15 mars 2009
Posté dans Voyages
Commenter »

SXSW Day 2 – Cold Rain & Mustachioed Man


Le meilleur BBQ en villeI came for the sun, and I stayed for the fun. Pour l’instant je n’ai pas eu l’ombre d’une caresse solaire sur ma triste peau d’hibernant du grand Nord. Ils disent que ça va monter à 14 aujourd’hui, mais je ne vois rien encore. Comme je n’ai emmené que du linge de printemps, je commence à ressentir des symptomes de rhume. L’alcool n’aide pas. Enfin, c’est supposé revenir au gros soleil à partir de demain. (Sigh…)

Pour l’action, en revanche, ça continue à brasser fort. Hier soir j’ai opté pour la vie locale plutôt que les partys SXSW. C’est si facile de rencontrer les Austinites, ce serait dommage de perdre mon temps dans un 5 à 7 bondé de geeks où j’ai une chance sur deux de tomber sur un gars qui me lance un long pitch de vente parce qu’il a vu ma passe de presse, ou de me retrouver dans une discussion trop technique.

Des gens très attentifs.Savez-vous que certains congressistes passent leur soirée à faire des « coding fests »? Genre à 10 dans un resto à coder sur leurs laptops? Wow, c’est le fun ça. On se demande bien pourquoi ils ne sont pas restés dans leurs villes respectives si c’est pour s’isoler dans le noir entre gros nerds. Here you have it: they’re nerds.

Hier soir donc, je suis d’abord allé manger un excellent ceviche avec mes vieux potes de Digital Planet (BBC) et leur productrice m’a fait l’agréable surprise de me payer la note. Méritais-je ce beau retour d’impôt du gouvernement britannique? Après tout, j’ai prêté serment à Sa Majesté…

L'inventeur de l'Ocarina pour iPhoneJ’ai rejoint Brian qui buvait une Fin du Monde au Ginger Man, et nous sommes allés sur une terrasse plus à l’Ouest où je fus immédiatement pris en charge par une Birthday Girl surexcitée qui m’a demandé, sous les yeux de sa famille, de lui peloter le derrière à des fins photographiques. Je me suis exécuté, humble serviteur de l’image. Puis son oncle m’a demandé de prendre discrètement des photos d’une copine de sa nièce qu’il trouve très belle, et de lui envoyer par courriel. Vous me connaissez, je ne porte pas de jugement. L’honneur professionnel avant tout, le client est roi, j’ai sorti mon télé-objectif et je lui ai envoyé ses photos. Bizarre tout de même… Mais il était touchant cet oncle, un vrai Texan urbain, moustache et tout, bien droit et découpé, un genre de Tom Selek si Tom Selek avait été avocat. Il m’a parlé de country, de ses peines d’amour, des filles à son bureau qui montrent toutes leurs orteils depuis qu’il a glissé par hasard l’autre jour qu’il aimait les orteils. Un « vieux beau » bien sympathique. Je prends note pour le futur.

Mind Mapping Tony Hsieh.Je passe sur le reste… Pour revenir à la raison de mon voyage (supposément), j’ai été voir deux conférences hier, en commençant par le keynote de Tony Hsieh (président de la boutique de linge Zappos). Un peu coincé le mec, mais il a de bons conseils pour ceux qui voudraient connaître la même croissance fulgurante que Zappos qui ne faisait pourtant que vendre des T-shirts comme des milliers d’autres sites.

Son truc, c’est de donner à chaque client un service exceptionnel, en plaçant le service à la clientèle au centre de son branding. Son centre d’appels, notamment, devient un instrument de branding: on ne cherche pas à se débarrasser des clients le plus vite possible, au contraire on décroche tout de suite et on parle le temps qu’il faut (le record établi est de 4 heures avec un seul client, disait-il). Les employés sont formés longuement pour adhérer à cette culture du service à la clientèle, même ceux qui ne travaillent pas en contact avec les clients. Côté entrepôts, on stocke constamment en misant sur le zéro back-order, et on expédie 24/7.  Finalement c’est la règle des trois C: clothing, customer service, culture. Ce dernier C est représenté par la transparence de Zappos sur la vie interne de l’entreprise: on montre tout en ligne, les photos de partys de Noël comme les vidéos de leur dernier match de soccer. Ça va chercher les avantages du « Random Voyeurism » dont parlais Willis la veille (voir mon blogue précédent).

