22 mars 2008
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Nokia N810 vs. iPhone


Nokia m’a gentiment prêté son nouveau N810 pour mon voyage au Texas. Je m’en suis servi à fond, tous les jours. Et je peux dire aujourd’hui que sans cette machine miraculeuse, j’aurais perdu beaucoup de temps et d’efforts.

Muni d’un écran tactile, d’un clavier escamotable, d’une caméra et d’un GPS, le N810 permet de naviguer sur le Web en Wi-Fi, d’effectuer sa correspondance, de trouver son itinéraire, de prendre des photos, et de faire de la vidéoconférence. Etc.

La seule chose qu’il ne fait pas, c’est le téléphone. Et c’est à la fois sa faiblesse et sa force.

Chaque fois que je sortais mon N810 à Austin, j’attirais la curiosité des inconnus autour de moi, jusqu’à ce que je dise que c’était pas un téléphone. J’avais alors droit à un « Oh.. » de déception. Systématiquement.

Bien sûr, c’est le nom de Nokia qui induit les gens en erreur. Qui dit Nokia dit téléphone, et on s’attend à ce que les fonctionnalités de leurs machines viennent en sus du téléphone, qui devrait être là par défaut. Nokia aurait dû mettre en marché le N810 sous une nouvelle marque, ou une sous-marque comme « XXX by Nokia » pour ne pas perdre le facteur de notoriété.

À la place du XXX, je propose « Internet Appliance ». Car c’est bien le positionnement du N810. S’il paraît limité à première vue, le N810 est en réalité le prototype du « laptop de poche » de demain. Pour trois raisons :

1) Le N810 est un ordinateur performant en poids plume. Durant mon congrès au Texas, il m’a permis de laisser mon laptop à la maison sans pour autant abandonner les outils dont j’ai besoin en déplacement, c’est-à-dire le Web, le courriel et la messagerie instantanée.

sxsw-08-music-122.jpgEn déplacement 8 heures par jour durant le festival, je me serais disloqué l’épaule si j’avais emmené mon MacBook Pro. Avec le N810 j’étais libre comme l’air – et si j’avais besoin de prendre des notes détaillées, je m’en remettais au crayon. Le soir, je n’avais pas besoin de déposer mon ordinateur à l’hôtel ; le N810 restait dans ma poche, pas plus gros qu’un iPod. Je pouvais passer du travail au party sans souci !

Le N810 contient un système d’exploitation complet qui roule bien, mais ses dimensions l’empêchent d’effectuer des tâches qui demandent du volume, comme le traitement de texte. Son clavier escamotable (seul changement majeur depuis le N800) permet de taper rapidement de messages avec les pouces, mais pas du texte « sérieux ».

2) Le N810 roule sur Linux. Et ça, c’est un gros avantage. Ça veut dire qu’on peut le mettre à jour et ajouter des logiciels à loisir, sans aucun frais, mais aussi qu’on peut s’attendre à un déluge d’applications provenant de la communauté des développeurs open-source. En « ouvrant » le N810, Nokia donne libre cours à la créativité des développeurs, sans débourser les millions que ça coûterait pour une force de travail équivalente sur une technologie propriétaire.

Pour l’instant, le « déluge » d’applications dont je parle ressemble plutôt à un pipi de chat, mais c’est un pas dans la bonne direction. Nokia a d’ores et déjà obtenu l’estime et la considération de la communauté open-source, et ses concurrents ne peuvent pas en dire autant.

3) Le N810 va au-delà de la téléphonie. S’il n’inclut pas de téléphone, c’est parce qu’il est conçu pour un monde idéal. Un monde où on trouve des accès Wi-Fi gratuits à tous les coins de rue, et où la téléphonie par Internet a remplacé le téléphone cellulaire. Ce monde n’existe pas encore. À part peut-être en Suède Scandinavie. Mais en Amérique du Nord, ce n’est pas pour demain.

Et pourtant. Ce serait si beau si ça arrivait. Plus d’abonnements cellulaires aux frais cachés ! Tout à l’Internet ! Le N810 est l’expression matérielle de ce rêve. Il est le prototype d’un futur encore trop éloigné pour être viable commercialement (surtout à 400$), mais assez désirable pour que Nokia persévère dans cette direction. C’est une branche à explorer à long terme.

Mon nouveau iPhone

sxsw-08-music-183.jpgApple a compris que le futur idéal de l’Internet suédois scandinave n’était pas pour demain, et son iPhone est définitivement ancré dans le présent, puisqu’il passe de l’Internet cellulaire au Wi-Fi selon les ressources disponibles.

C’est pour cela que j’ai acheté un iPhone durant mon voyage au Texas, plutôt que le N810 auquel je m’étais pourtant attaché à force (mais j’ai dû le rendre à Nokia dès mon retour).

Le iPhone pourrait bien devenir obsolète dans quelques années lorsque le futur idéal de Nokia se réalisera. Il l’avoue lui-même, d’ailleurs, en privilégiant toujours le Wi-Fi plutôt que le cellulaire, lorsqu’il est disponible. Ce qui prouve que le Wi-Fi public, c’est mieux.

Imaginez un iPhone qui marche partout, sans abonnement cellulaire. Le N810 offre exactement cela, et en version open-source (ce qui lui donne un potentiel énorme, je le répète). Mais son monde n’existe pas encore. À part peut-être en Suède Scandinavie…

P.S. Mon nouveau numéro de cell est 514-815-3306. Pour ceux que ça intéresse.

P.S.2 J’ai débarré mon iPhone en un clic grâce à l’excellent logiciel Ziphone. Je vous le recommande. Après ça je n’avais plus qu’à insérer une puce de Fido à 30$, et voilà!


