15 novembre 2009
Posté dans Voyages
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Bangkok: Welcome to the Jungle


Ah Bangkok… Par où commencer? Expliquer Bangkok, c’est comme expliquer Montréal: c’est plus ou moins séduisant en photo, mais on tombe sous le charme une fois qu’on y est.

Pour commencer, c’est une affaire de vibe. D’images, mais aussi de sons, d’odeurs, de contacts… Tous les sens sont en éveil dans cette métropole tropicale qui mixe avec virtuosité la richesse et la pauvreté, la rapidité et la lenteur, la folie et la sagesse.

C’est pas compliqué: Bangkok est un zoo. On utilise souvent l’expression «jungle urbaine» pour faire branché, mais ici elle s’applique pour vrai, incluant le climat. Le mélange des espèces, la sueur qui coule partout, les bruits à n’en plus finir, la saleté, le bordel né d’une totale absence de planification, et tous les charlatans à chaque coin de rue qui veulent vous vendre des putes, des tours en taxi, des massages, des costumes… (dans cet ordre).

Beaucoup plus Jungle que le L.A. chanté par Guns’n'Roses.

C’est aussi une affaire de gens. Le sourire légendaire des Thaïs est au rendez-vous. Par exemple, c’est le genre à vous accompagner tout le tour du bloc si vous demandez votre chemin sur le coin de la rue (un peu comme les Japonais mais la comparaison s’arrête là). Ils sont souriants et amicaux, vous taquinent et vous tapotent le bras pour un rien, comme ça, en deux minutes. C’est l’âme thaï. Ça a un même un nom (Suskit ou quelque chose du genre), le Sanouk, un art de vivre qui consiste à toujours prendre la vie du bon côté, même dans les pires corvées. Alors ils plaisantent sans cesse, même quand ils essaient de vous crosser. C’est charmant.

Mon problème : difficile de rencontrer un Thaï sans qu’il ait quelque chose à me vendre, directement ou plus subtilement (comme les fameuses « thai girlfriends », fiancées à salaire que l’on voit au bras de nombreux Occidentaux qui n’ont pas une tête à les mériter).

Même règle qu’à Cuba ou au Mexique : si quelqu’un connaît l’anglais ou le français, c’est qu’il attend quelque chose de vous. Je peux comprendre, dans un pays où le salaire moyen est entre 300 et 500$ par mois pour un diplômé universitaire… Mais j’ai un peu de mal à leur faire confiance au-delà des sympathies.

Pour accéder à la «vraie» Thaïlande, celle où on n’a rien à vous vendre, il faut parler Thaï. Et ça mes amis, ce n’est pas donné à tout le monde. Leur langue est truffée d’intonations qui font d’elle une douce chanson ludique, mais qui la rend d’autant plus complexe. Au-cu-ne chance.

Alors je reste un Falang, aussi connu sous le nom de «walking ATM».

Falang un jour, Falang toujours

Parlant des Falangs, j’en ai rencontré plusieurs sortes. D’abord les expatriés, qui sont très nombreux à Bangkok. De tous âges et nationalités, on les croise surtout autour des luxueuses tours à bureaux du centre-ville. Ensuite, les touristes sexuels typiques, pour la plupart des hommes américains ou allemands qui se promènent au bras d’une chick super hot qui pourrait être leur petite-fille.

Ils ont généralement l’air d’un cadre moyen insupportablement BORING sorti d’un bungalow de la banlieue de Milwaukee ou d’Edmonton. Même avec leur belle chick, ils ont désespérément l’air triste et vide. D’ailleurs ce qui est intéressant quand on dîne à côté d’un de ces couples contre nature, c’est qu’ils n’échangent PAS UN MOT. Jamais. En revanche ils se tiennent la main constamment. Très franchement, ils me fascinent. Je suis obsédé par leur cas. C’est rendu que je les vois venir sur le trottoir de loin (un très grand et gros baby-boomer en bermuda de vieux, avec une petite et frêle brunette super lookée). Je poursuis présentement mon enquête à Phuket où je suis arrivé ce matin, et où je croise de tels duos tous les trente mètres (sans exagérer du tout). À suivre…

Enfin, bien sûr, il y a les touristes réguliers (quoique potentiellement sexuels), de partout dans le monde. Qu’ils soient hippies ou bourgeois, la plupart ont l’air très sympathique. Beaucoup de voyageurs à long terme, comme moi. Beaucoup de personnes seules, comme moi. Mais aussi des couples. Beaucoup de couples lesbiens, curieusement. Anyway, ils sont tous le fun à rencontrer parce que 1) quand on est seul on fait moins son difficile et 2) on a tous besoin de s’entraider pour naviguer entre les arnaques et connaître les meilleurs plans.

Pour le moment, j’ai dépensé beaucoup trop d’argent. Pourtant, tout coûte 3 dollars (ou 100 bahts) à Bangkok, qu’il s’agisse d’un délicieux Pad Thaï, d’une bière ou d’une course en taxi au bout de la ville. Mais 100 fois par jour… ça fait 300 piasses. Et croyez-moi, ils ont le don pour vider vos poches avant qu’on s’en rende compte.

Mais tout est si merveilleux ici. On voudrait tout acheter. À date j’ai commandé trois costumes sur mesure à trois tailleurs différents, tous recommandés par une relation (je vous donnerai le résultat de mes tests), j’ai acheté des fringues et une statue d’une déesse quelconque qui pèse très lourd.

Je suis maintenant dans le Sud où je prévois faire le tour des îles de rêve: Ko Phi Phi, Ko Pha-Ngan, Ko Tao. J’étudie la possibilité d’embarquer dans une croisière de plongée de trois jours dans la réserve naturelle des Îles Similan, pour nager avec les requins-baleines, requins-marteaux et raies manta. Un autre 500$ à débourser…


7 commentaires à «Bangkok: Welcome to the Jungle»


  • Corinne a écrit :

    L’art thaïlandais de prendre les choses du bon côté, en rigolant, de s’amuser de tout et de rien : c’est l’esprit « sanouk »… ;-)

  • Nicolas Ritoux a écrit :

    Oh oui merci! C’est corrigé.

  • Robin a écrit :

    Ooof. I forgot to give you my Chiang Mai recommendations before you left. Will you send me an email?

  • Fred Brunel a écrit :

    J’ai le «walking ATM» :)

  • Fred Brunel a écrit :

    Ok, trop vite, il fallait lire « j’aime »; mais tu aura corrigé de toi même.

  • anne campagna a écrit :

    Bonjour Nicolas,
    juste un petit mot pour te dire que c’est fantastique que tu fasses un beau voyage comme celui là, que tu t’accroches à la vie et ce, malgré l’épreuve que tu viens de vivre….je parle de Nelly…
    J’admire ton courage et te souhaite une bonne continuité. Tu donnes l’exemple de quelqu’un qui se tient debout malgré les tempêtes de la vie,wow!
    Anne Campagna

  • [...] y a plusieurs Thaïlandes en Thaïlande. J’ai vu celle de la jungle urbaine (link), celle des putes (link), et maintenant celle des [...]

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