Charlene LiEnsuite un panel : From Freelance to Agency, Start Small, Stay Small. Je pensais que ça m’intéresserait. C’était encore un de ces panels qui promettent de grandes théories, mais qui finissent en un ramassis d’expériences personnelles non transférables. C’est une maladie parmi les speakers ici. « Voici le plan qui a marché pour moi ». Très heureux de le savoir.

Ensuite un beau keynote: The Future of Social Networks avec Charlene Li, qui songe beaucoup à ces choses-là. « In the future, social networks will be like air ». Everywhere around us. Reste à ce qu’ils s’entendent entre eux pour faciliter les liaisons et notamment, le développement de profils transversaux type OpenID. J’attends.

Fatigué !!!Finis les yo-yo lumineux Google et les boîtes de menthes Facebook. Au trade show cette année, je n’ai eu droit qu’à des « recession freebies » : un gros tas de macarons et d’autocollants, et un coup de pied au cul. Franchement, un petit joujou moindrement fonctionnel ça vous arracherait le sang ? Mais je fus vite consolé par un beau disque dur externe Seagate de 500 Go, USB-powered, Firewire 400-800, que j’ai remporté dans un concours à la salle de presse. Héhé.

Je note en passant que Yahoo n’organise pas de party cette année. Dommage, c’était le best de SXSW d’habitude. Facebook non plus d’ailleurs. J’espère que Google fera quand même le sien ce soir. Mais surtout, j’espère que ce putain de soleil va finir par rétablir la chaleur. Tantôt un des gars de la BBC a twitté que ses co-twitteurs londoniens se réjouissaient de leur soleil printannier, pendant qu’il se les pèle au Texas…


14 mars 2009
Posté dans Voyages
Commenter »

SXSW Day 1 – Bad Design & Good Beer


AustinnessJ’ai une demie-heure pour vous dire que je n’ai le temps de rien faire tant j’en fais. Ça va dans tous les sens ! Je me suis couché tard hier et j’ai déjà manqué les panels de ce matin – mais je m’en fiche car je suis venu autant pour Austin que pour SXSW, et j’en ai bouffé du Austin hier soir, jusqu’à 3 heures du matin. Que les gens sont sympathiques dans cette contrée ! Je ne sais pas si c’est le magnétisme naturel du touriste excité, mais je multiplie les rencontres plaisantes d’un couloir à l’autre, d’un bar à l’autre.

Mais soyons sérieux. Première conférence hier dans une salle bourrée de 1000 personnes (et autant de laptops de l’année) : Everything You Know About Web Design Is Wrong, avec Dan Willis.

Une bonne idée des transports en commun d'AustinSoutenu par son expérience de prof de cinéma, Willis nous a expliqué que le Web se cherche encore, à la manière du cinéma au début du siècle dernier. De la même façon que les premières 30 années de cinéma ne produisaient que du « thatre in disguise », la majorité des sites Web que l’on trouve sur Internet sont encore du « print in disguise ».

La façon d’organiser la lecture, de prioriser la beauté sur la fonctionnalité, tout cela suit la logique des documents imprimés. Tu peux être aussi beau que tu veux, mais si tu n’es pas fonctionnel, ça ne sert à rien. Il a pris comme exemple le site de l’hôtel The Benjamin : ça a l’air d’être du Web moderne mais c’est un catalogue imprimé qui se déguise en site Web, et la fonctionnalité se retrouve reléguée dans une case en bas de l’écran. En outre, le site manque de nombreuses opportunités d’appliquer les règles de la « grammaire du Web » selon Willis:

- Random Voyeurism (people like to watch other people at their most honest and raw, and that content tells more about the product than any presentation).
- User-Generated Content (but DON’T TRY FIGHTING THE USERS because it will backfire).
- Ambient Awareness that relies on the whole experience over time rather than the quality of its components. For example Twitter, it’s like Mozart: both trivial and profound. Significance is generated through the continuity of its insignificance. Something like that.
- Experiential Content (tout le monde en parle de celui-là décidément): content becomes a co-production with the user. The experience itself is the content. Sharing space with the user. And other sages paroles.

