À quand les « communes créatives » ?
Le site canadien de Creative Commons n’est pas disponible en version française. C’est tout simplement intolérable. Je suis un fan de la première heure de la licence Creative Commons, qui a été adaptée à la loi canadienne par les légistes notoirement techno de l’Université d’Ottawa.
Une bonne traduction de ce site serait pourtant la moindre des choses, pour faire avancer la cause de l’open-content à l’heure où le Canada s’apprête à voter son propre DMCA rétrograde avec des lois de ce genre-là.
Mes amis branchés m’ont fait remarquer que si j’étais pas content, je n’avais qu’à me proposer moi-même pour en faire la traduction, dans l’esprit d’entraide bénévole qui préside dans la communauté Creative Commons. Cependant, je ne crois pas que ce soit une bonne idée. N’importe qui ne peut pas traduire du texte juridique en français. C’est une spécialité à part entière.
La vérité, c’est qu’on manque de prêtres Creative Commons du côté francophone. Rien qui accote ce que Michael Geist produit comme opposition aux projets de loi de type DMCA à Ottawa, aussi bien par le biais des journaux que sur son blogue, excellent d’ailleurs. Mais il ne parle pas un mot de français, Ontarien incorrigible qu’il est.
Côté francophone, à part quelques journalistes comme Alain Brunet, on n’entend rien. D’ailleurs c’est pas vraiment à nous, journalistes, de nous exprimer en faveur de Creative Commons et/ou contre les projets de lois répressifs, car en matière de droit d’auteur, c’est difficile d’intéresser les lecteurs des médias généralistes. J’ai eu beau essayer de rendre quelque partie de ce débat excitant pour le commun des mortels, je n’ai jamais réussi à trouver l’angle idéal.
Alain mentionne et documente régulièrement ces causes dans sa colonne de La Presse, mais il manque d’écho, et de toutes façons, comme je l’ai dit, c’est difficile d’intéresser le grand-public à ça (à part en leur brandissant le spectre des descentes policières chez les internautes qui téléchargent des films ou de la musique, mais ce serait exagérer un peu).
Ce qu’il faut, c’est un vrai porte-parole de la cause, pas un journaliste ni un artiste ni rien de cela, mais un légiste, quelqu’un qui sait de quoi il parle.
Il y a pourtant des francophones dans cette gang allumée de la faculté de droit d’Ottawa, comme Daniel Gervais, que j’ai déjà interviewé. Il a des idées très intéressantes pour adapter le droit d’auteur à l’ère numérique sans punir la culture du partage de l’Internet. Mais il ne fait pas autant de bruit que Geist. En fait, il n’a même pas de blogue (il a peut-être autre chose à foutre, remarquez, je peux comprendre).
Quelqu’un pourrait-il devenir le Michael Geist francophone ? En attendant, traduisez au moins le site Web de CC, ce sera un bon début…

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