèmes. Personnellement je me tirerais une balle, seul déconnecté dans un chalet à Charlevoix pendant plus de 48 heures, mais chacun son truc.


12 décembre 2007
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Earideas.com, énième trouvaille de Hugh


EarIdeas.com est l’énième site Web lancé par le montréalais Hugh McGuire, entrepreneur en série slash ingénieur slash romancier slash environnementaliste slash podcasteur slash twitteur intempestif slash plein d’autres trucs.

Permettez-moi de vous présenter Hugh.

Hugh regorge d’idées, et sa particularité est qu’il les met en pratique. Avec brio la plupart du temps. J’admire Hugh, même si nous avons failli devenir des ennemis le jour où il a renversé un verre d’eau sur mon Mac flambant neuf en déployant l’écran du sien, assis en face de moi (mais le sort a épargné mon ordinateur et nous sommes restés amis). Son seul défaut, c’est d’avoir un prénom fucké – ben oui, ça se prononce pareil comme YOU, alors imaginez les confusions… Toujours est-il que sa nouvelle idée est aussi bonne que les autres, tout en s’alignant dans la continuité de son autre projet, Collectik. Je n’en attendais pas moins de lui.

Bon, les présentations sont faites. Maintenant, qu’est-ce qu’Earideas ?

EarIdeas est un best-of des podcasts. C’est aussi simple que ça.

J’adore l’idée. Parce que je suis le client typique de ce site. Je déteste perdre mon temps à séparer le « signal » du « bruit » sur le Web ; qu’il s’agisse de blogues ou de podcasts, on finit toujours par perdre des heures avant de découvrir, peut-être, une ressource intéressante. Un podcast sur vingt (sinon plus) vaut la peine d’être écouté. EarIdeas mâche le travail pour vous en proposant les podcasts dignes d’intérêt, résumés en quelques mots dans une interface simple, téléchargeables dans un éventail de formats.

Moi, je suis un gars client-side. Je rêve d’avoir un client sur mon ordi pour chaque application Web sans jamais manipuler longuement mon navigateur. (Dieu bénisse Twitterific). Bon, EarIdeas n’est pas un client, mais le principe est le même : les fainéants du Web peuvent y trouver l’essentiel sans réquisitionner leurs doigts pendant cinq minutes. Deux-trois clics, et on est en business.

À présent, voici ma critique :

Le gros défaut de EarIdeas, c’est aussi Hugh. Parce que moi je sais que Hugh fait les bons choix de podcasts pour moi, je suis tranquille… Mais les gens qui ne connaissent pas Hugh n’ont aucune garantie. Rien ne leur indique que le site ne fait aucun favoritisme. La première fois qu’on arrive sur le site, on peut facilement s’imaginer qu’il est commandité, ou que les gens qui y proposent les meilleurs podcasts n’ont pas les mêmes goûts que nous. Rien ne nous dit le contraire, en tout cas. Et dans le doute, on se méfie – surtout sur le Web. Il s’agirait d’afficher une sorte de « garantie d’objectivité » ou du moins une description des critères de sélection, qui rassure l’internaute sur l’impartialité du jury.

Deuxièmement, je crois qu’EarIdeas devrait accentuer la collaboration des internautes en les invitant (bruyamment, dès la page d’entrée) à soumettre leurs propres podcasts au vote. Mais là, on se rapproche de la section Podcasts de Digg. C’est pas grave pour moi, car je sais qu’Hugh a des choix plus intéressants pour moi que les milliers d’Américains random qui votent dans Digg. Mais pour les autres, Hugh, explique-leur… En quoi EarIdeas se différencie de Digg et autres sélections de podcasts ? (ta réponse sera dûement publiée ici).


9 décembre 2007
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Comment reconstruire une plage


dsc00095.JPGLors de mon voyage à Playa del Carmen, j’ai trouvé un sujet qui serait parfait pour une émission scientifique comme La Revanche des Nerdz (mais je n’y travaille plus) ou Découverte (mais je n’y travaille pas).

Il s’agit des techniques étonnantes employées par les hôteliers de la côte caraïbe (Est) du Yucatan pour reconstruire leurs plages, touchées durement par les derniers ouragans, notamment Wilma en 2005.