La tête du serpent est incluse sur cette botte à 4000$C’était le fun, mais très vite j’en ai eu marre de la foule gigantesque, et je me suis enfui au Allen’s Boot Store de l’autre côté de la rivière Colorado – et j’en ai profité pour me payer un repas santé à 13$ (coquilles Saint-Jacques sur salade). Puis retour en ville pour le party, qui commençait au Six (club qui appartient à Lance Armstrong, et que l’on voit passer dans le film Death Proof de Tarantino!). Après bien des aléas, je ne compte plus les différents endroits, je me suis retrouvé à errer autour de la sixième rue avec toutes sortes de personnes dont je ne me rappelle plus les noms. Et le temps s’est étiré très facilement jusqu’à 3 heures…


13 mars 2009
Posté dans Voyages
2 commentaires »

SXSW Day 0 – Feels Good to Be Back


Lendemain de mon arrivée, ça y est, j’ai déjà mal au crâne. Quelle idée aussi de pousser ma luck jusqu’aux petites heures alors que le festival n’est même pas encore officiellement commencé ! C’est qu’hier j’ai rejoint Brian le frère de Maj qui habite ici et connaît tous les secrets du nightlife. Avec Fred et Carl, nous avons donc parcouru quelques bars du « West 6th » et je ne compte plus les consommations. Mais beaucoup de plaisir, ça c’est sûr !

Je suis bien content de retrouver ma ville préférée de ce côté du Mississipi. Les oiseaux noirs croassent dans des langues étrangères sur des chênes alambiqués aux pousses déjà vertes à l’aurore d’un nouveau printemps, tandis que les pick-ups monstrueux crachent leur essence le long de la rue Cesar Chavez, que j’ai encore choisie pour ma villégiature, de l’autre côté de l’autoroute, chez les vrais Austinites. J’ai appris qu’on les appelait des « Austinites », by the way.

Seul regret, il fait pas chaud, même qu’il pleuviote, et Brian m’accuse d’avoir amené le mauvais temps dans mes valises puisque paraît-il qu’il crevait chaud ces derniers jours. J’ai hâte que ça revienne. Tk c’est tjrs mieux qu’à Mtl.

Je m’en vais de ce pas vous bloguer mes aléas, chaque jour du SXSW pour une troisième année consécutive. Cette fois-ci je vais pas à la partie Musique et je sens que je vais le regretter. Je suis en train de penser à prolonger mon voyage mais ça ne serait pas sage, courage ! Il faudra rentrer travailler à Montréal.

J’ai envie d’un breakfast burrito. Ça va me faire du bien, après ce café trouvé dans le placard de la maison, qui est au café ce que mon bain de ce matin était à la douche.

Je sens déjà rugir les couloirs du Convention Center, là-bas de l’autre côté de l’autoroute, 15 minutes de marche et je serai pour une nouvelle année, au beau milieu de ma faune de geeks préférée. I’m Back Baby!


9 octobre 2008
Posté dans Voyages
3 commentaires »

L’autre Cuba


J’ai passé la semaine dernière à Cuba, mais loin des zones touristiques et des tout-inclus. Parti avec mon sac à dos et une poignée de billets, j’ai débarqué en plein centre du vieux Havane en pleine nuit, et j’ai halluciné d’emblée.

Des gens de tous âges qui squattent toute la rue, à peine éclairée, à peine habillés, qui me regardent tous avec ce regard illisible des gens d’ailleurs. C’est ça qui arrive quand on débarque dans une nouvelle ville : on connaît pas les bums du coin, on sait pas les sizer comme les nôtres, on lit par leurs moves, et idiotement, on prend légèrement peur.