19 mars 2008
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SXSW – Mes photos enfin dévoilées !


Suivez ce lien pour voir toutes mes photos de South by Southwest 2008.

Vive Flickr !


18 mars 2008
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Mon meilleur show de SXSW


sxsw-108.jpgBien sûr, j’ai croisé mon idole Mick Jones à South by Southwest, mais il faut avouer que son groupe Carbon/Silicon, c’était pas vraiment les Clash. Tout le monde l’avait deviné.Musicalement parlant, mais surtout scéniquement parlant, mon meilleur show de South by Southwest était celui de Monotonix, un groupe de fous-furieux de Tel-Aviv, samedi après-midi dans une cour arrière pleine de hippies et de tatoués.

sxsw-168.jpg16h30 samedi. Je me retrouve dans une espèce de cour arrière pleine de bordel surnommée le « Typewriter Museum », mais qui pourrait aussi bien s’appeler « Some Hippie Dude’s Backyard ». Ce sont mes logeurs qui m’ont amené là, Epiphany et Chris. Après 20 minutes, je commence à me demander ce que je vais faire là, alors que je dois me rendre plus profondément dans le centre-ville pour voir les « vrais » shows.

Soudain, le groupe Monotonix débarque. Au sens propre du terme. Plutôt que d’utiliser la scène, ils descendent leurs instruments dans la foule, en plein dans la poussière. Une batterie (kick+snare+hi-hat+ride), un chanteur et une guitare (branchée dans un préampli de basse et un haut-parleur JCM Marshall, à travers une grosse disto sale). C’est tout.

Soudain, la foule s’écarte. Ils sont complètement fous! Le chanteur court partout en criant et en sautant, le guitariste aussi, son manche risquant d’éborgner les spectateurs.

sxsw-205.jpgImaginez un hybride de Lenny de Mötörhead, Tommy Iommi et Ron Jeremy : c’est à ça que ressemblait le chanteur, avec un paquet de grosses patches de poil baignés dans la sueur.

Il courait et sautait partout, exploitant toutes les structures mises à sa disposition dans la cour. Le guitariste, plus virtuose qu’il ne s’en donnait l’air, assumait à lui seul la « mélodie », bien tight avec le batteur malgré l’équilibre fragile du contexte.

sxsw-215.jpgIl montait sur les rambardes, enlevait la grosse caisse et l’envoyait dans la foule, versait de la bière sur les cymbales en action, mettait des objets trouvés à terre sur la tête des spectateurs, montrait son cul à d’autres, courait sur la scène pour sauter dans le public, se frappait la tête dans les tambours, montait sur le dos du guitariste, renversait une poubelle pleine de coupes vides sur le batteur, remuait la poussière à coups de pied et de bière, etc.

sxsw-236.jpgLe tout s’est terminé en apothéose, lorsque le chanteur a invité quelques spectateurs à soulever les instruments de la batterie, incluant le batteur qui s’est assis sur sa grosse caisse, jouant dans les airs en haut de son tas humain, pendant que d’autres spectateurs lui balançaient des bières dans la tronche. Une chance qu’il avait mis des lunettes de natation…

Bref, un genre de Stooges israëlien des années 2000, en plus ironique. Et sans stage. IT WAS FUCKING AWESOME.

Je n’ai jamais autant ri dans un show, même ceux des Hives. Non seulement la musique était énergique et trippante, mais le show, mon Dieu, le show était tout simplement une REDÉFINITION DU PUNK.

Tout le monde a essayé de redéfinir le punk, récupéré depuis longtemps. Mais je crois que c’est réussi dans ce cas.

sxsw-135.jpgPour commencer, c’est broche à foin au max, et c’est ça qui compte. Aucune salle officielle ne tolérerait ce genre de show pour des raisons de sécurité.

Surtout, l’absence de scène rend le groupe plus humain, plus présent que jamais. Il est avec nous, et on risque à tout moment d’être pris à part, passant de spectateur à acteur sans avertissement. Cet élément de danger est crucial.

sxsw-115.jpgL’improvisation des gestes est tout aussi plaisante; on ne s’attend à aucune niaiserie du chanteur, il ne cesse de nous surprendre et d’imaginer de nouvelles niaiseries à faire avec les objets du décor, les spectateurs, les instruments, les autres musiciens, les liquides, la terre battue…

La foule, elle, essayait tant bien que mal de rester à l’abri des bières qui volaient et des coups de manche de guitare. Au bout du compte, tout le monde trippait, même si on se prenait des morceaux liquides ou solides de temps à autre. Le show a duré une demie-heure et ça m’a pompé pour toute la soirée.

Je vous invite à consulter les vidéos de Monotonix sur YouTube. C’est quelque chose. Vous aurez un petit aperçu de mon expérience.


18 mars 2008
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SXSW Days 7 to 11 – Music! Music! Music!


sxsw-230.jpgTout a changé depuis la dernière fois que j’ai blogué. La population de South by Southwest s’est radicalement amplifiée, rajeunie et « rockifiée », si j’ose dire.

Après le curieux jour-tampon de mercredi, où les derniers geeks croisaient les premiers musiciens, le festival a commencé à s’étendre largement autour du Convention Center, pour envahir les rues alentour.

Deux rues (6th & Red River) étaient fermées 24 heures, et non seulement le soir comme précédemment. Des scènes temporaires sous tente à chaque coin de rue, dans chaque parc ; deux étages de musique par bar ; des concerts non-officiels improvisés dans des stationnements… etc.

