28 septembre 2009
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Avocats flyés


Retour à la normale après mon dernier billet qui a suscité beaucoup de réactions. Hé oui, faut bien continuer le quotidien…

Marie-Josée Cantin, avocate des vedettes d'HollywoodEn toute humilité, je viens de publier mon meilleur feature de l’année dans le magazine National de l’Association du barreau canadien, en reprenant une méthode déjà employée jadis dans Elle Québec qui consiste à présenter chaque portrait avec un style narratif adapté à son objet.

Dans ce dossier (PDF 835k), je présente cinq jeunes avocats qui ont choisi de mener leur carrière hors des sentiers battus (c.à.d. hors des grands cabinets).

Mes cinq avocats «flyés» sont Marie-Josée Cantin, la néo-Californienne qui défend les vedettes ; Jeremy Waiser, l’assistant du procureur au tribunal de l’ONU en Sierra Leone (sans doute l’entrevue la plus intense de ma carrière en termes de meurtres, démembrements, mutilations, viols et compagnie) ; Mélanie Joly, qui a rebooté sa carrière deux fois pour devenir relationniste après un détour chez Radio-Canada ; et Marci Surkes et Grégoire Webber, qui s’affrontent sans le savoir par recherches interposées entre le bureau de l’Opposition officielle et le Bureau du conseil privé à Ottawa.


25 septembre 2009
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Lettre à Isabelle


Isa,

C’est la deuxième lettre publique que je t’écris et je sais que tu ne la liras pas non plus. Tu as toujours fermé les yeux sur les écrits qui risquaient de te faire du mal, pour te protéger des autres et peut-être bien de toi-même.

Hier, tu as fermé les yeux pour de bon.

Je suis en colère contre toi, contre nous tous aussi, parce que tu nous avais tous prévenus depuis longtemps. On savait tous que ça allait se passer. C’était écrit dans le ciel, dans tes livres, dans tes lettres, dans ton dossier médical.

Quand mes collègues de Radio-Canada et La Presse m’ont téléphoné à 10h30 hier soir, je savais très bien de quoi il s’agissait avant même de décrocher.

Je me suis aussitôt rendu à l’entrée de ton immeuble, chère voisine si peu souvent croisée, mais tu n’étais plus là. Tu n’étais plus là depuis longtemps.

On ne s’est pas parlés depuis si longtemps, tout ça me semble si loin dans le passé, la gang du Bily Kun et Mister Bad, JF, mon appart sur Rachel et le tien sur Sherbrooke entre des pierres noires…

La dernière fois je t’avais dit de ne plus me parler pour te protéger, car on me l’avait formellement ordonné pour éviter que tu poursuives tes tentatives. Je ne m’étais jamais rendu compte de rien, et soudain ça me semblait évident. Je n’ai jamais compris pourquoi je t’avais fait cet effet-là. Et je ne pouvais rien y faire.

Déjà dans tes années de queues, comme tu dirais, tu te détruisais un peu plus chaque jour. Sexe mondain, drogue mondaine, boisson mondaine, tous paravents pour tuer l’angoisse du monde en attendant qu’elle te rende la pareille, inexorablement. Même tes plus chères amies n’ont pu la retenir, pourtant si généreuses et protectrices et solidaires et aimantes. Tout cela était prévu, écrit, annoncé, il ne manquait que la date. Et je n’ai rien pu y faire, je n’étais plus dans le portrait de toutes manières depuis bien longtemps.

Toi, tu n’as jamais vu les choses comme nous. Toutes les choses qui nous paraissaient si simples te rentraient dedans cruellement. Que puis-je faire? Qu’aurais-je pu faire? Impuissance de merde.

Je pense à tes parents qui doivent vraiment être désespérés, et à ton chum que je ne connais pas mais qui a eu le malheur de vivre une expérience que j’ai failli vivre dix fois, à Heidebicque et Bazou, et à tes amies qui te serraient si fort contre elles, mais qui n’ont pu t’empêcher de glisser.

Je suis en colère et en peine. Tout ça est si loin dans le passé, et à la fois si proche soudainement.

Je te souhaite d’être enfin heureuse.

Je t’embrasse pour toujours.

-Nico


20 septembre 2009
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Ma journée de cowboy à Saint-Tite


Cowgirl et son chienDe retour de Saint-Tite où avait lieu le festival Western qui réunissait pour sa 42ème édition plus de 500,000 amateurs de cowboyeries, j’ai découvert que j’étais décidément une sacrée moumoune.

Lors de la finale du rodéo aujourd’hui, nous avons eu la chance, mon ami David et moi, de nous installer dans la «chute» avec les cowboys.

La «chute», c’est l’équivalent du puits en Formule 1, là où ils enfourchent les chevaux sauvages devant nous avant qu’on leur ouvre l’enclos.

