28 avril 2007
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BarCamp2 : la créativité Web de Montréal


logo du barcamp de Vienne. Montréal n'en a pas encore !Je me trouve présentement à la SAT pour la deuxième édition de l’événement BarCamp. C’est gratuit et ouvert à tous, et on y apprend deux fois plus de choses, dans une ambiance dix fois plus agréable, que dans les conférences cravatées à 500$ sur l’entrepreneuriat des technologies.

Dans cette salle se trouve la crème des designers Web indépendants de Montréal. Certains d’entre eux montent chacun leur tour sur la scène, avec leur laptop projeté sur trois écrans, leur dernier projet ou leur dernière réflexion sur l’art de lancer des projets.

Hugh McGuire est en train de nous expliquer les leçons qu’il a tirées de son expérience avec Librivox, son projet d’audiothèque collaborative d’ouvrages du domaine public.

Evan de Wikitravel a répété sa conférence de South by SouthWest sur l’art d’exploiter la puissance d’une communauté de collaborateurs sans les traiter comme des « suckers » (représentés à l’écran par des bonhommes-allumettes de son cru…). Sa femme Maj expliquera cet après-midi les enjeux qui attendent dans le futur proche leur guide de voyage collaboratif, qui a atteint une masse critique d’utilisateurs cruciale.

Philippe Chrun, un entrepreneur de Dollars-des-Ormeaux, est venu nous montrer la version bêta de son service MyCarPoolStation.com. C’est smatte.

Et d’autres encore

Les présentations devraient être mises en ligne d’ici quelques jours, et j’imagine que Véro B et d’autres qui sont ici vont diffuser des photos et des comptes-rendus sur leurs blogues.

Ces gens ont en commun une forte propension à lancer de nouveaux projets en parallèle (on appelle ça la créativité, je crois). Sylvain Carle a ainsi expliqué, sur un fond musical de Robert Charlebois sensé représenter les cinq thèmes de sa présentation, qu’il travaillait toujours sur dix projets à la fois parce qu’il sait que neuf d’entre eux vont rester lettre morte. La formule magique pour attirer les internaute n’a pas encore été trouvée, quel que soit le génie d’un projet, et la seule solution est de lancer autant de projet que possible. Il a aussi affirmé, après son séjour entrepreneurial de dix ans à San Francisco, que le Montréal de 2007 n’a rien à envier à San Francisco. Encourageant !

Il a raison : le vent tourne. Finies les start-ups foireuses au succès improbable, financées aveuglément à coups de millions, dont nous avions la spécialité il y a quelques années (Toile du Québec, Mannequin virtuel…).

On sent aujourd’hui que Montréal est en pleine effervescence de créativité Web, comme le prouve le mélange efficace d’audace technique et de pragmatisme « user-centric » qu’on voit à BarCamp (sans oublier la force du réseautage sincère qui s’y produit). Pas dans les grandes entreprises connues, mais plutôt dans les projets grassroots, qu’il s’agisse de contenus collaboratifs (wikis, etc.) ou de services de connectivité ou de partage/réseautage ; ils peuvent ultimement générer des revenus, mais leurs artisans s’assurent d’abord d’en faire des projets fonctionnels centrés sur l’utilisateur avant de penser à un plan marketing. Ce qui est une bonne chose sur le Web, où le détecteur de bullshit des usagers est très affûté…


24 avril 2007
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Apologie de la nullité


Incroyable mais vrai : il existe un « iPod pour les nuls« . Oui, un livre en papier pour apprendre à se servir du iPod. Voilà qui semble dépasser la frontière (floue) entre la pédagogie et l’arnaque éditoriale: 19$ + taxes pour apprendre l’inapprenable. Et ils ont eu besoin de deux auteurs pour écrire ce volume, que dis-je ce traité, ce précis, cette encyclopédie sur l’utilisation du iPod.

« À mettre dans toutes les poches », dit la couverture. Mets-en !!!

Autres suggestions de livres, pendant qu’on y est:

- Changer de poste sur sa télé pour les nuls

- Le combiné téléphonique pour les nuls

- Le détecteur de fumée pour les nuls

- Le tournevis pour les nuls

- Etc. etc.