Pour commencer, il s’est mis à faire chaud. Très chaud comme un mois de juin à Montréal. C’est dur quand on attend une heure le début d’un concert en plein soleil dans un parking, comme je l’ai fait vendredi au concert improvisé de Carbon/Silicon, le nouveau groupe de Mick Jones.

sxsw-275.jpgOui, j’ai vu Mick Jones, l’autre idole de ma jeunesse (j’avais vu le premier, Joe Strummer, de loin au Spectrum un an avant sa mort). J’étais tout contre la scène. J’ai même serré la main à Mick Jones. Et j’ai pris douze mille photos de lui. Je tremblais comme une fillette.

Le truc qu’il faut savoir (et que je sais maintenant), c’est que les centaines de spectacles annoncés dans le guide officiel ne sont que la partie émergée de l’iceberg. En fait, les shows les plus intéressants sont ceux qu’on improvise au dernier moment, annoncés par le bouche à oreille. Typiquement, chaque groupe annoncé officiellement pour un soir jouera à coup sûr deux ou trois autres fois dans les jours suivants.

sxsw-331.jpgC’est ainsi que j’ai manqué R.E.M., qui donnait un concert « secret » mercredi soir à minuit, le premier show de Mick Jones jeudi (dans un lieu inconnu), un petit concert de Lou Reed dans un bar, un show secret de Mötörhead, et bien d’autres dont je ne saurai jamais rien.

En résumé, si on ne se fait pas d’amis, on est faits. Il est essentiel de jaser à gauche et à droite pour obtenir l’information sur les shows, et ne pas hésiter à changer de gang dix fois dans la soirée.

sxsw-1.jpgOn dirait que tout le monde pensait comme moi dans ces cinq jours, car je me suis mêlé à de nombreux groupes de personnes qui semblaient les meilleurs amis du monde alors qu’ils venaient de se rencontrer. J’ai même rencontré un couple d’amoureux qui avait l’air quasiment de jeunes mariés avant d’apprendre qu’ils s’étaient rencontrés une heure avant.

Ce n’est pas seulement South by Southwest qui favorise les rencontres spontanées. J’ai l’impression qu’Austin fonctionne comme ça à l’année longue. Et peut-être même l’ensemble du Texas. Et mon accent français a aussi eu beaucoup de succès – tout le monde aime les Français ici (ils n’en voient pas très souvent, j’imagine).

sxsw-362.jpgJe ne m’explique pas comment ces gens parmi les plus gentils et ouverts du monde peuvent voter pour les politiciens les plus vicieux et bornés. Remarquez qu’Austin est un bastion démocrate, Obama-démocrate. Mais je crois bien que la gentillesse et l’entraide et l’ouverture sont les mêmes partout au Texas. Paradoxe culturel.

Mais revenons à la musique.

JEUDI (jour 8)

J’ai manqué plein de shows les deux premiers jours, car comme je l’ai expliqué, il faut se tenir constamment au courant, et moi je n’avais pas encore passé à la vitesse sociale supérieure. Surtout, j’étais très occupé par mes articles pour La Presse que je devais écrire au plus sacrant (voir ici, ici et ici).

Une fois mes articles écrits, le jeudi soir, mes ailes se sont déployées.

sxsw-207.jpgJ’ai passé la soirée de jeudi au show M for Montreal, avec Your Favorite Enemies (qui ont apparemment de nombreux fans en ville), Caroline Keating (émouvante à souhait), Mission District, Martha Wainwright (plein à craquer), Hot Springs, et United Steel Workers of Montreal (genre de Pogues de chez nous).

VENDREDI (jour 9)

Le lendemain, j’ai assisté à une conférence de Mick Jones et Tony James (autre vieux routier du punk britannique, ex-Sigue Sigue Sputnik), qui forment le groupe Carbon/Silicon. On les a surtout interrogés sur leur vision de l’industrie musicale d’aujourd’hui, en tant que vieilles légendes du punk.

Mick Jones n’avait pas l’air de vouloir parler « d’industrie ». C’est quelque chose dont on ne se souciait pas à l’époque des Clash. Il se fiche aussi des problèmes de légalité des téléchargements… tout ce qui compte c’est de jouer la musique (il en a d’ailleurs diffusé gratuitement sur le Web, avec Carbon/Silicon).

sxsw-119.jpgMick Jones avait juste envie de déconner. Il a passé son temps à faire des blagues et à faire rire l’assistance, alors que Tony James tentait de jouer le tampon en répondant poliment aux questions de l’intervieweur. C’était assez drôle. Quand on lui a demandé comment il voyait le « marketing du punk » en tant que pionnier de ce genre musical, il a simplement répondu: « Sigue Sigue Sputnik! » Je pense que ça résume bien l’atmosphère.

À 17h30, je l’ai vu sur scène avec son nouveau groupe dans un stationnement extérieur surchauffé par le soleil. C’était un moment d’extase à la fin duquel j’ai obtenu mon autographe sous prétexte de photo de presse. En réalité La Presse n’était pas intéressé à publier un article là-dessus, j’ai dû leur mentir pour m’approcher de mon idole… J’arborais un sourire constant pour le reste de la journée, ravi par mon adolescence retrouvée.

Plus tard, j’ai vu un paquet de groupes dans un paquet de bars, et ça s’embrouille un peu dans ma tête.

sxsw-498.jpgJe sais que j’ai vu The Vines, que j’aime beaucoup, vers minuit dans un club branché qui n’avait rien à voir avec leur musique (le genre qui donne des tables contre l’achat d’une bouteille, avec des messieurs en cravate et un larbin qui vous offre du parfum dans les toilettes).