La première chose qui choque quand on arrive dans les hôtels tout-inclus de Playa del Carmen, ce sont les gros boudins noirs ou blancs qui jonchent leurs plages. Ils sont très laids, affreusement luisants et glissants, et ressemblent en quelque sorte à des cadavres de cachalots en putréfaction. Quand on se baigne entre ces horreurs, on se sent comme dans une décharge d’ordures. Mais à moyen terme, ce sont ces horreurs qui permettront à la plage de retrouver sa splendeur d’antan, et de mieux résister aux futurs ouragans.

dsc00285.JPGCes énormes sacs de 5 à 10 mètres de long sont agencés perpendiculairement les uns aux autres, soit en travers dans l’eau, soit comme des digues qui s’enfoncent dans la mer. Certains sortent, monstrueux, on ne voit qu’eux. D’autres sont enfoncés à moitié et commencent à s’intégrer au sable. D’autres encore sont déjà ensevelis. Mais tous ont commencé leur existence comme un gros sac vide jeté sur la plage.

J’ai vu les employés des hôtels construire une de ces digues de nylon affreuses. Ils commencent par creuser un trou dans la plage en pompant de l’eau de mer rejetée depuis le haut du rivage, pendant toute la nuit. Puis ils placent l’extrémité de la pompe dans les trous du sac, tous les trois mètres environ. Après quelques heures, le sable s’accumule dans le sac tandis que l’eau en ressort, ce qui façonne lentement mais sûrement une digue aussi solide que du roc.

dsc00283.JPGTout ce que je dis est le fruit d’observations et de déductions personnelles, car je n’ai trouvé aucune information à ce sujet (et je n’en ai pas demandé sur place car je ne parle pas espagnol, et surtout, j’étais en vacances…). Mais d’après ce que j’ai compris, les digues ainsi formées retiennent les mouvements du sable, autant vers la mer que le long de la plage ; ce qui permet à terme de former une nouvelle plage, masquant totalement les boudins qui la soutiennent.

Dans le même temps, on assure une plus grande résistance aux ouragans qui ne manqueront pas de se reproduire. Je voudrais bien voir l’ouragan de derrière les fagots qui sera capable de bouger d’un centimètre ces mastodontes de nylon.

Toujours d’après mes déductions personnelles, j’ai aussi cru comprendre que c’est la faute des hôtels s’il faut reconstruire les plages. En effet, celles où il n’y a pas de construction proche du rivage se sont déjà reconstruites naturellement depuis les ouragans. Les plages les plus durement touchées étaient celles où les bâtiments s’étendaient jusqu’à quelques mètres du rivage. Dans certains cas, des morceaux de murs étaient tombés à l’eau tant la mer avait gagné du terrain.

dsc00279.JPGLes cocotiers plantés par les hôteliers sont tout aussi problématiques, puisqu’ils retiennent le sable aussi solidement qu’une fondation de béton avec leurs réseaux de racines denses. Certains morceaux de plages s’arrêtaient piles sous la rangée de cocotiers de l’hôtel, prêts à tomber sous la falaise qu’ils retenaient péniblement avec leurs racines.

Moralité : les hôteliers font un travail merveilleux de reconstruction des plages, face à une mer houleuse soutenue par un puissant vent d’Est ininterrompu, mais ils sont aussi responsables de leur propre malheur. C’est la moindre des choses qu’ils réparent ces dégâts causés indirectement par leurs installations placées trop près du rivage…


9 décembre 2007
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Playa del Carmen, paradis des barres d’armature


dsc00307.JPGJ’ai découvert le Mexique cette semaine. Pas le vrai, plutôt celui des hôtels tout-inclus de la mer des Caraïbes, avec ses villages touristiques à l’os, ses boutiquiers achalants, son ambiance South Beach avec les prix qui vont avec, et autres « attrape-américains » à longueur de plages. Je ne m’attendais pas à autre chose : j’étais parti uniquement pour me rôtir sur des plages de sable fin en buvant de l’alcool entre deux tours de jet-ski. Et j’en ai profité à mort.

Destination : Playa del Carmen (cliquez pour l’image satellite), une heure au Sud de Cancún.

Mais tout de même, entre les plis du rideau de ce spectacle touristique, j’ai entre-aperçu quelques bribes de véritable vie mexicaine, celle qui coule dans les rues transversales de l’autre côté de l’autoroute, là où les touristes ne vont pas. Et ce qui m’a choqué, outre le contraste saisissant de leur pauvreté, c’est l’étrange habitude qu’ils ont d’exhiber leurs barres d’armature sur leurs toits.

dsc00304.JPGDes plus modestes maisons (si on peut appeler ça des maisons) aux gros entrepôts commerciaux, on peut voir dépasser des barres de construction par milliers, parfois sur plusieurs mètres de hauteur, comme si elles attendaient l’arrivée d’un étage supérieur qui ne viendra jamais. Ce n’est pas forcément une question de pauvreté ; on peut aussi voir ces disgracieuses barres dépasser d’édifices superbes, fraîchement peints avec moult moulures et autres hispanités.