Merci à Tristan pour l’information.


24 avril 2007
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Problèmes techniques aliénants


Il y a des jours comme ça où les machines ne répondent plus à notre volonté, quels que soient nos efforts et notre expertise. Quoi de pire pour un geek que de ne pas réussir à dominer le monde matériel ? C’est con, mais ça m’angoisse. Je me suis levé ce matin en trouvant le ciel bien beau, mais deux minutes plus tard, je me suis rappelé mes problèmes non réglés et j’ai dû m’avouer que non, ma journée ne sera pas aussi belle que ça.

Voici la liste des problèmes auxquels je suis confronté.

  • Ubuntu ne prévoit pas l’utilisation du clavier français multilingue canadien (i.e., le clavier ‘québécois’ et ce n’est pas pour rien si je n’utilise pas de vrais guillemets). La seule solution que j’ai trouvée est ce fichier à installer, plus ou moins half-baked, préparé par un gars de chez nous. Mais aucune solution officielle n’existe par défaut pour les utilisateurs du Québec. C’est triste à dire, mais Windows, lui, y a pensé depuis longtemps. PAR PITIÉ, que personne ne me dise d’aller configurer moi-même mon mapping dans /etc/nique/ta/mère. C’est justement ce genre d’attitude qui décourage le grand-public de passer à Linux. Question de principe: en tant que user de base, je ne devrais pas toucher à ça (mais j’ai bien l’impression que ça va se finir comme ça).
  • Mes fenêtres ne s’affichent plus correctement (la barre de titre a disparu) et je ne peux plus les déplacer depuis que j’ai mis à jour Ubuntu à la version 7.04 Feisty. On me dit de lancer x-window-manager et de rebooter. Ça marche. Sauf que je dois faire ça à chaque fois pour le restant de mes jours. Encore une imperfection regrettable.
  • Je ne parviens pas à me connecter en IMAP au serveur de courriel Exchange de La Presse, depuis l’extérieur. Ils m’ont dit comment faire. Ça ne marche pas. Avec Entourage sur mon Mac non plus. Je devrai continuer à utiliser ma technique d’auto-forward à mon adresse perso, qui fait que tous les courriels reçus via La Presse sont affichés comme provenant de Nicolas Ritoux. Quel incapable, celui-là. Oh puis non, c’est la faute d’Exchange, fuck Microsoft again.
  • J’ai acheté quatre portes pliantes pour mon garde-robe mais voilà, quand on habite sur le Plateau, on doit s’attendre à ne pas avoir de plancher droit, même dans un immeuble industriel de condos rénové dans les années 90. Résultat : la quatrième porte ne fitte pas. Je l’ai fait couper un peu chez Rona, et maintenant, elle est trop courte. Fuck. Ça m’enrage tellement que je ne peux plus la regarder. J’ai presque envie d’aller dépenser 50$ pour en acheter une autre.
  • J’ai voulu passer un câble dans un mur avec un fish et j’ai pour cela démonté une boite électrique que je n’arrive plus à remonter. Elle flotte dans son ouverture. Elle n’est plus rattachée à la poutrelle. Je vais devoir défoncer le gypse pour aller la visser à la poutrelle (métallique, pour arranger les choses), ce que je voulais justement éviter au départ.
  • J’écris sur mon blogue au lieu de travailler, au sujet des bricolages que je fais au lieu de travailler. C’est un cercle vicieux. Je n’avance plus dans le travail pour lequel on me paye, le vrai et le seul qui soit prioritaire. J’ai même l’impression que j’utilise sadiquement lesdits problèmes comme prétexte pour ne pas travailler…

19 avril 2007
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Adieu Microsoft


Ça y est. Le grand jour est enfin arrivé. Dans toute ma vie, il n’y a plus la moindre once, le moindre bit de code informatique programmé par Microsoft.

Après des mois de tergiversations, j’ai totalement converti mon desktop à Linux Ubuntu, et je suis un homme nouveau. Open Office, Evolution Email, Firefox… Aujourd’hui, les logiciels open-source n’ont plus seulement rien à envier aux logiciels propriétaires; ils sont carrément devenus meilleurs.