Je sais aussi que j’ai vu The Parisians, en début de soirée. Un groupe de Paris (tiens toé) qui ressuscite l’attitude des Ramones avec une twist franco-française. Intéressant. J’ai pris des photos d’eux pour une journaliste de Rock & Folk qui va peut-être les publier.

Je sais aussi que j’ai revu Creature, de Montréal, vers une heure du matin. Le reste m’échappe. Damn! Où est passée ma mémoire? Trop de concerts, trop de bars.

sxsw-631.jpgAu fait, mes excuses à Creature que j’ai décrits comme « trois filles et un gars » alors qu’ils sont moitié-moitié. Je ne sais pas pourquoi j’ai écrit ça ; je savais très bien qu’ils étaient deux gars et deux filles. Ça m’a échappé dans le rush de la deadline. Ma consoeur Marie-Hélène Poitras s’est empressée de m’écrire un courriel à ce sujet – sans doute motivée par un fond de jalousie, elle qui était restée à Montréal!

SAMEDI (jour 10)

Passons à samedi. Après quelques verres de vin dans un parc où jouaient des groupes d’Australie, je me suis retrouvé dans un nouveau méli-mélo de shows.

sxsw-605.jpgEncore une fois, je suis un peu perdu. Je sais que je suis retourné au Ginger-machin où ils servent cent bières pression différentes, et que j’ai fini dans un party organisé par Spin Magazine à 1h du matin, invitation only. Longue queue encore. Je crois que ces guest-lists niaiseuses étaient un moyen détourné d’obtenir mes coordonnées pour me spammer. Mais bon, c’était très cool. J’y ai vu Soundtrack of our Lives, qui n’a joué qu’une vingtaine de minutes.

J’étais quand même frustré de ne pas retrouver le nom du groupe islandais que je m’étais juré d’aller voir, après avoir rencontré leur chanteuse complètement folle trois jours avant. « I’m just shameless », m’avait-elle expliqué après une rocambolesque démonstration d’excentricité, roulant ses R de façon irrésistible, à l’islandaise. C’est la première fois que je parle à une Islandaise. Ce sera la dernière pour un moment.

DIMANCHE (jour 11)

sxsw-627.jpgArrivé au dimanche, Austin s’est soudainement vidée comme par magie. Il restait quelques shows à gauche et à droite, mais plus rien d’officiel. Les rues étaient ouvertes à nouveau. C’était un peu triste. Depuis, je me sens tout chose.

South by Southwest aura finalement été une longue aventure, qui me semble interminable même si elle n’a duré que douze jours. De belles vacances très bien remplies, arrivées à point nommé.

Évidemment, je n’ai pas cessé de boire tout ce temps, d’autant plus que la plupart des boissons gratuites étaient offertes l’après-midi. Le soir, il fallait souvent payer, jusqu’à 5 dollars pour une bière.

sxsw-209.jpgEn résumé, en incluant la partie interactive du festival, j’ai pris neuf brosses en dix jours (si on compte mardi comme un jour « off » où je n’ai bu que quatre petites bières). Je me sentais un peu comme à Burning Man où chaque jour qui passe en retire 30 en espérance de vie.

Je suis bien content de rentrer – mis à part la température qui m’attend à Montréal. Cette fois, je n’ai pas frustration d’avoir manqué quelque chose, et je sais que je reviendrai l’an prochain, encore une fois incluant la musique. La partie musique du festival n’a rien à voir avec les deux autres, c’est un tout autre monde.

Disons que chaque moitié de South by Southwest a exploité sa propre moitié de mon cerveau.


13 mars 2008
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SXSW Days 4&5 – Booze-Up & Big Picture


sxsw08-4-103.jpg(Ce billet a été écrit mercredi 12 mars au matin.)

Je vous écris alors que la plupart des participants de SXSW Interactive sont partis. Maintenant, c’est les musiciens qui prennent la ville d’assaut. Déjà hier, ils ont commencé à s’inscrire au Centre des congrès. On les reconnaît à 100 mètres dans la foule. À midi, je vais commencer mon festival avec Creature, de Montréal – petit show de 30 minutes.

J’ai manqué presque toutes les tranches de conférences des deux derniers jours. En fait je n’ai vu que deux panels : « Browser Wars » et « A Critical Look At OpenID » (regard critique mon oeil, tout le monde sur le panel était du monde d’OpenID). Je regrette d’avoir manqué « Blame Canada: 7 Ways We’re Ahead In New Media« , « The Evolution Of The Independent Worker » avec Patrick Tanguay de la Station-C ainsi que « Independent Film Distribution » avec le Montréalais Brett Gaylor de Open Source Cinema.

sxsw08-4-338.jpgQue voulez-vous, il fallait que je dorme. Comme je ne peux plus dormir la nuit, je suis obligé de me taper des siestes pendant les panels.

Et pourtant… Le paradoxe de SXSWi, c’est que les panels ne sont qu’un prétexte. C’est vrai dans tous les congrès mais le ratio d’apprentissage est ici de 90 contre 10 par rapport aux discussions de couloirs et de bars, où les vraies échanges ont lieu. Vous pensiez que je gâchais tout mon voyage en beuveries? Eh bien non!!! Grâce aux discussions de couloirs et de bars, j’ai absorbé un nombre incroyable d’informations.

sxsw08-4-124.jpgEt surtout, j’ai réussi à atteindre le niveau d’extase geek que j’étais venu chercher ici. J’ai l’impression d’avoir compris. Compris ce qui va se passer en 2008, compris les grands vecteurs de tendance qui propulsent le monde des technologies au moment où on se parle. Mais ça ne doit être qu’une impression, j’en ai bien peur.

sxsw08-41-101.jpgJ’ai voulu vous l’expliquer, et puis j’ai changé d’avis (c’est pour ça que j’ai attendu 36 heures avant de laisser tomber et de publier enfin ce billet, NDLR). Il se passe trop de choses dans ma tête. Je vais avoir besoin de recul pour mettre ça en mots.