C’est une véritable énigme pour moi.

dsc00122.JPGDe Playa del Carmen à Cancún en passant par Cozumel et Tullum, j’ai développé une obsession pour ces barres qui dépassent des toits, parfois droites, tantôt tordues, ou assemblées en cylindres. On dirait que les constructeurs locaux mettent un point d’honneur à interrompre leur travail au bord de la finition. Les peintures sont faites, le jardin est aménagé, l’allée est pavée, mais les esties de barres dépassent du toit.

Il suffirait de cinq minutes pour les couper proprement, avec une grosse pince comme celle des voleurs de bicyclettes, et la maison prendrait toute sa splendeur. Mais non, on les laisse fièrement enlaidir les édifices. Sans compter les risques de s’empaler dessus. Il n’y a que dans les zones « occidentalisées », comme les chaînes américaines (7-eleven, Starbucks…) ou les zones touristiques, que je n’ai pas vu de barres dépasser. Les propriétaires mexicains, eux, veulent du rebar et le veulent long.

dsc00223.JPGSans rire, c’est vrai que je ne connais rien au Mexique et je ne sais pas vraiment de quoi je parle. Au fond, il y a là-bas des milliers de problèmes beaucoup plus pressants que la coupure des barres qui dépassent des toits. Mais tout de même, si quelqu’un pouvait m’expliquer, ça m’aiderait beaucoup. Je n’en dors plus.

Peut-être que ma nuit de vomissement, après le buffet mexicain de ma dernière soirée à Playa del Carmen, y est aussi pour quelque chose dans mon insomnie. Mais si vous avez une réponse à l’énigme des rebars mexicains, même hypothétique, même tirée par les cheveux, de grâce écrivez-moi.

P.S. : Malheureusement je ne peux pas vous montrer de photo de ces barres de construction, parce que c’est Annie qui prenait les photos et elle préférait se concentrer sur les belles choses!

P.S. (2) : Patrick a photographié un très bel exemple de ces barres d’armature mexicaines. Un de ses commentateurs lance une hypothèse fiscale – selon lui, ces barres sont laissées en l’état pour éviter la taxation qui s’applique uniquement aux constructions terminées. Mais ça m’étonne, vu le nombre d’édifices qui présentent ce problème. Il serait étonnant (et surtout décevant) que les considérations fiscales dépassent aussi massivement les considérations esthétiques…


27 novembre 2007
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Combinaisons de castors


J’ai rédigé un micro-site servant à composer des forfaits de services Bell directement en ligne, pour le compte de l’agence Fjord d’après un concept créé par Blitz.

Cliquez pour voirCe site était en fait un projet-pilote pour tester de nouvelles façons de s’abonner en ligne.

Un des défis était d’arranger les scénarios de navigation en fonction des choix de l’internaute, sachant que les différents produits de Bell sont incompatibles avec d’autres, etc.


17 novembre 2007
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« Politique d’intimité » et autres attouchements à la langue française


Dans ce billet de François Rodrigue, on peut voir un exemple flagrant de traduction mal foutue, faite soit par un robot, soit par un anglo unilingue avec son dictionnaire flambant neuf. J’aime particulièrement le lien « Politique d’intimité ». Est-ce que cette politique établit le nombre de bisous qu’on a le droit de donner à un employé de Photoshop ?

En tout cas… Ça m’a donné une idée d’article.

Connaissez-vous d’autres exemples de boutiques électroniques destinées aux consommateurs québécois, qui massacrent la langue française (ou ne l’offrent carrément pas) ? Si oui, écrivez-moi vos liens en commentaire à ce billet. Les meilleurs exemples seront dénoncés sur la place publique !


12 novembre 2007
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Defensio, antispam québécois pour les blogues


Une entreprise de Granby a lancé mercredi dernier Defensio, un plugiciel anti-spam qui s’intègre aux systèmes de blogue les plus populaires.

Je l’ai installé ici-même vendredi. Jusqu’ici, Akismet était le meilleur antispam « transparent » pour WordPress, ou en tout cas le plus populaire. Mais Akismet laissait passer beaucoup de merde. Depuis cet été, il est devenu incapable de filtrer certains types de commentaires ou trackbacks frauduleux sur mon blogue. Les spammeurs ont remarqué qu’ils trompaient la vigilance d’Askimet avec ces pourriels, et se sont mis à les construire tous sur ce modèle, et l’envahissement fut immédiat (jusqu’à dix spams non filtrés par jour !).

Defensio promet de faire beaucoup mieux. Sans promettre la perfection, il s’affiche ouvertement comme le remède aux frustrations des utilisateurs d’Akismet.

