6 février 2010
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Le gars le plus bronzé de Vancouver


Trois mois et demi, c’est long. Je suis parti le 1er novembre, et ça me paraît déjà si loin. Dans deux jours, je vais revoir la neige pour la première fois depuis très longtemps.

Ce n’est pas la neige de Montréal qui m’attend, mais celle de Whistler, où je vais couvrir les Jeux Olympiques pour le portail Sympatico, du 12 au 28 février (vous pouvez déjà voir ma section réservée).

Ensuite seulement, je reviendrai à la maison, back in business pour mes clients qui, je l’espère, ne m’ont pas oublié ni remplacé durant mon voyage. Je vais revoir ma douce princesse Fouffy qui a passé l’hiver chez matante Stéphanie dans le Grand Nord (à Rosemont), et mes plantes dont Jo-Annie s’est généreusement occupée durant mon absence. Je vous aime, les filles!

À mi-chemin entre l’Asie et l’Occident, Vancouver m’offrira une transition idéale pour revenir en douceur. Mais j’y serai pour travailler, alors la partie «vacances» de mon voyage est définitivement terminée.

Ce long séjour en Asie du Sud-Est était un test. En tant que travailleur autonome, je voulais voir si je pouvais fuir la dépression hivernale, et retrouver mes clients et mes revenus à mon retour. Si ça marche, je recommencerai chaque année. Pourquoi attendre la retraîte pour jouer les snowbirds?

Toute la difficulté de l’opération consiste à retrouver mes clients quand je reviens après trois mois d’absence, surtout que je me suis endetté à force de dépenser comme un bourgeois.

À ce titre, ma collaboration à Sympatico tombe à pic, puisqu’elle va me replonger dans le travail aussitôt rentré au pays. Après ça, j’espère bien retrouver le rythme de travail infernal d’avant mon départ.

Ce n’est pas qu’une queston d’argent. J’aime mon travail. Après quelques années de galère, je suis fier d’être devenu un workaholic super productif. Tant que j’arrive à produire de la qualité et du volume, je ne compte pas les heures, week-ends inclus.

Ça fait trois mois et demi que je branle rien, à part me balader, m’amuser et prendre des photos. Jamais plus d’une ou deux tâches par jour: sous le soleil des tropiques, on se doit d’être lent et patient. Bref, rien à voir avec mes journées montréalaises.

J’ai bien essayé de faire des contrats à distance pour quelques clients, mais je sentais bien que le climat ralentissait mon cerveau. Trop chaud, trop mou. Sans parler du décalage de 12 heures, qui rend les réunions téléphoniques difficiles. À 22 heures après deux bières, j’ai du mal à synchroniser mon humeur avec mes clients de Montréal qui prennent leur deuxième café du matin.

Vais-je être capable de retrouver mon rythme d’antan? Je le souhaite fort, car toutes les plages paradisiaques du monde ne remplaceront jamais le plaisir de remplir mes journées d’un travail accompli. Je suis comme ça. Pas capable de glandouiller, fut-ce sous les cocotiers.

Durant ce voyage, j’ai découvert de nouvelles cultures, j’ai peaufiné ma débrouillardise, et j’ai appris à trouver du plaisir dans la solitude et le mutisme. J’ai rencontré plein de gens intéressants d’une auberge à l’autre. J’ai vécu des expériences magiques, d’autres insupportables.

J’ai vécu beaucoup de joies – et beaucoup de colères aussi. C’est normal quand on vient pour la première fois par ici, on tombe dans de nombreux pièges, aussi malin et préparé que l’on soit. Ça m’aura permis d’explorer les facettes de ma personnalité face à des sentiments nouveaux. Bref, l’aventure, quoi!

Mon voyage était-il trop long? Aurais-je du explorer davantage de pays plutôt que de me poser deux semaines à chaque endroit? Ce qui est fait est fait.

Quel que soit le circuit choisi, je crois que le but du départ a été atteint: m’évader au bout du monde jusqu’à oublier ma chère Montréal, pour mieux l’embrasser à mon retour avec une passion renouvelée, sans voir ses pustules hivernaux.

Je compte bien recommencer l’expérience, mais cette fois-ci en Amérique du Sud, où les fuseaux horaires sont plus pratiques pour le travail à distance, et où je croiserai beaucoup moins de saoûlons anglo-saxons torse-nu (désormais la race que j’haïs le plus au monde). Le projet est lancé! Première étape: prendre des cours d’espagnol dès mon retour. Vous avez de bonnes adresses pas trop chères?