Sauf que c’était pas des bums. C’étaient des citoyens ordinaires, qui passaient une soirée ordinaire, et au lieu d’être verrouillés dans leur salon ils squattaient dans la rue. Parce qu’ils n’ont rien et parce qu’il n’y a rien à faire (d’un point de vue post-moderne occidental, s’entend).

Le lendemain matin, je commence à circuler dans les rues bouche bée, entre les flaques brunes du pavement défoncé, sous la menace des vieilles façades dont la splendeur grandiose menace de s’écrouler à tout instant.

Note importante qui s’applique à l’ensemble du récit : il fait 35 humides degrés. Constamment. Lourdement. Ça me prendra pas long de marcher au pas antillais, et de prendre les choses avec relâchement, sous peine de tomber dans d’éprouvantes crises de fatigue déshydratée (après quelques bouteilles d’eau et 16 heures de sommeil, ça finit par passer).

Le premier jour, je suis tombé dans tous les pièges, et ça m’a coûté aussi cher que la journée d’un touriste à Montréal. Repas à 20 piasses, drinks à 5 piasses, etc. Tout ça avec la monnaie « convertible » que l’on donne juste aux touristes ; avec la monnaie locale, tu payes 20 fois moins cher ta journée, mais ça je ne l’ai compris que le lendemain en discutant avec quelques touristes croisés la nuit.

À la Havane, mieux vaut faire comme les Havanais. Pour cause : les touristes sont en minorité. C’est bien beau si je croisais plus d’une douzaine de non-Cubains dans une journée. La Havane n’a pas encore été aseptysée et transformée en parc d’attractions. C’est ce qui lui arriverait en un clin d’oeil si ce n’était du régime politique en place. J’en veux pour preuve la côte mexicaine de l’autre côté.

À l’exception d’un petit circuit de rues plus touristiques, vaguement enjolivées avec des beaux petits pavés et des plantes en pot (mais quand même d’allure très crappy), La Havane appartient encore totalement aux Havanais. Hors de ces mini spots touristiques où tout est vendu trop cher pour rien, et où on se fait proposer à tour de bras des faux cigares et des vraies mineures, on plonge très vite dans la vie quotidienne authentique des Havanais, qui n’ont même pas l’air de nous remarquer dans leur train-train.

La Havane grouille de monde, constamment en mouvement, toujours dix fois plus nombreux pour faire la même chose qu’une seule personne (ou un seul ordinateur) ferait chez nous. Ils sont très occupés parce qu’il y a beaucoup à faire dans une journée si on veut manger, dormir et élever ses enfants convenablement. En fait, ceux de mes lecteurs qui ont connu les années 50 en Occident peuvent très bien se faire une idée de la Havane de 2008.

Comme dans les années 50, une minorité de gens ont une auto. Comme dans les années 50, on trouve un magasin pour chaque produit (les oeufs chez le marchand d’oeufs, le yaourt chez le marchand de yaourt, etc.). Comme dans les années 50, on minimise la consommation électrique et on s’éclaire aux ampoules blanches entre deux pannes. Comme dans les années 50, les gens SORTENT et COMMUNIQUENT plutôt que de rester en famille dans leur confort (qu’ils n’ont pas).

Vous l’aurez compris ; la Havane ressemble à un voyage dans le temps, en version antillaise. Ce mode de vie a certains avantages ; tout a l’air plus authentique et précieux, de la nourriture aux relations interpersonnelles. Mais le poids du temps sur les bâtisses et les infrastructures nous rappellent cruellement que 50 ans se sont écoulés depuis les années 50. Seuls les gens ont l’air tout frais et propre (et sont souvent extrêmement beaux). Tout ce qui les entoure tombe en ruine.

On dirait qu’ils vivent dans une ville abandonnée depuis 1959. C’est triste à dire d’un point de vue socialiste, mais les Havanais vivent dans les ruines que la prospérité capitaliste d’antan leur a laissés. Une chance que c’était construit solide à l’époque.