« On veut rendre ça simple de gérer le spam », m’a résumé Carl Mercier, président de Karabunga (un nom pas très granbyen, si je peux me permettre!). « Tous les spams sont classés par Defensio par ordre de spamness. Les plus évidents ne sont même pas soumis à l’administrateur, on lui soumet juste ceux qui ont laissé un doute au logiciel. Les plus incertains sont affichés en tête de liste dans les pages d’administration du blogue, donc pas besoin de fouiller à la recherche des faux-positifs. »

Selon Carl Mercier, qui a créé Defensio avec Camilo Lopez et Mat Balez, le logiciel est capable d’un apprentissage rapide qui donne ses meilleurs résultats après quelques semaines de rodage. « Il apprend à reconnaître le spam de chaque utilisateur. Le spam des uns n’est pas le spam des autres », me dit Carl Mercier.

Defensio est gratuit pour les individus et payant pour les entreprises (de 5 à 50$ par mois selon le nombre de commentaires à filtrer). Il inclut des outils statistiques avec graphiques conviviaux, et ouvre ses API aux développeurs qui voudraient y greffer leurs applications.

Mon expérience personnelle est peu concluante, parce que je ne l’ai installé que vendredi. Mais pour le moment, il a filtré correctement 650 commentaires frauduleux (dont 640 classés comme obvious) et n’en a laissé passer que deux. Je suis satisfait du résultat, jusqu’à maintenant.

(M.À.J. 17 novembre : toujours satisfait 1028 spams plus tard, même si j’ai un un faux-positif)

On leur souhaite bonne chance, en tout cas. C’est bien que des gars de Granby arrivent à livrer un logiciel performant sur ce marché international à fort potentiel. J’ai un préjugé favorable parce qu’ils sont mes compatriotes, mais même sans cela, leur produit a l’air de livrer ses promesses pour le moment. Mieux qu’Askismet ? Je ne pourrais pas dire encore. Mais au moins aussi efficace, c’est certain.

Petite mise en contexte… Il existe cinq solutions au problème du spam dans les commentaires des blogues :

  1. Interdire les commentaires ; ce qui va à l’encontre de la définition-même du blogue.
  2. Limiter les commentaires aux utilisateurs enregistrés ; cela nécessite une procédure qui inhibe de nombreux commentateurs potentiels. Et les robots-spammeurs peuvent aussi enregistrer automatiquement de faux usagers.
  3. Payer un modérateur à plein temps. Seuls les blogueurs « professionnels » peuvent se le permettre (comme ceux de Cyberpresse ou de Radio-Canada).
  4. Installer un système de « test d’humanité » (appelé CAPTCHA) qui demande au commentateur de recopier dans une case une série de caractères illisibles pour les robots spammeurs (et parfois pour les humains aussi…). C’est le système le plus efficace, mais encore une fois, il est épuisant pour les commentateurs réels.
  5. Installer un système de filtrage de pourriels « transparent », qui ne requiert aucun effort de la part des commentateurs authentiques, et identifie le spam avec une batterie de filtres basés sur des combinaisons de mots-clefs, des listes noires, des structures textuelles typiques, ou des indices sur la provenance du visiteur. C’est la solution la moins fatigante pour tout le monde, blogueur et visiteurs. Mais elle laisse toujours passer un certain pourcentage de spam.

Defensio se range dans cette dernière catégorie. C’est la plus pratique pour les usagers, mais c’est aussi la plus incertaine, parce que les spammeurs peuvent toujours réussir à trouver la parade et détruire en quelques jours les performances d’un antispam. C’est ce qui s’est passé pour moi avec Akismet.

En passant, les spams qui ont trompé la vigilance de mon Akismet étaient postés principalement dans les billets dont le titre comportait des mots-clefs populaires, comme le nom de la dernière console de jeu de Sony, ou des mots désignant une drogue dure (je vais pas faire l’erreur de les réécrire ici…). Mais bon, c’est pas parce que les spammeurs guettent qu’il faut se censurer en n’abordant pas leurs thèmes favoris, pas vrai ?

Téléchargez Defensio pour votre plateforme :


2 novembre 2007
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Mac OS X Leopard : l’anti-critique


desktop_gallery03_20071016.jpgJ’ai passé la matinée à écouter le dynamique M. Moisan d’Apple Canada qui expliquait à une assemblée de journalistes les fonctions majeures de Leopard, la nouvelle mouture majeure d’OS X (officiellement la version 10.5).