À présent, je passe à la partie Musique du festival. Toute une autre crowd.


10 mars 2008
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SXSW Day 3 – Big Work & Bad Taste


sxsw3-128.jpgBon, encore deux panels de manqués dans la matinée. J’ai tant de rencontres et d’activités à faire en dehors des conférences!

Ma journée n’a commencé qu’à 2 heures avec le keynote de Mark Zuckerberg (créateur de Facebook) dans la grande « salle de bal » du Centre des congrès. Pour la deuxième fois, j’ai été jouer du coude et des talons à travers cent mètres de spectateurs et de laptops (debout, assis, couchés) pour aller prendre mes photos sur le bord de la scène, en évitant le feu nourri des caméras et des autres photographes au-dessus de ma tête.

Il faisait horriblement chaud sous les projecteurs. Je n’ai même pas réussi à me concentrer sur les propos de Zuckerberg tant j’avais d’épreuves à surmonter pour prendre mes photos. Mais j’ai cru comprendre, à travers la vapeur, qu’il est un jeune blanc-bec. Tout le monde le dit, je le confirme.

sxsw3-334.jpgJe ne connais pas la fille qui l’interviewait, et je devais être le centième Twitter à demander « Who the fuck is she » (il s’agit de Sarah Lacy, une pigiste qui a écrit un bouquin sur Facebook).

En tout cas, Zuckerberg était inintéressant, à se demander pourquoi il était là. Il se comportait comme s’il nous faisait une faveur de sa simple présence, s’évertuant par ailleurs à ne pas répondre les vraies affaires qu’on voulait savoir, par souci obsessif de la confidentialité.

On aurait dit Bill Gates dans ses pires moments d’awkwardnesse. Les liens à faire sont nombreux, d’ailleurs, entre les plans de Facebook pour l’Internité et le Plan Global Foireux de Domination du Monde de Hotmail / MSN / Live / [Insérer ici le nom du dernier horizontalisme voué à l'échec de Microsoft].

sxsw3-177.jpgMais le plus drôle, c’était les gestuelles de Zuckerberg, qui sortaient tout droit d’un media training accéléré. Dès que Lacy posait une question, il se retournait en écartant les mains vers les photographes et les caméras, avec la moue du gars qui est en train d’expliquer un truc crucial alors qu’il nous lâche un gros ballon d’hélium. Le jeune Zuckerberg (23 ans) est peut-être un entrepreneur précoce, mais côté présence scénique, il est… très scolaire, disons. Il va sûrement s’améliorer avec les années.

Plus tard, j’ai rencontré quelques wikiistes comme moi, avec qui nous avons échangé quelques vues sur le WYSIWYG dans MediaWiki (la route est longue) et l’adoption d’Open ID (Vinismo l’utilise déjà).

sxsw3-213.jpgPuis j’ai été voir Super Collider: Hero of the Social Network, genre de panel aussi bizarroïde que son titre mais vraiment hilarant, avec Ben Cerveny que je connaissais par Evan, et Matt Jones, très rigolo co-fondateur de Dopplr, dont j’avais rencontré le collègue Matt Bidulph a RococoCamp.

Ensuite, party de pré-cérémonie des SXSW Web Awards (j’ai même pas été voir les gagnants, tiens toé). Puis party de Gawker où j’ai rejoint Sylvain et Sébastien de Praized qui étaient rejoints par leur partenaire que je ne connaissais pas, Harry Wakefield. Ce gars très sympa d’une quarantaine d’années, originaire du West Island, a été mon interlocuteur privilégié par la suite. On s’est bien marrés et on a échangés des propos très éclairants sur le journalisme et le réseautage social, entre autres choses.

sxsw3-256.jpgÀ un moment donné, je suis allé chercher des bières au bar et j’en suis revenu avec deux journalistes australiennes, au grand bonheur de mes camarades. La comique du duo, Monica, m’a mis au défi de poster dans Twitter « I Suck Ballzzz » et de changer mon statut Facebook pour « I love T3abaGzzz » (je pognais une connexion wi-fi sur la terrasse du bar avec mon N810 prêté gentiment par Nokia, dont je vous reparlerai).

sxsw3-2631.jpgQu’est-ce que je ferais pas pour amuser la galerie… Le problème, c’est que j’ai laissé ces messages actifs pendant 24 heures avant de m’en souvenir. Qu’en dira-t-on? Tout ça est d’un affreux mauvais goût.

Après ça, on est allé au party de Blogger.com organisé par Sean Carlson de Google. Celui qui m’avait réveillé pour la deuxième année consécutive dans les sofas de la salle de presse, rappelez-vous. Pour lui montrer ma considération je lui ai dispatché la Monica citée plus haut, et il a passé le reste de la soirée avec.

sxsw3-241.jpgRendu là, j’étais ben trop chaud mais j’ai tout de même continué à boire. Voyez le genre… Maintenant je vous laisse parce qu’il faut vraiment que je me tape un power nap. Ce soir il y a encore plus de partys, une douzaine d’officiels et une quinzaine de non-officiels, dont le Great British Booze-Up et le party des Canadiens, South by Northwest.


