27 janvier 2007
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L’économie parallèle du jeu Second Life


Voici ma chronique présentée à l’émission La Revanche des Nerdz sur «l’économie parallèle du jeu Second Life».


27 janvier 2007
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Ya Pas d’Vista Fissa


C’est ça qui arrive quand on poste des messages sur son blogue au petit matin, l’esprit encore alourdi par le confort de l’oreiller et allégé par le fol espoir du jour nouveau : on fait des jeux de mots poches. Dans le titre en plus. Enfin, vous avez compris mon point : Windows Vista, ya pas d’urgence.

Le Seattle Post Intelligencer rappelle ce matin l’histoire du Néo-Zélandais Jonathan Prentice, un cadre en informatique qui fût jadis le tout premier acheteur de Windows 95.

Jonathan Prentice a le même âge que moi, et laissez-moi vous dire que j’avais le même empressement que lui à l’époque. Quand Windows 95 est sorti, il n’y avait plus aucun concurrent en vue : Microsoft venait de prendre dix longueurs d’avance en nous plongeant prématurément dans le XXIème siècle (non, vraiment, le System 7 de Macintosh était loin d’être aussi hot. D’ailleurs je mets au défi quiconque de m’expliquer en quoi les systèmes Mac d’avant OS X ne sont pas de la merde).

Aujourd’hui, je viens de découvrir la troisième chose que je partage avec Jonathan Prentice : il n’est pas pressé de se procurer Windows Vista.

Ouan, chais ben, c’est un nouvelle version de Windows, encore plus grosse, encore plus conviviale, encore plus user-friendly, encore plus puissante pour imprimer mes photos de famille… Mais aussi, en un mot : encore plus Microsoft.

Je suis intimement convaincu que Microsoft a perdu son avance créative sur la concurrence, mais a aussi perdu toute proximité avec les besoins de sa clientèle, depuis qu’elle est devenue une sorte de mastodonte obtus qui pense davantage à servir les commerçants électroniques et les nazis de la propriété intellectuelle.

J’ai le sentiment que Windows Vista, avec toutes ses protections contraignantes destinées à me protéger de moi-même, n’a pas été conçu pour moi, mais pour la RIAA, la MPAA et autres forces rétrogrades de l’ère numérique.

En outre, je devine qu’il sera aussi difficile qu’avant d’y faire fonctionner les produits d’Adobe et d’Apple. Je parie que Vista inclura un tas de de gogosses qui limiteront mon accès aux outils de Google et à tout ce qui menace le succès de Windows Live.

On le sait, la plateforme Windows Live sera le centre d’attention ; elle regroupe tous les médiocres services « me-too » que Microsoft a tenté en vain de m’imposer depuis des années, de Hotmail à Live Spaces. À l’époque où le PC n’est plus qu’une simple interface d’Internet, je ne veux pas d’un système d’exploitation qui va chercher à m’enfermer dans l’univers Microsoft, ou en d’autres termes, me dicter comment je dois utiliser Internet.

Mais la raison principale de mon objection (et, j’en ai bien peur, celle de beaucoup d’autres gens) reste la qualité des produits de la concurrence. Non seulement Vista sera un nid à DRM ainsi qu’un grossier véhicule promotionnel pour les services Web de Microsoft, mais surtout, il n’offrira rien de nouveau face à des concurrents comme Mac OS X ou les logiciels open-source.

Aujourd’hui, contrairement à 1995, mon univers est plus beau sans Microsoft qu’avec.

M.À.J. #2 : Au moment où j’écris ceci, Bill Gates est justement l’invité de Jon Stewart en direct sur ma télé. Première fois que je le vois dans un show… Stewart a essayé de découvrir son « mot de passe » en le faisant parler de son animal domestique d’enfance, jusqu’à lui demander le nom qu’il portait. Bill a pogné la joke. Malgré sa fortune, Bill pogne toujours les jokes de geeks !

M.À.J. #3 : J’ai effacé la fin de ce billet ainsi que les commentaires qui suivaient. J’espère ainsi mettre fin à une histoire qui dure depuis trop longtemps, et qui j’en ai bien peur, m’a déjà coûté très cher.


16 janvier 2007
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Rendez-moi mon spam !


Je suis témoin depuis deux semaines d’un phénomène apparemment surnaturel, inexplicable par les lois raisonnées de l’informatique.

Je ne reçois plus de spam.

Un petit de temps en temps, peut-être jusqu’à cinq à la fois dans la nuit de samedi à dimanche, mais c’est tout.

Les spammeurs étant surtout actifs le week-end (ils semblent que la plupart occupent des emplois durant la semaine), je ne me suis rendu compte du mal qui s’est emparé de mes serveurs de courriel que le week-end du 6-7 janvier.

J’ai cru d’abord à une panne. Et puis non, je recevais quand même les courriels de mes amis.

J’ai cru à un nouveau filtre installé à mon insu sur mes serveurs, qui retiendrait le spam plutôt que de me l’envoyer pour me laisser juger de sa nature. Et puis non, je recevais quand même quelques pourriels étiquetés [SPAM] par mes serveurs, comme ils le font d’habitude.

J’ai cru alors à une whitelist que mon hébergeur aurait installée sans m’en avertir. Et puis non, je recevais quand même les courriels de parfaits inconnus qui entraient en contact avec moi dans le cadre du travail.

Et puis, toujours, cette mystérieuse poignée de pourriels qui persistaient à entrer.