C’était très intéressant, même si il nous promettait toutes les cinq minutes « je vous montre un dernier truc et on passe au lunch! », sans jamais tenir sa promesse. J’avais faim, moi ! Et puis John, le gars de la démo sur le site d’Apple, m’avait déjà expliqué tout ça (of course qu’il s’appelait John!… Il aurait pas pu s’appeler Seymour ou Milhouse. Bob, à la limite…).

Enfin… C’était quand même mieux de voir la démo en français du sympathique M. Moisan, avec quelques mini-séances de découverte assistée. Et surtout, j’ai eu droit à ma copie gratuite de Leopard avec mon lunch. Ça valait la peine de me traîner à Dorval, sans compter que j’avais des trucs à acheter chez IKEA de l’autre côté de la rue.

timemachine_gallery01_20071016.jpgEt puis j’ai eu le plaisir de retrouver ma gang des Nerdz (ils étaient venus à trois en power-team, plus moi et Alain McKenna ça faisait cinq Nerdz dans la salle, soit 40% de l’audience).

Le problème, c’est que si j’écris une critique de Leopard ici, même si je le fais avec toute la rigueur qui me caractérise (hum…), j’aurai un problème puisque la douzaine de confrères qui étaient avec moi sont en train d’en écrire une pareille, ou très certainement meilleure.

J’ai donc choisi d’écrire une « anti-critique » de Leopard. C’est-à-dire, une critique qui s’appuie uniquement sur ce qui manque au lieu de parler de ce qui est là.

quicklook_gallery03_20071016.jpgÀ ne pas confondre avec une critique négative : mon anti-critique est un compliment à rebrousse-poil qui consiste à prendre pour acquis que le produit est bon et mettre l’accent sur ses menus défauts. Un peu comme quand on critique un athlète professionnel qui n’arrive « que » second sur le podium. Ou comme quand on réclame le bras après qu’on nous ait donné la main. C’est la nature humaine, que voulez-vous.

Évidemment que Leopard est un bon produit. Excellent, même. Bourré d’idées géniales. Mais c’est pas vraiment un scoop. On n’en attend pas moins d’Apple.

Mes préférées : l’empilement d’icônes (Stacks), la prévisualisation autonome multiformats (Quick Look), la sauvegarde chronologique (Time Machine), l’exportation de boîtes CSS en widgets (Web Clip), les espaces de travail multiples (Spaces), et l’intégration Mail-iCal. Voir cette page pour un résumé des points forts de Leopard.

Maintenant, ce qui me manque (à moins que j’en aie manqué un bout):

  • La fonction de Mail qui affiche en gros caractères un numéro de téléphone ou autre élément reconnu comme un contact, pour laisser l’utilisateur détourner son regard et décrocher son combiné : cette fonction devrait être intégrée à Safari, à Firefox, bref partout. Parce qu’elle est trop HOT. Elle devrait même être accessible par un raccourci-clavier quelconque (l’est-elle?).
  • La nouvelle interface de iCal : la languette utilisée pour définir les propriétés de l’événement a été remplacée par un pop-up plus ou moins pratique. Pas sûr que ce changement était nécessaire, ça rajoute juste un layer pour rien. Cela dit, il est très pratique de pouvoir établir par défaut une alarme, et préciser son échéance (« 15 minutes avant », « 2 jours avant », etc.). Ça va me sauver des millions de secondes de travail, puisque je me sers toujours de l’alarme dans iCal. Bah oui… Si j’avais pas besoin qu’on me rappelle mes rendez-vous, je ne les mettrais pas là in the first place…
  • Spaces, les espaces de travail multiples : parfaitement intégré à Leopard, très pratique à utiliser avec des raccourcis-clavier, infiniment configurable. Seulement voilà : je suis un peu déçu car Apple en parle comme d’une innovation alors qu’ils devraient plutôt s’excuser de l’ajouter seulement maintenant… Linux fait ça depuis dix ans, et des logiciels de tierces parties permettent de le faire sur Windows et OSX depuis presque aussi longtemps. Mon sentiment est moins dans l’exaltation que dans le registre du « C’est pas trop tôt »…
  • Web Clip, l’exportation de boîtes CSS dans le Dashboard sous forme de widgets : on devrait pouvoir affiner son choix de boîte à exporter. Web Clip consiste à choisir des zones d’une page Web dans Safari (« dernières nouvelles » ou « nouvelles les plus lues » dans Cyberpresse, par exemple) pour en faire un widget qui se mettra à jour tout seul dans le Dashboard. L’idée est géniale parce qu’on exploite le code-source des pages sans aucun effort pour Safari : il lui suffit d’aller chercher les balises <DIV> dans la page. Seulement voilà : toutes les pages ne sont pas conçues selon les mêmes méthodes. Certaines ne contiennent que quelques DIV pour les blocs d’ensemble, ou les utilisent n’importe comment, ou les utilisent de façon trop créative pour qu’elles correspondent à des blocs d’information en particulier. Il faudrait pouvoir choisir des sous-divisions comme <P>, <LI>, <span> ou <H3>, <H4> etc. En fait, exploiter l’information sur la parenté des balises comme le fait l’extension Web Developer de Firefox. Donc à mon humble avis, Web Clip n’est encore qu’expérimental. Dans un monde idéal, tout le monde structurerait ses DIV de la même façon prévisible et Web Clip choisirait toujours les bons blocs. Mais dans la réalité, non.
  • La reconnaissance des événements et coordonnées dans Mail : ça marche bien en théorie, mais moins bien en pratique. Le logiciel reconnaît bien les éléments de l’invitation quand on suit l’exemple de la démo donnée par Apple (du genre « invitation ce samedi au 1234 rue Sherbrooke, info 514 555 5555″). Mais quand on tombe sur un poète qui rédige de façon moindrement créative (comme quand on fait l’original pour attirer ses amis à un party), Mail ne fait plus de lien du tout. Si on sélectionne la date indiquée, il réussira à faire le lien avec le nom de l’événement (très bêtement, en prenant le nom du courriel), mais il aura du mal à trouver l’heure et encore moins l’adresse. C’est ce qui m’est arrivé avec un courriel de Noctambules aujourd’hui. Les infos étaient là, mais Mail avait du mal à les retrouver dans le bazar. Je pense que c’est inhérent à tout logiciel qui tente de traduire automatiquement le langage humain en code réexploitable. J’ai bien peur que ce genre de technologie ne parvienne jamais à la perfection. Sans compter les fautes d’orthographe et de grammaire, et les figures de style (le mieux est d’avoir des correspondants ni trop illétrés, ni trop sophistiqués, mais le plus conformistes et conservateurs possible).