9 mars 2008
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SXSW Day 2 – Work Hard & Play Hard


sxsw3-112.jpgAprès un réveil difficile (ouch) je suis allé à pied au déjeuner « canadien » organisé par le CIAC et le Consulat de Dallas. Des crêpes au sirop d’érable. Pas pire. J’ai volé une pomme verte sur la table. Je la garde en cas d’urgence.

Chaque jour à SXSW, arrive un moment où on tombe sur deux conférences potentiellement intéressantes à la même heure. Dans ce cas, on essaye de battre le système en faisant des aller-retours entre les deux salles. Mais c’est impossible quand la deuxième salle est déjà remplie à pleine capacité.

sxsw3-156.jpgC’est pourquoi j’ai manqué la conférence Managing Communities That Work avec les gars de Lego, Fox Interactive et AT&T. En revanche, j’ai eu beaucoup de plaisir avec Derek Powazek dans sa conférence Crowdsourcing For Creatives.

Il y avait peu de liens à faire avec ma situation dans Vinismo. Il parlait surtout de la création en ligne dans les sites comme Flickr, avec moult exemples d’expérimentations catastrophiques en crowdsourcing par les publicitaires. Les gens de marketing ne manquent jamais une occasion de se planter complètement en tentant de récupérer les dernières tendances communautaires du Web.

 align=Powazek a notamment mentionné la campagne de GM, « The Apprentice », où les internautes étaient invités à créer leur propre pub pour le camion Tahoe en ajoutant du texte sur des images pré-formattées. Mais au lieu de leur donner une liberté totale, GM les empêchait de sauvegarder leurs images ou de les placer sur un autre site, et interdisait tout mash-up ou remontage. Le résultat : ça leur a pété dans la face.

Après un dîner en langue française chez Manuel’s avec Sylvain Carle, Sébastien Provencher et Carl Mercier, j’ai assisté à la conférence d’ouverture de Henry Jenkins. Le « Professeur du Web » a encore livré une performance extraordinaire, avec sa longue-vue socio-critico-philosophique sur les tendances d’Internet.

sxsw3-217.jpgJe n’ai pas pu écouter Jenkins, car j’étais trop occupé à le photographier. Je suis allé ramper avec les autres photographes sur le tapis rugueux du Ballroom A, et j’ai manqué d’avoir un malaise à faire ces galipettes dans la chaleur.

Sur le côté de la scène, deux artistes dessinaient une grande toile de « mind mapping », c’est-à-dire un genre de tag cloud fait à la main, avec textes et illustrations, à mesure que Jenkins parlait avec Steven Johnson. Les deux femmes étaient très talentueuses – voir photos ci-contre.

sxsw3-228.jpgPlus rien ne m’intéressait après ça. Je suis donc allé m’étendre dans les sofas de la salle de presse, où j’ai rencontré Sean, le gars de Blogger.com (Google), dans la même position et au même endroit que l’an dernier, à pareille date. C’est décidément une manie chez lui, de me réveiller. Il organise encore le party de Blogger ce soir au Club De Ville. L’an dernier ça s’est terminé en averse du siècle. J’espère que ça ira mieux ce soir.

Après la traditionnelle bière dans le Brush Square en face du centre des congrès, je suis allé avec Geneviève Cardin au party de Google au club Light. C’est là que le concurrent Yahoo! avait organisé son party l’an dernier…

sxsw3-289.jpgLe club Light, tout en longueur sur deux étages, était vraiment paqueté. Ils acceptaient encore du monde alors que la capacité était dépassée depuis longtemps. Avec mon gros objectif de caméra et mon sac, je ne pouvais plus faire de virages dans la foule. Il fallait que je décide de mes déplacements à l’avance car je ne pouvais plus faire de virage avant le mur d’en face. Fallait tirer des bords stratégiques pour se rendre au bar.

Après ça on est allé avec Sylvain, Sébastien et Carl au party de Frog Design, qui avait lieu à l’extérieur dans la cour du musée d’histoire latino-américaine, d’une architecture splendide, mais sous un temps trop frisquet. Nous avons fait là le plus long line-up de notre vie, à discuter pendant une bonne heure avec Julien Smith et autres arrivants de nos connaissances, avant d’avoir droit à deux verres de piquette.

sxsw3-263.jpgMême chose au party officiel « 16 bit » de SXSW Interactive, à l’autre bout de la ville, où un line-up monstrueux nous attendait. Nous avons eu la chance de rencontrer, dans la file, trois filles d’Austin qui sont bénévoles pour le festival, et elles nous ont emmenés, Carl et moi, ailleurs en ville pour boire tranquillement – Sylvain est resté dans la file mais d’après ses Twits de ce matin, il n’a pas pu y rencontrer des adversaires à sa hauteur au billard. Après une pointe de pizza trash à cinq dollars, je suis rentré chez moi.


8 mars 2008
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SxSW Day 1 – Registration & Grosse Brosse


sxsw-1-of-1.jpgCe billet a le même titre que l’an dernier, même jour. Et pour cause. Je me suis enregistré, et j’ai pris une grosse brosse. Dans les mêmes bars, qui faisaient les mêmes partys (Brush Square, puis Six, Ginger, et le gros de la sixième rue où il y a plein de longues tables en bois pour jouer à un jeu local très bizarre).