Sous les façades splendides de l’ère coloniale et des années folles, tout a été strippé ; il ne reste plus qu’un ramassis d’espaces vides sommairement meublés, où s’entassent des familles qui n’ont pas les moyens d’acheter du savon et des brosses à dent. C’est comme si Castro avait pris Paris en 1959 et que les immeubles haussmaniens étaient envahis par les squatteurs, noircis et humides, et n’offraient plus qu’un souvenir de leur gloire passée, sous le linge qui pend aux fenêtres sans vitres.

Qu’on ne s’y trompe pas : les Havanais sont des gens incroyablement positifs, optimistes, amicaux, festifs et joyeux (à défaut d’être parfaitement heureux), et ils sont très bien instruits et soignés par-dessus le marché.

C’est juste qu’ils passent leur vie entière dans une ville décrissée, patentée, patchée à coeur joie. C’est un peu comme vivre à Black Rock City à l’année longue, l’humidité en plus, l’imposture en moins. Les Burners qui parlent de leur life-changing experience n’ont pas été à Cuba, parce que c’est là que j’ai réellement vécu la mienne.

Si la ville est grande (plus de 2 millions d’habitants), on ne s’y sent pas perdus. Tout le monde se connaît, et on se croise constamment sur la rue, même s’il y a beaucoup de rues. C’est que ça ne circule pas beaucoup d’un quartier à l’autre ; alors chaque quartier devient comme un village. Après 5 jours, j’étais moi-même rendu à rencontrer des gens que je connaissais en marchant au hasard des rues…

Il faut dire que j’ai passé du temps avec les gens de mon quartier. J’ai jasé avec eux pour améliorer mon espagnol, et j’ai abondamment bu avec eux dans les bars locaux (i.e. un bar se qualifie par la présence d’un comptoir, de bouteilles et de chaises, optionnellement de tables). J’ai même dormi et mangé chez eux ; ça aide. L’étape supérieure aurait été de dormir AVEC eux, mais je ne me suis pas rendu là. Pas qu’on m’y ait pas fait penser, parce que le « sexual innuendo » est abondant.

De l’autre côté de la vitrine, celle qu’on affiche à la majeure partie des touristes (surtout dans les zones hôtelières hors de la capitale), il y a le deuxième Cuba. Le Cuba fake et crosseur. Plus on va dans les coins touristiques, plus on se fait traiter comme du bétail par des guides et des commerçants arrogants. Même les locaux qui habitent près des zones touristiques, qu’ils travaillent ou non avec les touristes, appartiennent à un genre de middle-class cubain.  Ils sont même plutôt confortables.

C’est pourquoi après une escapade de 24 heures sur les plages paradisiaques de Varadero, où j’ai aussi dormi chez les gens plutôt que dans les hôtels, j’ai voulu revenir le plus vite possible à la Havane.

Tant pis pour la beach. Le Cuba que j’aime est définitivement en ville, entre les tas de gravas et les chiens errants qui s’enfilent. Crisse, on dirait de la poésie.

Toutes mes photos de la Havane sur Flickr


19 mars 2008
Posté dans Voyages
Commenter »

SXSW – Mes photos enfin dévoilées !


Suivez ce lien pour voir toutes mes photos de South by Southwest 2008.

Vive Flickr !


18 mars 2008
Posté dans Voyages
1 commentaire »

Mon meilleur show de SXSW


sxsw-108.jpgBien sûr, j’ai croisé mon idole Mick Jones à South by Southwest, mais il faut avouer que son groupe Carbon/Silicon, c’était pas vraiment les Clash. Tout le monde l’avait deviné.Musicalement parlant, mais surtout scéniquement parlant, mon meilleur show de South by Southwest était celui de Monotonix, un groupe de fous-furieux de Tel-Aviv, samedi après-midi dans une cour arrière pleine de hippies et de tatoués.

sxsw-168.jpg16h30 samedi. Je me retrouve dans une espèce de cour arrière pleine de bordel surnommée le « Typewriter Museum », mais qui pourrait aussi bien s’appeler « Some Hippie Dude’s Backyard ». Ce sont mes logeurs qui m’ont amené là, Epiphany et Chris. Après 20 minutes, je commence à me demander ce que je vais faire là, alors que je dois me rendre plus profondément dans le centre-ville pour voir les « vrais » shows.