C’est tout pour aujourd’hui… Je n’ai fait que gratter la surface. Pour une vraie critique complète et consciencieuse, allez lire mes confrères Pascal Forget, Alain McKenna ou Nelson Dumais.


29 octobre 2007
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Entrevue : Henry Jenkins, théoricien du gaming


Cette entrevue a été publiée le 22 janvier 2004 dans La Presse. Je l’ai vu traîner dans les archives et je me suis dit qu’elle était toujours d’actualité. Par sa diffusion ici, elle tombe automatiquement sous licence Creative Commons Attribution.


ENTREVUE AVEC HENRY JENKINS, THÉORICIEN DU « GAMING »
« Les jeux vidéo seront la contribution des Américains au 21e siècle »

Capables de nous plonger dans des mondes de plus en plus réalistes, les jeux vidéo sont devenus un marché énorme qui rivalisera bientôt avec le cinéma. Ils accélèrent la course à la puissance informatique, et redéfinissent les médias de demain. Et ils ont maintenant leur prophète.

Directeur du programme de médias comparés au MIT, auteur de nombreuses publications, Henry Jenkins pense que les jeux vidéo seront une forme d’art majeure au 21e siècle, et qu’ils pourront remplacer les profs à l’école. Entrevue avec un joueur très sérieux.

On connaît la littérature comparée, mais qu’est-ce que les « médias comparés »?

Nous avons créé ce programme au MIT (Massachusetts Institute of Technology) pour refléter la convergence des médias. On voulait un endroit où les étudiants puissent faire le pont entre différents champs d’études des communications. Les sciences humaines doivent aussi être une science appliquée. Ce que nous savons sur la société et la culture doit influencer ce que nous décidons pour le monde réel. Alors j’ai des étudiants chez Procter & Gamble au Népal, dans l’industrie du jeu vidéo à Hollywood, dans la pub sur Madison Avenue, dans le journalisme…

On vous présente souvent comme un expert en jeux vidéo dans les médias américains. Pourquoi vous?

C’est la tuerie de Columbine qui a précipité les choses. J’avais écrit un livre, From Barbie to Mortal Kombat, sur les différences sexuelles face aux jeux vidéo violents. On m’a appelé pour témoigner devant le Congrès. Je me suis retrouvé dans une grande salle vide avec un sénateur qui me posait des questions, mais le texte que j’avais écrit s’est promené, et ça m’a fait connaître. Le public a une faim énorme d’informations sur ce nouveau médium; mais il n’y a pas que moi qui a des choses à dire sur le sujet.

Les jeux vidéo sont une forme d’art?