Mais il y a une twist cette année. Au lieu de fréquenter des gens du congrès, je me suis acoquiné avec des locaux partout où j’allais. Il n’y a rien de plus facile: les gens d’ici sont extrêmement chaleureux. C’était très instructif. J’ai appris beaucoup sur la région, et je leur ai appris un peu sur mon propre pays. Genre d’échange culturel.

sxsw3-2-of-1.jpgÀ la fin, lors du party d’inauguration de la partie Cinéma du festival, j’étais un peu trop saoul. Disons qu’il faut que je surveille mes consommations davantage, si je veux dépasser minuit…

Pendant la journée, j’ai rencontré plusieurs membres de la délégation canadienne organisée par le CIAC, lors d’un dîner au chic Carmelo’s avec les gens de Patrimoine Canada et du Consulat du Canada à Dallas. Autour de la table, il y avait quelques professionnels d’ici spécialisés dans « l’entremettage » d’entreprises, si j’ose dire. Tous étaient habillés sur leur 31, sauf bien sûr les gens de Web.

sxsw-2-of-1.jpgIl fait beaucoup plus froid que l’an dernier à pareille date. Je suis un peu déçu. J’ai vécu un bref 25 degrés ensoleillé durant l’après-midi, puis le vent du Nord est arrivé… Patrick m’a dit que le pilote de son avion avait annoncé de la neige au-dessus de Dallas, en matinée. C’est rare.

Je ne sais pas si c’est le temps qui fait ça, mais j’ai pas eu la même euphorie que l’an dernier pour le moment. C’est ça le problème des « deuxièmes fois ». Et puis Evan n’est pas là – il est en train de déguster des vins argentins au festival Vendimia de Buenos Aires.

Wiki Communities vs. Wiki Cliques

J’ai assisté à une première table-ronde, Edit me: How Gamers Are Adopting The Wiki Way. Les panélistes se sont mis d’accord pour dire qu’une communauté Wiki est capable de se « protéger » et de se « policer » aussitôt qu’un groupe de membres passionnés prennent la responsabilité du site, qu’ils soient cinq ou 20,000.

Dans la période de questions, j’ai objecté que ce cercle vertueux pour la construction d’un contenu de qualité risquait parfois de tourner en cercle vicieux avec le développement de « cliques » qui intimident les nouveaux venus, comme on le voit dans certains articles jalousement gardés de Wikipédia. Vinismo n’a pas encore ce problème, mais j’aimerais savoir quoi faire si ça se produit.

Angie Shelton m’a répondu qu’un Wiki, c’est comme un gouvernement, avec les complexités inhérentes à la démocratie – et la grosseur explique la complexité du gouvernement (« Wikipédia est comme les États-Unis, d’autres Wikis sont comme Chicago, et d’autres comme un petit village »).

Mouais ! N’empêche que ça fait huit ans que les États-Unis sont gouvernés par une clique exclusive, justement…


6 mars 2008
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SXSW Day 0 – Sierra Nevada & A Good Sleep


Me voici de retour à Austin pour mon deuxième festival South by Southwest, cette fois-ci pour 12 jours (incluant les volets Interactif, Cinéma et Musique).

Finalement, il ne fait pas si chaud que ça. Une dizaine de degrés pluvieux depuis que je suis arrivé. Hier et demain, c’est plus de 20 degrés. Le T-shirt, ce sera finalement pour demain.

J’ai redécouvert avec bonheur les beaux oiseaux noirs urbains d’Austin, et leur chant complexe à n’en plus finir. La verdure est tout autour de moi, mais l’influx d’euphorie printannière que j’avais tant apprécié à ma sortie de l’avion l’an dernier n’a pas eu vraiment lieu aujourd’hui, à cause de la pluie.

J’ai encore loué une chambre chez l’habitant, cette fois-ci un peu à l’Est du centre-ville, 15 minutes à pied. L’an dernier, j’étais à 15 minutes en auto. Grosse différence.

Le couple qui m’héberge (des amis burners de Evan) sont bien sympathiques, et semblent capables de me donner le feeling local qui manque tant lorsqu’on réserve une chambre dans un hôtel impersonnel.

Je suis sorti un peu en ville pour manger un hamburger avec des frites, et boire une bonne vieille Sierra Nevada (son goût me rappelle toujours mes voyages dans la Baie de San Fracisco). J’ai pas encore eu la chance de goûter à nouveau une Fat Tire du Colorado (la bière que je bois sur ma page « À propos »).

J’ai jasé un peu avec deux locaux, qui m’ont dit qu’ils avaient voté pour Ron Paul aux primaires de mardi, mais qu’ils détestaient le parti Républicain, la guerre en Irak et le président actuel. Étrange Ron Paul, étranges texans.

Mais c’est fini la bière pour ce soir. Je m’en vais fêter pendant 12 jours d’affilée, alors autant ne pas abuser dès la veille du premier soir – Jour Zéro, comme l’indique l’illustration de ce billet.

Je me fais donc une petite soirée relax en attendant le débarquement massif des festivaliers, demain. Les inscriptions et la remise des badges ont lieu demain après-midi. Après ça, c’est parti pour le « spring break of the geeks ».

Dès midi, nous avons rendez-vous au restaurant avec quelques geeks texans, dans un dîner organisé par la Canadian Interactive Alliance (CIAIC). Outre mon statut de correspondant pour La Presse, je fais aussi partie de la délégation canadinne organisée par le CIAIC, en tant que co-fondateur de Vinismo.

Pas de conflit d’intérêt ici : en tant que journaliste, je ne couvre que la partie Musique du festival. Pas d’article techno en vue. De toutes façons, les tendances et les problématiques abordées ici sont un peu trop avancées et/ou embryonnaires pour que Nicolas-le-journaliste en parle dans le journal. En revanche, elles sont passionnantes pour Nicolas-le-geek et Nicolas-l’entrepreneur-Web.

À partir de demain, je vais reprendre la formule de mon blogue sur SXSW de l’an dernier où je diffusais un billet récapitulatif de mes rencontres chaque jour, avec moult photos. Rendez-vous demain soir, donc.