Aucun pourriel, ça ferait plus de sens. Mais quelques pourriels ?

J’ai finalement choisi de corriger la situation comme j’ai réglé bien d’autres problèmes informatiques dans ma vie : en attendant simplement qu’ils se règlent d’eux-mêmes. Comprenez-vous, n’étant pas un grand savant de la programmation informatique, j’ai toujours cru un peu naïvement qu’un ordinateur a quelque chose d’un métabolisme animal, que sa structure systémique le rend capable d’une sorte d’auto-régulation biologique. J’ai donc choisi de laisser poétiquement s’exprimer la part de magie de ma vie en attendant que le problème parte tout seul, et que les pourriels reviennent au prochain week-end.

Rien n’en fût.

Durant ce dernier week-end, prolongé de surcroît (because Martin Luther King’s Day au pays des spammeurs), la situation s’est répétée de plus belle.

Toujours pas de pourriels par paquets de 200. Toujours pas de panne du serveur, toujours pas de courriels d’inconnus bloqués… et toujours, ce mystérieux commando de pourriels rescapés du trou noir, seuls survivants d’une armée naguère innombrable, qui persistent à détruire toutes mes hypothèses logiques.

Que se passe-t-il ?

Je devrais être heureux de cet état de faits. Mais ce n’est pas le cas. Parce que je ne le comprends pas. Ça me rend malade d’angoisse.

De grâce, nobles spammeurs, dans quelque villégiature que vous choisîtes de disparaitre ensemble soudainement, revenez céans sur votre ouvrage ! Ne me laissez pas ainsi périr dans les affres du questionnement insoluble ! RENDEZ-MOI MON SPAM !


3 janvier 2007
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Coke, héroïne, logiciels piratés


Bonne année à ma horde innombrable de lecteurs (hum) !

Moi j’ai passé mes Fêtes à Chicoutimi, bien loin de ma vie urbaine. J’y ai dégusté des plats locaux qui s’articulaient autour des trois condiments essentiels à une bonne santé selon la culture locale – soient la graisse animale, les féculents et le sucre. J’ai aussi découvert, lors d’une sortie au bar Le Phénix à Jonquière (je me demande encore si l’omission du « oe » est volontaire), qu’il existait un substitut chimique au jus de lime – depuis quand c’est compliqué de couper une crisse de lime ? Il faut dire que j’y allais fort côté exotisme avec mon gin-tonic, déjà que les bouteilles de bière n’y sont disponibles qu’en « grosses ».

Je me suis donc résolu à l’activité qui s’impose lorsqu’on a épuisé le nightilife saguenéen : regarder des DVD dans un sous-sol.

J’ai eu la chance de voir les excellents Black Dahlia, All The King’s Men, et le plus banal Miami Vice. Dans ce dernier, alors qu’un des protagonistes policiers décrit l’ampleur des activités criminelles du clan des méchants, on apprend que les logiciels piratés sont un produit aussi destructeur que la cocaïne et l’héroïne :

This is a big operation. These guys sell colombian coke, heroine from Ukraine, (…) and pirated software from China and Brazil !

My God, c’est du gros crime ça ! Des gars qui se promènent avec des logiciels piratés sur support physique doivent sûrement appartenir à une opération criminelle hautement sophistiquée ! Peut-être qu’ils font même appel à des vétérinaires corrompus qui font passer en douce des disquettes 3.5″ de MS Office 4.2 dans la panse de chiens domestiques ? Peut-être qu’ils payent des étudiants-voyageurs naïfs pour qu’ils camouflent le « cédérom » d’Encarta 98 dans leurs sous-vêtements – et peut-être que Jean Leloup pourrait faire une toune sur eux ?

Blague à part… Outre le fait que ces criminels ne semblent pas avoir entendu parler de l’Internet, ce qui m’a le plus choqué était bien sûr l’association des logiciels piratés à la coke et à l’héroïne.

Je m’excuse, mais les logiciels piratés font beaucoup moins de mal à beaucoup moins de gens que ces deux drogues dures. Et ils n’impliquent ni dépendance, ni meurtres et crimes divers, ni paysans exploités, ni même jambes cassées. J’ai même pour mon dire qu’ils ne font de mal à absolument personne ; après tout, l’homme le plus piraté du monde est aussi le plus riche du monde.

Cette petite phrase du scénario prend néanmoins tout son sens lorsqu’on sait que le film est produit par Universal, membre actif de la RIAA et la MPAA. Ces deux lobbys de défense du droit d’auteur sont devenus tellement rétrogrades face à la réalité des internautes, que leurs membres en sont peut-être réduits à insérer subtilement dans les films d’Hollywood des répliques à saveur militante. Si je n’étais pas en train de déconner complètement (je n’ai aucune preuve de ce que j’avance), je dirais que c’est une manoeuvre désespérée. Mais je dis sûrement n’importe quoi.

Il n’empêche. Dans un autre film, franco-belge celui-là, l’excellent Couperet, le fils du héros est pris par la police à voler des « logiciels », et passe en cour pour ce crime de lèse-BSA. Il en a plein son placard, dans sa chambre. Oui, sur support physique. Un petit gars de 16 ans. Je veux bien croire que les Français sont attardés sur le plan technologique, mais l’Internet existe quand même là-bas aussi.

Tiens, le Couperet est produit par le Studio Canal, propriété de Vivendi Universal. Oh mon Dieu, je sens une conspiration !