Absolument, et ce n’est que le début. En 1924, Gilbert Seldes a dit que les Américains contribueraient culturellement au 20e siècle par les music-halls, le cinéma, la musique jazz et les bandes dessinées. Personne ne voulait le croire, mais aujourd’hui, on sait qu’il avait raison. On peut donc penser que les jeux vidéo seront notre contribution au 21e siècle. Les gens qui créent les jeux commencent tout juste à réfléchir sur leur métier et leurs principes de design, et ça ressemble aux premières réflexions sur le cinéma dans les années 20. C’est une nouvelle forme d’art qui commence à prendre ses responsabilités. Un juge fédéral a déclaré récemment que les jeux ne véhiculaient pas d’idées; au contraire, ils ont commencé à prendre cette fonction très au sérieux, et on va le voir dans les années à venir.

Et quelles sont les tendances de ce nouvel art?

J’en vois trois. D’abord, la violence signifiante (meaningful violence). Les jeux vont commencer à explorer les conséquences de la violence. Dans Grand Theft Auto, autant de choix de comportements s’offrent à vous que dans une vraie ville, mais ils ont des conséquences. Ensuite, il y a la réalité réincarnée (embodied reality). Il s’agira de vous déplacer de l’écran au monde réel, avec différents outils qui réagissent à vos mouvements et votre environnement. Pour l’instant, il s’agit juste de scratcher un disque ou de faire des pas de danse, mais ça va aller plus loin que ça. La troisième tendance, ce sera la narration transversale (transmedia storytelling). Un film et un jeu feront partie de la même structure narrative. Par exemple, la série des Matrix n’est pas complète à l’écran; les jeux vidéo du même nom contiennent une partie indispensable de l’histoire. Les critiques de cinéma ne l’ont pas compris. C’était un gros risque, surtout qu’ils n’ont pas insisté là-dessus dans leur promotion. Je ne sais pas ce que Hollywood va conclure de l’expérience: si ça ne peut pas marcher, ou si c’était juste mal exécuté dans ce cas. Mais l’idée va rester.

Comment les actions militaires américaines se traduisent-elles dans les jeux?

Le public est horrifié par l’idée de jouer à la guerre en Irak. Notre culture n’est pas encore prête à accepter les jeux comme un médium qui puisse traiter de l’actualité. On voit des jeux patriotiques va-t-en-guerre, d’autres produits par l’armée elle-même, et d’autres qui sont contre la guerre. Dans September 12, pour chaque terroriste que vous tuez, d’autres apparaissent. C’est un petit jeu amateur diffusé sur le Web, mais il pose un discours intéressant sur l’actualité. Dans Command & Conquer: Generals, une grosse production sortie l’an dernier, ils ne savaient pas comment traiter la question du terrorisme. Est-ce qu’on doit rendre ça amusant de tuer des Américains? Est-ce qu’on doit présenter la victoire du joueur terroriste comme un succès? Ils ont choisi une sorte d’ironie qui nous montre que les terroristes ne sont pas un pays, mais un mouvement plus complexe. C’est le premier jeu à avoir présenté cette complexité au public.

Selon vous, les jeux peuvent jouer un rôle dans l’éducation scolaire?

Tous les jeunes qui arrivent au MIT ont déjà joué à des jeux vidéos. Partout dans le monde, c’est un médium universel. Et les étudiants le préfèrent à tout autre médium, plus que la télé, les films ou les livres. C’est le médium de la nouvelle génération. C’est donc une formidable occasion detransmettre la connaissance.

Des exemples pour convaincre les parents qui nous lisent?

J’ai monté un groupe de recherche pour créer des prototypes. On en a fait un pour les sciences physiques: vous naviguez dans un labyrinthe en plaçant des charges électromagnétiques pour attirer ou repousser des véhicules. En jouant, vous développez la logique que le professeur veut vous apprendre. On en a fait un autre en environnement: avec des ordinateurs de poche équipés d’un GPS, vous parcourez un bâtiment et les missions s’activent. Si vous découvrez une fuite toxique dans un mur, il faut interroger des personnages, amasser des données fictives, incluant tous les aspects financiers et scientifiques.

Parlons de la violence dans les jeux vidéo. Le débat sur la violence à la télévision existe depuis des décennies. Quelle est la différence?