5 mars 2008
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Your taxes at work


cols-bleus-en-action-56.JPGUn ramassage de la neige était annoncé ce soir sous ma fenêtre, entre 19h et 7h. Trois automobilistes avaient choisi de rester stationnés malgré l’interdiction.

Après un avertissement sonore de quelques minutes, deux pick-ups non identifiés transportant quatre (!) employés se sont arrêtés près de ces véhicules, accompagnés d’un towing. Une femme est sortie pour poser une contravention sur chaque véhicule, puis une longue attente s’est ensuivie.

Pendant de longues minutes, les deux pick-ups ont effectué plusieurs passages en sens interdit sur deux rues d’affilées, pour une raison inconnue, avec une conduite relativement brusque (en tout cas dangereuse si un véhicule était arrivé en sens inverse, c’est-à-dire dans le sens légal).

cols-bleus-en-action-30.JPGAprès avoir ainsi tourné en rond, l’un d’entre eux s’est arrêté brusquement en diagonale dans le sens interdit de la rue. Il semble qu’il voulait bloquer l’auto d’un citoyen qui venait d’arriver, et qui voulait déplacer son véhicule à temps avant le remorquage.

Le citoyen s’est mis à parlementer avec l’un des employés de la Ville (ou ses sous-traitants, on ne sait plus trop). Je n’ai pas très bien compris la suite, mais ça a été très vite.

cols-bleus-en-action-46.JPGSoudain, deux grosses pelleteuses et quatre (!) véhicules à chenille de trottoir se sont arrêtés en rang serré près de la scène. Après quelques échanges de mots, le pick-up qui bloquait la rue laissait le citoyen sortir de son stationnement pour aller se stationner ailleurs (le pick-up est reparti en trombe dans le sens interdit, cela va sans dire).

Ces six (!) véhicules de la Ville, accompagnés des trois arrivés précédemment, donc neuf (!) véhicules au total, sont ensuite restés arrêtés, toutes lumières dehors, tous moteurs allumés, pendant au moins quinze minutes, en empêchant les automobilistes « normaux » de passer.

Pendant ce temps, j’ai entendu le citoyen de tantôt appeler la police au téléphone, sous ma fenêtre. Il a dit avoir été insulté et physiquement agressé par un des gars des pick-ups (vous me suivez ?).

cols-bleus-en-action-66.JPGLes policiers sont arrivés et ont recueilli sa déposition, alors que deux pelleteuses et trois chenillettes regardaient la scène de tous leurs feux, alignés en rang d’oignon comme pour charger l’ennemi.

La quatrième chenillette, pendant ce temps, a entrepris de déneiger sept (!) fois la portion de trottoir sous ma fenêtre, à grands coups de virages et d’accélérations brusques, sans ramasser aucune neige.

cols-bleus-en-action-58.JPGC’est que j’ai oublié un détail dans mon histoire : il n’y a quasiment pas de neige sur le sol ce soir. C’est cette nuit et demain qu’elle va tomber (20 à 30 cm selon les prévisions).

C’est pourtant ce soir que les déneigeurs ont entrepris de déneiger la neige inexistante, avec deux pelleteuses et quatre chenillettes. Sans compter deux énormes déneigeuses à rateau central qui sont passées l’une derrière l’autre sur le béton nu, pendant que j’écris ce texte, soit une demie-heure après les faits relatés ici.

Cela fait onze véhicules inutiles au total, en une heure. Parce qu’il est très tard, tout ce petit monde est payé au tarif syndical des heures supplémentaires, malgré l’absence évidente de neige.

cols-bleus-en-action-51.JPGPendant tout ce temps, j’ai pris des photos. Un des gars du remorquage m’a repéré et s’est arrêté sous ma fenêtre pour me filmer. Je lui ai fait un sourire et un signe de la main en le prenant en photo à mon tour, et il m’a rendu mes sympathies.

Plus loin, le front des pelleteuses unies, tous feux et moteurs dehors, continuait à observer la déposition du citoyen auprès des policiers.

cols-bleus-en-action-61.JPGPendant un moment, pour tuer le temps, les deux pelleteuses se sont mis à jouer. Leurs conducteurs se sont amusés à entrechoquer leurs pelles l’une contre l’autre, comme deux petits garçons dans une cour d’école, mais avec des vraies pelleteuses, sur la voie publique.

N’écoutant que mon courage, j’ai décidé de m’ajouter au cirque ambiant en allant jouer le journaliste. Je suis sorti avec mon calepin et mon stylo. Manque de chance, le temps de sortir de l’immeuble, tout le monde était parti. Ça me fait chier d’être sorti trop tard – j’aurais pu vous donner plus de détails en parlant au citoyen. Seuls restaient les deux policiers, qui ont embarqué l’un des conducteurs de chenillettes. Il y a tout de même une justice. Un peu.

J’ai hâte de voir si les déneigeuses seront aussi nombreuses demain, avec 30 cm de neige accumulée au sol. En fait, la neige a commencé à tomber abondamment alors que je termine ce texte, 30 minutes après le passage des deux dernières déneigeuses sur le béton nu.

P.S. : les deux pick-ups du début de mon histoire appartiennent à la compagnie Perreault Remorquage, (514) 821-3195. Leur logo est un petit diable au sourire revanchard, armé d’un trident. Si vous cherchez un service de remorquage qui n’a pas peur des sens interdits et des citoyens récalcitrants, Perreault est votre homme.

Mise à jour : Ce soir (le lendemain), Radio-Canada indique que la Ville a déjà épuisé son budget de déneigement de 2008 – prochain hiver inclus. L’a-t-on au moins bien dépensé ?