Ce mois-ci dans Nightlife Magazine, je publie un dossier «techno-écolo»: quoi faire avec vos vieilles machines électroniques, et quelles sont les plus écolos sur le marché présentement?
À noter que ma rubrique fait maintenant partie d’une nouvelle section judicieusement appelée «Mash Up», qui mélange culture urbaine, techno, voyages, sexe et sports. (une de ces disciplines ne fait pas partie de ma vie, devinez laquelle).
Sans doute à cause de cette restructuration, mes articles n’ont pas été publiés sur le site Web. Voici donc un aperçu de la version papier.
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SILICON GALLERY
Un fer à souder, quelques dollars et beaucoup de créativité : c’est tout ce qu’il faut à Mouna Andraos pour donner de nouvelles fonctions inattendues aux composants électroniques.
Les vieux magnétoscopes, imprimantes et autres circuits imprimés font le bonheur de cette récupératrice de la techno, qui exposait ses créations à la galerie La Centrale dans le cadre du festival Elektra, le mois dernier.
Les passants étaient invités à interagir avec une boîte à musique steampunk à travers la vitrine de la galerie, recharger leurs cellulaires en tournant une manivelle tout en dégustant un verre de vin, ou prendre un cours de «couture électrique» avec l’artiste, qui expérimente tous les matériaux conducteurs d’électricité.
Issue de l’univers du Web et de la vidéo, Mouna Andraos a décidé il y a quatre ans de se lancer dans l’exploration de nouvelles interfaces entre l’humain et la machine. «J’avais envie de technologies plus tangibles, qui interagissent avec le monde physique», résume l’artiste, qui invite les gens à l’imiter en prenant un petit cours d’électronique sur son site ElectronicCrafts.org.
«L’électronique m’inspire à en faire émerger autre chose que la productivité, en créant des objets qui permettent d’interagir humainement. J’exprime aussi les enjeux environnementaux de ces machines. Il y a plein de choses dans ces grosses boîtes mystérieuses que l’on peut récupérer et réutiliser, pour leur donner un nouveau cycle de vie », explique Mouna Andraos.
«L’électronique, ce n’est pas si compliqué que ça. Il y a toute une communauté d’artisans électroniques qui sont prêts à vous aider à construire vos propres créations.»
Pour les artisans électroniques en herbe, Mouna conseille d’aller faire un tour sur les sites Instructables.com et Makezine.com, ou d’assister aux rencontres du collectif montréalais Electronix, qui se feront un plaisir de vous donner tous leurs trucs.
Et surtout, Mouna vous invite à regarder deux fois vos vieilles machines avant de les jeter. «Il y a plein de choses à faire avec des vieux claviers, des numériseurs, des magnétoscopes, des imprimantes… En les démontant, on a accès à des moteurs de qualité, des structures pour créer du mouvement, tout cela peut être réutilisé.»
Mouna veut maintenant s’aventurer dans la bijouterie électronique, avec le collier Address dont elle a réalisé trois prototypes. Il s’agit d’un pendentif muni d’une batterie et d’un GPS, qui indique en tout temps à combien de kilomètres le porteur se trouve par rapport à son «point d’ancrage» – qui peut être n’importe quel endroit dans le monde.
«On peut faire des tas de bijoux avec les semi-conducteurs, dont certains sont très beaux. Mais j’essaie d’aller plus loin en les rendant fonctionnels : des bijoux qui s’éclairent, qui s’illuminent, qui bougent, ou qui affichent des informations.»
Au bout du compte, il s’agit pour Mouna de redonner une vie à des objets que leurs concepteurs avaient destinés injustement à une mort prématurée. «Les ingénieurs font souvent de l’obsolescence programmée. Votre iPod arrête de marcher du jour au lendemain, et vous ne savez pas pourquoi, alors vous le jetez et vous en rachetez un autre. Moi, j’invite les gens à ouvrir la boîte et récupérer ce qu’il y a dedans. Ces objets font maintenant partie du vocabulaire de notre environnement esthétique.»