Nokia N810 vs. iPhone
Nokia m’a gentiment prêté son nouveau N810 pour mon voyage au Texas. Je m’en suis servi à fond, tous les jours. Et je peux dire aujourd’hui que sans cette machine miraculeuse, j’aurais perdu beaucoup de temps et d’efforts.
Muni d’un écran tactile, d’un clavier escamotable, d’une caméra et d’un GPS, le N810 permet de naviguer sur le Web en Wi-Fi, d’effectuer sa correspondance, de trouver son itinéraire, de prendre des photos, et de faire de la vidéoconférence. Etc.
La seule chose qu’il ne fait pas, c’est le téléphone. Et c’est à la fois sa faiblesse et sa force.
Chaque fois que je sortais mon N810 à Austin, j’attirais la curiosité des inconnus autour de moi, jusqu’à ce que je dise que c’était pas un téléphone. J’avais alors droit à un « Oh.. » de déception. Systématiquement.
Bien sûr, c’est le nom de Nokia qui induit les gens en erreur. Qui dit Nokia dit téléphone, et on s’attend à ce que les fonctionnalités de leurs machines viennent en sus du téléphone, qui devrait être là par défaut. Nokia aurait dû mettre en marché le N810 sous une nouvelle marque, ou une sous-marque comme « XXX by Nokia » pour ne pas perdre le facteur de notoriété.
À la place du XXX, je propose « Internet Appliance ». Car c’est bien le positionnement du N810. S’il paraît limité à première vue, le N810 est en réalité le prototype du « laptop de poche » de demain. Pour trois raisons :
1) Le N810 est un ordinateur performant en poids plume. Durant mon congrès au Texas, il m’a permis de laisser mon laptop à la maison sans pour autant abandonner les outils dont j’ai besoin en déplacement, c’est-à-dire le Web, le courriel et la messagerie instantanée.
En déplacement 8 heures par jour durant le festival, je me serais disloqué l’épaule si j’avais emmené mon MacBook Pro. Avec le N810 j’étais libre comme l’air – et si j’avais besoin de prendre des notes détaillées, je m’en remettais au crayon. Le soir, je n’avais pas besoin de déposer mon ordinateur à l’hôtel ; le N810 restait dans ma poche, pas plus gros qu’un iPod. Je pouvais passer du travail au party sans souci !
Le N810 contient un système d’exploitation complet qui roule bien, mais ses dimensions l’empêchent d’effectuer des tâches qui demandent du volume, comme le traitement de texte. Son clavier escamotable (seul changement majeur depuis le N800) permet de taper rapidement de messages avec les pouces, mais pas du texte « sérieux ».
2) Le N810 roule sur Linux. Et ça, c’est un gros avantage. Ça veut dire qu’on peut le mettre à jour et ajouter des logiciels à loisir, sans aucun frais, mais aussi qu’on peut s’attendre à un déluge d’applications provenant de la communauté des développeurs open-source. En « ouvrant » le N810, Nokia donne libre cours à la créativité des développeurs, sans débourser les millions que ça coûterait pour une force de travail équivalente sur une technologie propriétaire.
Pour l’instant, le « déluge » d’applications dont je parle ressemble plutôt à un pipi de chat, mais c’est un pas dans la bonne direction. Nokia a d’ores et déjà obtenu l’estime et la considération de la communauté open-source, et ses concurrents ne peuvent pas en dire autant.
3) Le N810 va au-delà de la téléphonie. S’il n’inclut pas de téléphone, c’est parce qu’il est conçu pour un monde idéal. Un monde où on trouve des accès Wi-Fi gratuits à tous les coins de rue, et où la téléphonie par Internet a remplacé le téléphone cellulaire. Ce monde n’existe pas encore. À part peut-être en Suède Scandinavie. Mais en Amérique du Nord, ce n’est pas pour demain.
Et pourtant. Ce serait si beau si ça arrivait. Plus d’abonnements cellulaires aux frais cachés ! Tout à l’Internet ! Le N810 est l’expression matérielle de ce rêve. Il est le prototype d’un futur encore trop éloigné pour être viable commercialement (surtout à 400$), mais assez désirable pour que Nokia persévère dans cette direction. C’est une branche à explorer à long terme.
Mon nouveau iPhone
Apple a compris que le futur idéal de l’Internet suédois scandinave n’était pas pour demain, et son iPhone est définitivement ancré dans le présent, puisqu’il passe de l’Internet cellulaire au Wi-Fi selon les ressources disponibles.
C’est pour cela que j’ai acheté un iPhone durant mon voyage au Texas, plutôt que le N810 auquel je m’étais pourtant attaché à force (mais j’ai dû le rendre à Nokia dès mon retour).
Le iPhone pourrait bien devenir obsolète dans quelques années lorsque le futur idéal de Nokia se réalisera. Il l’avoue lui-même, d’ailleurs, en privilégiant toujours le Wi-Fi plutôt que le cellulaire, lorsqu’il est disponible. Ce qui prouve que le Wi-Fi public, c’est mieux.
Imaginez un iPhone qui marche partout, sans abonnement cellulaire. Le N810 offre exactement cela, et en version open-source (ce qui lui donne un potentiel énorme, je le répète). Mais son monde n’existe pas encore. À part peut-être en Suède Scandinavie…
P.S. Mon nouveau numéro de cell est 514-815-3306. Pour ceux que ça intéresse.
P.S.2 J’ai débarré mon iPhone en un clic grâce à l’excellent logiciel Ziphone. Je vous le recommande. Après ça je n’avais plus qu’à insérer une puce de Fido à 30$, et voilà!









































Me voici de retour à Austin pour mon deuxième festival