
Je suis maintenant Divemaster PADI, après 4 semaines de plongée intensive dans l’île de Roatán au Honduras.
Il y a un an, je faisais ma première plongée à vie parmi ces mêmes coraux flamboyants, entouré d’une splendide faune marine que je n’avais jamais vue d’aussi près.
Après quelques plongées-loisir cet hiver en Thaïlande, je suis revenu sur les lieux de ma première piqûre pour miser tout mon temps et mon énergie dans la conquête du Divemaster. Sous la direction de mon instructeur et ami Guillaume, j’ai fait un stage de plongée intensif au dive shop Las Rocas, sur la plage de West Bay.
Tous les jours, des bouteilles à porter par dizaines. Des équipements à organiser, installer, laver, sécher, replacer. Des bateaux à amarrer. Des clients à servir avec le sourire. Et bien sûr, des instructeurs à traiter aux petits oignons.
Ce travail de larbin fait partie de la formation. C’est en jouant l’Instructor’s Bitch qu’on apprend comment fonctionne un centre de plongée de fond en comble. On développe alors une logique qui devient naturelle dans la gestion des équipements et la supervision des plongeurs.
Grâce aux efforts de Guillaume, qui se transforme en maître absolu de mon destin entre les latitudes 16 et 17, j’ai progressé énormément dans mes techniques, mon style et ma compréhension de la plongée, tant pratique que théorique.
Plus de place pour le tourisme: j’étais là pour les autres plongeurs avant tout, à les surveiller, les guider, leur démontrer des compétences, les faire descendre s’ils montent, les faire monter s’ils descendent. J’ai aussi appris à moins faire confiance à mon équipement et imaginer toutes sortes de problèmes et leurs solutions.
On a quand même pris le temps de s’amuser un peu. Je suis retourné deux fois dans la belle épave de l’Aguila, et je suis tombé à 50 mètres dans le splendide Hole in the Wall histoire de prendre une bonne baffe de narcose à l’azote.
J’étais déjà maître ès arts, me voilà maître ès plongée! Pour tout avouer, j’aurais besoin de pratiquer encore pour réellement devenir un professionnel efficace. Quatre autres semaines ne m’auraient pas fait de mal…
Mais il faut bien que je revienne m’occuper de ma carrière, déjà que mes clients ont fait preuve d’une grande patience à me voir partir comme ça dans le Sud, à peine 6 mois après mes 4 mois de vacances de l’hiver!
Il est temps de revenir au «vrai» boulot parce qu’entre nous, si la certification Divemaster me permet de travailler dans n’importe quel centre de plongée au monde, ça restera un fallback position chichement payé au cas où chu vraiment, vraiment dans la merde. Et comme me disait Guillaume, ça me fait un ajout à la liste des choses que je suis capable de faire dans la vie. Hum.
Et le Honduras dans tout ça? Fidèle à lui-même. Chaud, sale, bordélique, vide de sens, un peu déprimant même. Je n’ai même pas pris le temps d’aller explorer la jungle comme l’an passé. Désolé, c’est ainsi. En dehors des beaux palmiers, le Honduras, finalement, c’est sous l’eau qu’il est le plus beau.