Soudain, le groupe Monotonix débarque. Au sens propre du terme. Plutôt que d’utiliser la scène, ils descendent leurs instruments dans la foule, en plein dans la poussière. Une batterie (kick+snare+hi-hat+ride), un chanteur et une guitare (branchée dans un préampli de basse et un haut-parleur JCM Marshall, à travers une grosse disto sale). C’est tout.

Soudain, la foule s’écarte. Ils sont complètement fous! Le chanteur court partout en criant et en sautant, le guitariste aussi, son manche risquant d’éborgner les spectateurs.

sxsw-205.jpgImaginez un hybride de Lenny de Mötörhead, Tommy Iommi et Ron Jeremy : c’est à ça que ressemblait le chanteur, avec un paquet de grosses patches de poil baignés dans la sueur.

Il courait et sautait partout, exploitant toutes les structures mises à sa disposition dans la cour. Le guitariste, plus virtuose qu’il ne s’en donnait l’air, assumait à lui seul la « mélodie », bien tight avec le batteur malgré l’équilibre fragile du contexte.

sxsw-215.jpgIl montait sur les rambardes, enlevait la grosse caisse et l’envoyait dans la foule, versait de la bière sur les cymbales en action, mettait des objets trouvés à terre sur la tête des spectateurs, montrait son cul à d’autres, courait sur la scène pour sauter dans le public, se frappait la tête dans les tambours, montait sur le dos du guitariste, renversait une poubelle pleine de coupes vides sur le batteur, remuait la poussière à coups de pied et de bière, etc.

sxsw-236.jpgLe tout s’est terminé en apothéose, lorsque le chanteur a invité quelques spectateurs à soulever les instruments de la batterie, incluant le batteur qui s’est assis sur sa grosse caisse, jouant dans les airs en haut de son tas humain, pendant que d’autres spectateurs lui balançaient des bières dans la tronche. Une chance qu’il avait mis des lunettes de natation…

Bref, un genre de Stooges israëlien des années 2000, en plus ironique. Et sans stage. IT WAS FUCKING AWESOME.

Je n’ai jamais autant ri dans un show, même ceux des Hives. Non seulement la musique était énergique et trippante, mais le show, mon Dieu, le show était tout simplement une REDÉFINITION DU PUNK.

Tout le monde a essayé de redéfinir le punk, récupéré depuis longtemps. Mais je crois que c’est réussi dans ce cas.

sxsw-135.jpgPour commencer, c’est broche à foin au max, et c’est ça qui compte. Aucune salle officielle ne tolérerait ce genre de show pour des raisons de sécurité.

Surtout, l’absence de scène rend le groupe plus humain, plus présent que jamais. Il est avec nous, et on risque à tout moment d’être pris à part, passant de spectateur à acteur sans avertissement. Cet élément de danger est crucial.

sxsw-115.jpgL’improvisation des gestes est tout aussi plaisante; on ne s’attend à aucune niaiserie du chanteur, il ne cesse de nous surprendre et d’imaginer de nouvelles niaiseries à faire avec les objets du décor, les spectateurs, les instruments, les autres musiciens, les liquides, la terre battue…

La foule, elle, essayait tant bien que mal de rester à l’abri des bières qui volaient et des coups de manche de guitare. Au bout du compte, tout le monde trippait, même si on se prenait des morceaux liquides ou solides de temps à autre. Le show a duré une demie-heure et ça m’a pompé pour toute la soirée.

Je vous invite à consulter les vidéos de Monotonix sur YouTube. C’est quelque chose. Vous aurez un petit aperçu de mon expérience.


18 mars 2008
Posté dans Voyages
1 commentaire »

SXSW Days 7 to 11 – Music! Music! Music!


sxsw-230.jpgTout a changé depuis la dernière fois que j’ai blogué. La population de South by Southwest s’est radicalement amplifiée, rajeunie et « rockifiée », si j’ose dire.