Le « look’n'feel » d’Ubuntu est vraiment magnifique, et son processus d’installation est vraiment facile. Pour vrai. J’ai déjà installé quelques distributions de Linux dans le passé (Mandrake, puis RedHat, puis Fedora), mais Ubuntu a vraiment rendu Linux plus accessible (avec une interface splendide, j’insiste).

Lundi, j’ai acheté un nouvel écran LCD de 22 pouces pour préparer mon PC à sa cure de jouvence. Mardi, j’ai installé Ubuntu. Trois heures plus tard, tous mes fichiers, courriels, carnets d’adresses et signets étaient transférés. Quelques heures ont aussi été nécessaires pour convertir tous mes disques durs de Windows à Linux. Mais ça y est, Microsoft a complètement disparu de ma vie.

Cela fait partie de mon programme personnel pour réapprendre à aimer mon desktop, qui traine sur ma table sans que j’y touche depuis 18 mois – depuis que j’ai acheté un iBook, en fait. Pour sûr, c’est une belle machine bien équipée (Pentium 3 GHz, Nvidia 128 Mo, 350 Go de disque), mais je ne m’en servais plus que pour stocker des films ou jouer à des jeux vidéos. J’étais juste plus capable de Windows.

Grâce à Ubuntu j’ai retrouvé l’envie et le plaisir de m’asseoir devant mon desktop. Je n’ai plus l’impression d’être aux commandes d’un camion de vidanges, où la merde s’accumule ostensiblement.

Je n’ai plus besoin de passer ma vie à nettoyer mon ordi, ou à surveiller les virus et logiciels-espions. Et surtout, je n’ai plus l’impression de cautionner par mon usage de Windows les stratégies agressives de Microsoft.

Je me sens un peu comme quand j’ai quitté Bell pour tout faire passer sur Vidéotron, il y a deux ans. Sauf que Vidéotron est une compagnie privée, tout à fait capable de devenir le prochain Bell si elle s’assoit trop sur son succès. Avec Linux, aucune dérive de ce genre n’est à prévoir. Linux n’appartient à personne et à tout le monde, comme la science elle-même.

Que les choses soient claires: je n’ai jamais donné le moindre sou à Microsoft. De même que je n’ai jamais acheté le moindre logiciel de ma vie – à part quelques jeux vidéos, mais c’est autre chose, ils appartiennent autant au domaine artistique qu’informatique.

Depuis les années 80, aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours piraté tous mes logiciels. Déjà dans la cour d’école, j’échangeais mes jeux d’Atari ou d’Amiga avec mes amis, sous forme de disquettes qu’il fallait copier (ça prenait un « copieur » qui venait lui-même sur deux disquettes, l’opération entière prenait une bonne heure avant de savoir si un jeu valait la peine d’être piraté ou non).

Ce piratage ne nous semblait pas interdit; il était basé sur l’idée toute simple que le progrès scientifique est un bien universel. Je l’avais déjà compris à 13 ans, avec ma morale instinctive d’enfant. Je retrouve cette belle innocence avec Linux, qui m’offre toute la science de l’univers gratuitement, DE MANIÈRE DÉSINTÉRESSÉE.

La seule chose qui va me manquer de Windows, ce sont les jeux vidéos. Microsoft a le monopole des jeux avec sa technologie DirectX, dont Linux n’a pas d’équivalent sérieux. J’ai simplement dû faire le deuil des jeux sur PC (même si j’en ai beaucoup sur mes étagères – quelqu’un les veut ?). De toutes façons, j’ai moins de temps qu’avant pour jouer. Si ça me manque vraiment, je m’achèterai peut-être une console. Mais pas une Xbox, oh non!

Pour satisfaire les grincheux, j’ai quand même dû recourir à l’infâme Terminal et y entrer de nombreuses commandes en mode texte. Mais je n’en aurais pas eu besoin s’il s’était agi d’un ordinateur flambant neuf. La difficulté, c’était de convertir mes quatre disques durs formattés sous Windows. J’étais obligé de prendre toutes sortes de détours techniques, mais c’est la faute de Microsoft, puisque Windows se comporte comme un champignon, qui ne tolère la présence d’aucune autre espèce dans son écosystème.