La télévision n’est pas devenue moins violente, mais les jeux vidéo sont devenus plus visibles dans la société. Alors on ressort les mêmes arguments que pour la télévision autrefois, et pour Shakespeare avant elle. On lutte pour comprendre la place de la fiction dans nos vies, qu’il s’agisse de films, de livres ou de jeux. On y ressent des émotions vraies à partir de comportements imaginaires; c’est l’essence de l’art, mais ça fait peur à certains. Est-ce que la fiction nous fait perdre le sens des réalités, ou est-ce qu’elle nous aide à comprendre le monde réel? Des tonnes d’études ont cherché une réponse à cette question, sans jamais la trouver. La plupart concluent que ceux qui consomment beaucoup de violence ont une attitude violente, mais sans vraiment trouver une corrélation. C’est l’oeuf et la poule; on vit dans une société violente, et on consomme des médias violents: lequel vient avant l’autre? On a toujours vu ces deux réalités coexister, et on a toujours posé cette question. Ce n’est pas une nouvelle étude qui va pouvoir y répondre. Chaque fois que j’ai été invité à en parler dans un talk-show, le débat était polarisé de manière à ce qu’on se tape les uns sur les autres. Je suis fatigué de ce jeu-là. En tout cas, aucun jeu ne changera un enfant paisible en un enfant violent. Ça, j’en suis sûr.

La classification imprimée sur les boîtes est-elle utile aux parents?

La classification ESRB est basée sur un système de valeurs, comme la profanation, la nudité ou la violence. Mais si votre souci est la représentation des femmes ou des minorités ethniques dans un jeu, la classification ne vous donnera rien. Elle est utile pour le caissier de Wal-Mart qui doit savoir à qui refuser un produit, mais pour les parents, ce n’est pas constructif. Une lettre sur une boîte, ce n’est pas suffisant pour que je sache quoi acheter à mon enfant. Il faudrait que je sache ce qu’il y a dans le jeu, pas juste la quantité de nudité partielle ou de violence faite à des animaux. Il serait mieux d’avoir un espace public où les parents pourraient échanger leurs appréciations sur chaque jeu. Les discussions entre consommateurs sont bien plus efficaces que des lettres. C’est comme si un prof donnait une note à un étudiant sans aucun commentaire. Les commentaires sont bien plus importants que la note.

Qu’en est-il de l’influence des jeux sur nos perceptions sociales? Par exemple, les Arabes y ont souvent le mauvais rôle maintenant.

La force des médias pour construire nos idées est différente selon qu’on vit dans la ségrégation ou le multiculturalisme. Si je connais mes concitoyens et que je les respecte, aucune représentation médiatique ne me fera changer d’avis. Mais si je vis déjà dans les suspicions et les divisions sociales, alors les médias me renforceront négativement. Il ne faut pas que les médias deviennent la seule façon dont on perçoit les autres. Quand on brise les barrières entre les communautés, les gens sont moins racistes. Les médias sont moins convaincants que la réalité que l’on voit.

Nommez un défaut majeur des jeux vidéo- à part la procrastination?

Celui de banaliser la violence. Non pas en la causant, mais en ne disant rien sur elle. Cela ruine leur potentiel en tant que média. C’est pour ça que je parlais de violence signifiante. Banaliser la violence, ça rend juste les jeux moins intéressants à jouer, parce que l’humain a besoin que la mort signifie quelque chose. Les jeux pourraient faire mieux à ce niveau; ils n’ont pas encore pris leur pleine responsabilité en tant qu’artistes.

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Can’t get enough of Henry Jenkins?
Don’t miss his EXCELLENT talk at SXSW 2007 (which I mentioned in this post).
—> Click here to hear it (MP3, English, appx. 1 hour).


26 octobre 2007
Posté dans Journalisme
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Halloween DIY


Voici différentes façons de se démarquer de la masse à Halloween. À commencer par le souper.

Un internaute propose un menu de huit plats « aussi effrayants que comestibles » : par exemple, des crudités aux couleurs douteuses servies dans des cranes en plastique, des « mains humaines glacées » flottant dans un potage froid, un cerveau fait de patates en purée, un squelette dont le thorax regorge de viandes, et un dessert à la fraise en forme de coeur humain dégoulinant.

Dans un autre site, on apprend comment créer un cadavre carbonisé très réaliste à partir d’un squelette en plastique (l’accessoire-vedette de tous ces bricoleurs, apparemment). Mousse, colle et peinture sont au rendez-vous.

Un autre internaute explique comment se déguiser en un loup-garou très imposant, avec des gants de batteur de baseball, un tee-shirt et un pantalon à sacrifier, de la fausse fourure, et beaucoup de mousse, de colle, de fil de métal et de peinture (écologistes s’abstenir…).

Enfin, le blogue « Skull A Day » propose un tas de façons de représenter des crânes humains, en tas de feuilles mortes, en pinotes, en laine, en tapis de velous, et même en une sculpture de carton à la mâchoire mobile dont le patron peut être téléchargé sur le site.