Après le curieux jour-tampon de mercredi, où les derniers geeks croisaient les premiers musiciens, le festival a commencé à s’étendre largement autour du Convention Center, pour envahir les rues alentour.

Deux rues (6th & Red River) étaient fermées 24 heures, et non seulement le soir comme précédemment. Des scènes temporaires sous tente à chaque coin de rue, dans chaque parc ; deux étages de musique par bar ; des concerts non-officiels improvisés dans des stationnements… etc.

Pour commencer, il s’est mis à faire chaud. Très chaud comme un mois de juin à Montréal. C’est dur quand on attend une heure le début d’un concert en plein soleil dans un parking, comme je l’ai fait vendredi au concert improvisé de Carbon/Silicon, le nouveau groupe de Mick Jones.

sxsw-275.jpgOui, j’ai vu Mick Jones, l’autre idole de ma jeunesse (j’avais vu le premier, Joe Strummer, de loin au Spectrum un an avant sa mort). J’étais tout contre la scène. J’ai même serré la main à Mick Jones. Et j’ai pris douze mille photos de lui. Je tremblais comme une fillette.

Le truc qu’il faut savoir (et que je sais maintenant), c’est que les centaines de spectacles annoncés dans le guide officiel ne sont que la partie émergée de l’iceberg. En fait, les shows les plus intéressants sont ceux qu’on improvise au dernier moment, annoncés par le bouche à oreille. Typiquement, chaque groupe annoncé officiellement pour un soir jouera à coup sûr deux ou trois autres fois dans les jours suivants.

sxsw-331.jpgC’est ainsi que j’ai manqué R.E.M., qui donnait un concert « secret » mercredi soir à minuit, le premier show de Mick Jones jeudi (dans un lieu inconnu), un petit concert de Lou Reed dans un bar, un show secret de Mötörhead, et bien d’autres dont je ne saurai jamais rien.

En résumé, si on ne se fait pas d’amis, on est faits. Il est essentiel de jaser à gauche et à droite pour obtenir l’information sur les shows, et ne pas hésiter à changer de gang dix fois dans la soirée.

sxsw-1.jpgOn dirait que tout le monde pensait comme moi dans ces cinq jours, car je me suis mêlé à de nombreux groupes de personnes qui semblaient les meilleurs amis du monde alors qu’ils venaient de se rencontrer. J’ai même rencontré un couple d’amoureux qui avait l’air quasiment de jeunes mariés avant d’apprendre qu’ils s’étaient rencontrés une heure avant.

Ce n’est pas seulement South by Southwest qui favorise les rencontres spontanées. J’ai l’impression qu’Austin fonctionne comme ça à l’année longue. Et peut-être même l’ensemble du Texas. Et mon accent français a aussi eu beaucoup de succès – tout le monde aime les Français ici (ils n’en voient pas très souvent, j’imagine).

sxsw-362.jpgJe ne m’explique pas comment ces gens parmi les plus gentils et ouverts du monde peuvent voter pour les politiciens les plus vicieux et bornés. Remarquez qu’Austin est un bastion démocrate, Obama-démocrate. Mais je crois bien que la gentillesse et l’entraide et l’ouverture sont les mêmes partout au Texas. Paradoxe culturel.

Mais revenons à la musique.

JEUDI (jour 8)

J’ai manqué plein de shows les deux premiers jours, car comme je l’ai expliqué, il faut se tenir constamment au courant, et moi je n’avais pas encore passé à la vitesse sociale supérieure. Surtout, j’étais très occupé par mes articles pour La Presse que je devais écrire au plus sacrant (voir ici, ici et ici).

Une fois mes articles écrits, le jeudi soir, mes ailes se sont déployées.

sxsw-207.jpgJ’ai passé la soirée de jeudi au show M for Montreal, avec Your Favorite Enemies (qui ont apparemment de nombreux fans en ville), Caroline Keating (émouvante à souhait), Mission District, Martha Wainwright (plein à craquer), Hot Springs, et United Steel Workers of Montreal (genre de Pogues de chez nous).