J’ai dû aussi me servir du Terminal pour installer mes décodeurs vidéo et autres plugiciels multimédia. Encore une fois, ce n’est pas la faute à Linux, mais aux licences de ces logiciels qui empêchent Linux de les installer par défaut. Le risque d’infraction légale fait qu’on doit les télécharger séparément, de façon très hypocrite si vous voulez mon avis. Certains fabricants de logiciels sont encore coincés dans la logique d’un marché de biens matériels, digne du XXème siècle.

Addendum - Ah, puis tant qu’on est dans le gear, j’ai aussi acheté une superbe hotte de cuisine Broan de 550 PCM. Ça coûtait encore plus cher que le moniteur de 22 pouces. Maintenant, vous m’excuserez, mais faut que je retourne au travail pour payer ces belles machines.


19 avril 2007
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Microsoft joke


Mister Bad may or may not have invented this joke, but I find it hilarious.

« Why on Earth do MS Internet Explorer users call their bookmarks « favorites »?
- Maybe they don’t read books so they wouldn’t know what a bookmark is… »


12 avril 2007
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Bad translation means WAR


A few bloggers from Albuquerque didn’t like the way I wrote about their city. After discussing my views, they went on exchanging ideas about Canadians and their culture.

Their discussion is here. Everything began with my satirical post about Albuquerque. They unfortunately didn’t get the satire.

First of all, I’m not a Canadian, I’m a Quebecer (not even that – I’m a Montrealer). Secondly, that’s what happens when unilingual Anglos try to read my blog using a translation tool, trusting the results enough to discuss my opinions in great lengths. It doesn’t take much to launch a comment war on a blog, but it takes even less when the original text is twisted by a crazy robot. I hope this serves as a lesson…

Back to French now… Désolé !


11 avril 2007
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Alamogordo: Le tombeau d’Atari


img_4123.JPGEn septembre 1983, l’éditeur de jeux vidéos Atari à enfoui dans la décharge municipale d’Alamogordo, aujourd’hui désaffectée, des millions de cartouches de jeu et de consoles provenant de son entrepôt d’El Paso. Un article et une photo du Alamogordo Daily News ont immortalisé l’opération qui, selon le quotidien, a mobilisé entre huit et vingt camions.

Parmi les jeux jetés, on trouvait le très médiocre « E.T. », produit à 6 millions d’exemplaires. Son échec fut le coup de grâce qui a précipité ce qu’on a appelé « Le Grand Krach des jeux vidéos de 1983 ». Le marché n’allait renaitre de ses cendres qu’avec Nintendo à la fin de la décennie. Pendant un temps, on a cru que les jeux vidéos n’avaient été qu’une mode.

img_4129.JPGNous avons retrouvé l’entrée de ce terrain, dont le panneau d’entrée à moitié déchiré est masqué par un cactus. Sous une bute à 200 mètres à gauche de l’entrée, où gisent une série de bennes rouillées, reposent présumément les derniers restes de l’âge des arcades.

Texte et images COPYRIGHT 2007 Nicolas Ritoux. Tous droits réservés.


11 avril 2007
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Alamogordo: Le brûleur de livres


img_4184.JPGPlus haut sur la rue à flanc de montagne, un passant nous avait mis en garde : « regardez bien les drapeaux quand vous arriverez. »

En effet, c’est étrange. Sur le parvis de la Christ Community Church flottent les drapeaux des États-Unis, du Nouveau-Mexique, de la Chrétienté américaine, et de… l’État d’Israël. Dans le stationnement de l’église, une vingtaine d’autos portent l’autocollant de la base aérienne d’Holloman.

Il y a dix ans, Jack Brock ne prêchait qu’à une poignée de fidèles réunis au Holiday Inn. De fil en aiguille, il a bâti cette grande église qui compte environ 500 membres, ainsi qu’une école qui enseigne de la maternelle au collège. L’église n’est liée à aucune dénomination religieuse. L’école, elle, est reconnue par le gouvernement. Mais on n’y lit pas souvent Harry Potter.

img_4178.JPGEn 2002, le pasteur Brock a créé la manchette autour du monde en organisant un bûcher d’ouvrages « immoraux » devant son église. Parmi les magazines pornographiques et les « ouvrages de sorcellerie », on a vu partir en flammes quelques ouvrages de J.K. Rowling.