1 février 2010
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A Love Letter to Crocs


Les Crocs sont les sandales que tout le monde adore haïr. Tombées en désuétude aussi vite qu’elles avaient connu le succès, ces bouses de plastique massives ne m’ont pourtant apporté que des bénéfices durant mes trois mois de voyage en Asie – loin devant les autres sandales.

Bénéfice 1: Les Crocs ne sont pas si laides que ça

Qu’on se le dise : je suis soucieux de mon image. Même dans la plus débauchée des îles tropicales, vous ne me verrez jamais faire les magasins en camisole pourrie, ou dîner au restaurant en culottes de sport. Je respecte les gens en évitant de les choquer par mon image. Je suis prêt à souffrir, en jeans serrés sous 35° au soleil s’il le faut. Pour moi, c’est une question de discipline. Dont je suis fier. Ma seule entorse à cette discipline, ce sont les Crocs. Je le sais que vous les trouvez laides. Mais le sont-elles tant que ça? Si on se met dans le contexte du voyage, je croise tellement de gens mal habillés, hippies de carnaval, hooligans en vacances, mononcles pervers, etc. Si on considère que le reste de mon look est plus propre et respectueux que tous ces gens, me semble que mes pieds ont droit à une petite excentricité… C’est ça pour moi les Crocs: une excentricité. Si le reste du look est propre, alors ça passe très bien. Et de toutes façons, en Thaïlande on passe son temps à retirer ses chaussures partout…

Bénéfice 2: les Crocs donnent zéro douleur

J’ai tout essayé durant mon voyage: les Havanaias avec le petit drapeau du Brésil dessus (vous les aimez celles-là, hein!), les Hush Puppies avec semelle ergonomique, les snickers d’été… Soumises au test du voyage intensif, toutes ces paires m’ont fait souffrir en moins d’une semaine, avec sang et blessures profondes. J’étais rendu à porter les unes pendant que les blessures des autres cicatrisaient. Et puis j’ai découvert les Crocs. Jamais eu mal avec les Crocs. J’ai fait des kilomètres, dans la chaleur, la sueur, la mer et la terre. Jamais rien senti. Je n’ai même pas besoin de forcer des muscles inhabituels pour qu’elles tiennent en place, comme c’est le cas avec les autres modèles. En fait, ce sont les seules sandales que j’oublie quand je les porte.

Bénéfice 3: les Crocs sont antichoc

Quand on voyage dans le Sud, on court 10 fois plus de risque de se péter les orteils. Les rues sales et collantes, les obstacles inattendus, les roches, la circulation, les transports collectifs sont autant d’ennemis à combattre pour un petit gars distrait sorti de son confort montréalais. Avec les Crocs, envoyez-en! Pas de problème. Combien de fois j’ai glissé ou heurté mes pieds contre des obstacles qui m’auraient déchiré de douleur si je n’avais pas eu mes Crocs? Avec les Crocs, on peut bûcher aussi fort qu’on veut sur ce qu’on veut, s’appuyer sur un pot d’échappement brûlant… rien n’arrive ! Sous leur apparence molle, les Crocs sont en béton.

Bénéfice 4: les Crocs vont partout

Légères, anti-dérapantes, bien accrochées au pied grâce à un design ingénieux, les Crocs peuvent être portées indifféremment pour la marche, la course, l’escalade, le bateau, la moto, et même la baignade. Plongez dans la mer en Crocs, vous ne les perdrez pas. Et si vous marchez sur des coraux, vous serez contents de les avoir.

Bénéfice 5: les Crocs vont plus vite

Lors de mon trekking en montagne à Chiang Mai, j’ai gravi des sentiers interminables parsemés de roches, de pentes sableuses à pic, de ruisseaux boueux. Mes camarades touristes avaient prévu leurs chaussures de marche dispendieuses, et je suis sûrs qu’au début, ils riaient sous cape de me voir en Crocs. C’est moi qui ai ri le dernier. Je suis un des rares membres du groupe à ne pas m’être planté une seule fois. Quand les autres glissaient, j’avançais bien agrippé. Quand ils faisaient la file sur un pont précaire, je prenais un raccourci directement dans l’eau. Définitivement, je recommande les Crocs à tout le monde. Et je compte bien garder les miennes pour mes futures aventures. Seule question: irais-je jusqu’à les porter cet été sur le Plateau? C’est à voir.