Cowboys sur une fontaine à leur gloire

Je me suis supris à sursauter des dizaines de fois dans la violence des chocs autour de nous, petit urbain frêle aux ailes fragiles, pendant que les locaux demeuraient placides.

Les chevaux en panique, visiblement stressés dans leur mini-enclos avant le coup d’envoi, se câbraient et donnaient des coups de fers arrières d’une puissance extraordinaire sur les portes en métal à 2 mètres de moi. Les explosions pyrotechniques frappaient violemment nos tympans, excitant davantage encore les animaux.

L'âme insondable du cowboy

Et les cowboys, ah les cowboys ! Je les ai vus de près, moi. De sacrés personnages.

C’est le genre d’hommes qui ne parlent pas beaucoup dans la vie, qui agissent sans broncher, avec un regard d’une intrigante mélancolie qui semblait trahir de profondes réflexions intérieures, enfin je crois.

J’ai fini par comprendre pourquoi les cowboys se préparaient avec tant de solennité quand j’ai vu ce qu’on leur demandait de faire.

Comment faire revoler un veau

Une fois leur enclos ouvert, ils étaient aussitôt précipités dans l’arène sur le dos d’un monstre de colère et d’énergie qui ne demandait qu’à se débarrasser d’eux.

À noter que le cheval continuait à courir avec la même panique furie une fois son cowboy tombé ; il fallait la technique hautement précise des gardiens montés de l’arène pour le ramener à l’enclos.

L’an dernier, durant la finale, l’un de ces chevaux était si énervé qu’il est parti en furie avec une corde autour de la cuisse, qui la lui a sectionnée aussitôt sorti. Il a dû être abattu devant tout le monde quelques secondes plus tard.

Le cheval volant

Ma seule expérience du cheval se limitant à quelques balades dans la campagne française sur le dos de bourrins très dociles, je peux dire que j’ai été surpris par l’énergie, et surtout la vitesse de galop des chevaux réunis à Saint-Tite.

Évidemment, tous les cowboys sont tombés de leur monture à un moment ou l’autre. Mais rassurez-vous : comme l’a rappelé l’animateur au micro, «ya pas un cowboy qui sort d’ici la tête basse !».

10 secondes plus tard

En dehors du rodéo, le festival de Saint-Tite est plutôt pépère. On y voit simplement des milliers de personnes habillées en western, pour la plupart âgées, qui se promènent entre les commerçants de T-shirts quétaines, de chips et hot-dogs, de queues de castor et de Molson Ex (seule bière distribuée durant l’événement).

Partout autour, dans les stationnements, les champs, les cours arrières des domiciles : des véhicules récréatifs et des roulottes par centaines.

Une mauvaise posture.

Aussi, beaucoup de petits chiens de poche vêtus d’oripeaux roses, reliés au poignet de maîtresses d’âge vénérable qui se sont encowboyées (ou plutôt encowgirlées) spécifiquement pour cette occasion.

Faqu’après 4-5 heures, ça faisait. On est parti en évitant le gros trafic vers Hérouxville (capitale québécoise du racisme, vous souvenez-vous?) puis Trois-Rivières, où nous avons pris un hamburger plus ou moins bon à la terrasse du lounge Carlito, rue Des Forges.

Trois-Rivières possède un centre-ville magnifique, rempli de bâtiments splendides allant du style Nouvelle-France au style industriel d’avant-guerre façon montréalaise.

To Catch A Cow

Les rues trifluviennes offrent beaucoup de terrasses et des promenades fort agréables, et son front de fleuve est extrêmement bien dessiné pour les visiteurs.

Cela dit, j’ai eu le même malaise qu’à Saint-Tite, à Jonquière ou partout ailleurs qu’à Montréal ou Québec : une absence totale de représentants de ma génération.

Il semble que tous les gens de 20 à 40 ans ont déserté les régions du Québec, et ceux qui ont moins de 20 ans attendent juste la première occasion pour le faire. On ne les voit nulle part, ou presque.

Enfin, je peux sortir mon chapeau!

Disons que les trentenaires représentent 0.2% des gens qu’on croise dans la rue en Mauricie, alors que sur le Plateau on frise le 70% et les baby-boomers sont quasiment absents du décor. Je ne sais pas ce que Statistique Canada dit de tout ça, ça ne doit pas être si terrible, mais c’est en tout cas ma perception. C’en est même choquant.

En tout cas. Aujourd’hui, j’aurai enfin pu me promener toute la journée avec mon beau chapeau de cowboy acheté au Texas en ayant l’air parfaitement normal dans le décor.

MISE À JOUR 22-09: Suite à quelques malentendus je tiens à préciser que c’est bien moi qui prend toutes les photos diffusées dans ce blogue.