« Les médias ont fait ressembler notre cérémonie à un bûcher comme ceux d’Adolf Hitler. C’est ridicule », se défend le pasteur. « J’ai simplement invité les paroissiens à nettoyer leurs maisons en brûlant la littérature qu’ils considéraient mauvaise et immorale, et certains ont amené des livres de Harry Potter. Je leur avais dit que c’était de la sorcellerie. »

Harry Potter fait de la sorcellerie, ça ne fait aucun doute. Mais n’est-ce pas de la fiction ? « Les enfants ont du mal à discerner la fiction de la réalité, depuis toujours. Superman, c’est un bon gars, mais Harry Potter va dans une école de sorciers. Je ne crois pas que j’enverrais mes enfants dans cette école. J.K. Rowling a admis elle-même qu’elle avait trouvé un tiers de ses références dans des livres de sorcellerie. J’ai vu des cas d’enfants qui s’habillaient en Harry Potter et montraient des problèmes émotionnels », dit M. Brock sans préciser la nature de ces problèmes, malgré nos questions répétées.

img_4168.JPGDans la ville, le bûcher a causé tout un émoi. Des manifestants s’étaient groupés de l’autre côté de la rue. Bette Berry, professeure de mathématiques qui habite non loin de là, a observé la scène. Elle en rit encore. « Il y avait des policiers prêts à intervenir, cachés dans les rues alentour, et des médias du monde entier. Mais c’était un tout petit feu ridicule ! », s’exclame-t-elle en avançant les bras pour nous en donner une idée.

« Les gens de cette église sont très gentils. C’est juste bizarre qu’ils aient fait ça. À l’église baptiste, à deux rues d’ici, ils ont offert des livres de Harry Potter aux enfants pour Noël. »

« J’imagine que ça allait à l’encontre de leurs convictions », pense Nick Snyder, 23 ans, qui travaille dans un restaurant de la rue principale. « C’était une idée de fous, mais si ça peut les aider à passer par-dessus des épreuves, je peux comprendre. »

Texte et images COPYRIGHT 2007 Nicolas Ritoux. Tous droits réservés.


11 avril 2007
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Alamogordo: Le cauchemar des serpents


img_4191.JPGOn se demandait ce qu’il mâchouillait depuis tantôt. Il vient de le cracher dans un seau à nos pieds ; du tabac, on dirait à la couleur. C’est peut-être de là aussi que vient la tâche sur son chandail. Mais il peut y aller, ça ne salira pas plus la place.

Improvisée sous un toit de tôle au milieu de sa « cour à scrap », la boutique de surplus militaire de Tom Moore n’a pas l’air d’avoir été nettoyée depuis qu’il l’a ouvert en 1981. La seule chose qui nous rattache au présent, c’est la radio de la police dans le haut-parleur au-dessus de nos têtes.

« Si j’entends un suspect du nom de Larry Moore, je saurai que mon fils a fait des bêtises », plaisante l’homme de 64 ans. Lui en fait, en tout cas. Il y a cinq ans, tout ce que la région compte d’agents est descendu sur sa propriété. « Ils ont amené un hélicoptère et un avion. Ils pensaient que je vendais des armes automatiques à d’autres pays. Ça m’a coûté beaucoup de temps et d’argent pour rien. Il n’y a même pas eu de procès. Une gang d’enfants de ch…, si vous voulez mon avis. »

img_3958.JPGTom Moore ne doit pas seulement sa célébrité à cette descente de police spectaculaire, mais aussi à sa collection de serpents à sonnette. Devant sa boutique, un trou a été creusé pour en accueillir une cinquantaine. Pour 25 cents, Tom vous donne une baloune que vous pouvez jeter dans le trou. Les serpents mordront dedans. Ça ne manque jamais.

Depuis vingt ans, Tom organisait le « rodéo des serpents à sonnette » (rattlesnake roundup) durant la foire agricole d’Alamogordo, au mois d’avril. Cette année, elle n’aura pas lieu, faute de rentabilité. « Ça a eu beaucoup de succès les premières années. On a reçu jusqu’à 5000 spectateurs de tout le pays », raconte-t-il.

img_3955.JPGEt ça consiste en quoi ? « Les gars de la région réunissent tous les serpents qu’ils ont capturé dans un grand cercle. On donne des prix pour le plus long et le plus pesant. Je leur achète le reste à la livre, pour revendre la peau. Ensuite, on fait un spectacle pour les gens, en leur expliquant comment manipuler les serpents. Larry leur montre qu’il peut entrer dans un sac de couchage avec vingt ou trente serpents, et ressortir sans se faire mordre. Il fait ce tour depuis qu’il était tout petit. »

Le « rodéo » de Tom a souvent été critiqué pour la violence faite à ces animaux. Des centaines y étaient tués chaque année – certains pour finir sur le barbecue. « J’ai eu souvent des manifestants sur ma propriété », soupire-t-il. « Je leur souhaite la bienvenue, ils ont droit à leur point de vue. Il n’empêche que personne n’aime voir des serpents autour de sa maison. »

Texte et images COPYRIGHT 2007 Nicolas Ritoux. Tous droits réservés.


11 avril 2007
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Alamogordo: Le dresseur d’astrosinges


img_4002.JPG« Quel âge aviez-vous sur cette photo ? » Edward Dittner prend une pause pour y penser. « C’était il y a très longtemps », répond finalement l’homme de 88 ans, sa voix affaiblie par le manque de souffle. « Les deux autres gars sur la photo sont morts. »

Nous sommes debouts devant un panneau pédagogique du Musée d’histoire spatiale d’Alamogordo, qui raconte l’histoire de Ham, le « premier astrosinge du monde ». Il est enterré dehors, devant l’entrée de ce bâtiment à flanc de montagne, d’où il surplombe la ville pour l’éternité.

Edward Dittner était son entraîneur. Il travaillait à la base militaire voisine, dans le cadre du programme Mercury de la toute jeune NASA. Après quelques années, celle-ci a quitté la région. La collection du petit musée s’arrête au milieu des années 60, avec les premiers vols habités par des hommes.

Ham, lui, n’était qu’un chimpanzee, mais il fut le premier animal évolué à admirer la planète d’en haut.

img_3996.JPG« Il n’a pas été lancé dans l’espace comme ça. On l’a entrainé pendant 19 mois. On le plaçait d’abord cinq minutes par jour dans une chaise, pour qu’il s’habitue à rester assis. À la fin, il pouvait y rester indéfiniment », raconte Edward Dittner, qui a accompagné Ham jusqu’au décollage, à Cape Carnaveral.

Relax, l’astrosinge au décollage ? « Ça n’allait pas trop mal. Le vol n’a duré que seize minutes. De mon côté, j’avais beaucoup d’appréhension, parce que c’était très expérimental. Quand il est revenu ici le lendemain, après que la marine l’a repêché dans l’océan, il a sauté dans mes bras et m’a donné un gros calin. »

« Je me sentais proche de lui, à force de le voir chaque jour. Il me connaissait plus que les autres. Il était très habitué à moi », se souvient M. Dittner.

Pendant le vol, Ham devait actionner en rythme deux leviers placés devant lui comme Edward l’avait habitué à faire sur Terre. Le but : savoir s’il était possible d’effectuer des tâches dans l’espace. Mission accomplie.

img_4007.JPGAprès Ham, son congénère Enos a effectué un tour d’orbite. Quatre autres astrosinges devaient partir, mais le programme a été écourté. Les Russes avaient pris trop d’avance ; il fallait passer à l’étape suivante. Ham a été transporté au zoo de Washington, avant de mourir en Floride en 1983, à l’âge de 27 ans. Sa dépouille a été ramenée à Alamogordo, où il a eu droit à une cérémonie funéraire en présence des vieux collègues.

M. Dittner a connu aussi les premiers astronautes qui s’entrainaient dans la région. « À l’époque, on devait se débrouiller avec peu, et on n’attirait pas vraiment l’attention du public. C’est curieux, mais on plus populaires maintenant que pendant que ça se passait. »

Texte et images COPYRIGHT 2007 Nicolas Ritoux. Tous droits réservés.