VENDREDI (jour 9)

Le lendemain, j’ai assisté à une conférence de Mick Jones et Tony James (autre vieux routier du punk britannique, ex-Sigue Sigue Sputnik), qui forment le groupe Carbon/Silicon. On les a surtout interrogés sur leur vision de l’industrie musicale d’aujourd’hui, en tant que vieilles légendes du punk.

Mick Jones n’avait pas l’air de vouloir parler « d’industrie ». C’est quelque chose dont on ne se souciait pas à l’époque des Clash. Il se fiche aussi des problèmes de légalité des téléchargements… tout ce qui compte c’est de jouer la musique (il en a d’ailleurs diffusé gratuitement sur le Web, avec Carbon/Silicon).

sxsw-119.jpgMick Jones avait juste envie de déconner. Il a passé son temps à faire des blagues et à faire rire l’assistance, alors que Tony James tentait de jouer le tampon en répondant poliment aux questions de l’intervieweur. C’était assez drôle. Quand on lui a demandé comment il voyait le « marketing du punk » en tant que pionnier de ce genre musical, il a simplement répondu: « Sigue Sigue Sputnik! » Je pense que ça résume bien l’atmosphère.

À 17h30, je l’ai vu sur scène avec son nouveau groupe dans un stationnement extérieur surchauffé par le soleil. C’était un moment d’extase à la fin duquel j’ai obtenu mon autographe sous prétexte de photo de presse. En réalité La Presse n’était pas intéressé à publier un article là-dessus, j’ai dû leur mentir pour m’approcher de mon idole… J’arborais un sourire constant pour le reste de la journée, ravi par mon adolescence retrouvée.

Plus tard, j’ai vu un paquet de groupes dans un paquet de bars, et ça s’embrouille un peu dans ma tête.

sxsw-498.jpgJe sais que j’ai vu The Vines, que j’aime beaucoup, vers minuit dans un club branché qui n’avait rien à voir avec leur musique (le genre qui donne des tables contre l’achat d’une bouteille, avec des messieurs en cravate et un larbin qui vous offre du parfum dans les toilettes).

Je sais aussi que j’ai vu The Parisians, en début de soirée. Un groupe de Paris (tiens toé) qui ressuscite l’attitude des Ramones avec une twist franco-française. Intéressant. J’ai pris des photos d’eux pour une journaliste de Rock & Folk qui va peut-être les publier.

Je sais aussi que j’ai revu Creature, de Montréal, vers une heure du matin. Le reste m’échappe. Damn! Où est passée ma mémoire? Trop de concerts, trop de bars.

sxsw-631.jpgAu fait, mes excuses à Creature que j’ai décrits comme « trois filles et un gars » alors qu’ils sont moitié-moitié. Je ne sais pas pourquoi j’ai écrit ça ; je savais très bien qu’ils étaient deux gars et deux filles. Ça m’a échappé dans le rush de la deadline. Ma consoeur Marie-Hélène Poitras s’est empressée de m’écrire un courriel à ce sujet – sans doute motivée par un fond de jalousie, elle qui était restée à Montréal!

SAMEDI (jour 10)

Passons à samedi. Après quelques verres de vin dans un parc où jouaient des groupes d’Australie, je me suis retrouvé dans un nouveau méli-mélo de shows.

sxsw-605.jpgEncore une fois, je suis un peu perdu. Je sais que je suis retourné au Ginger-machin où ils servent cent bières pression différentes, et que j’ai fini dans un party organisé par Spin Magazine à 1h du matin, invitation only. Longue queue encore. Je crois que ces guest-lists niaiseuses étaient un moyen détourné d’obtenir mes coordonnées pour me spammer. Mais bon, c’était très cool. J’y ai vu Soundtrack of our Lives, qui n’a joué qu’une vingtaine de minutes.

J’étais quand même frustré de ne pas retrouver le nom du groupe islandais que je m’étais juré d’aller voir, après avoir rencontré leur chanteuse complètement folle trois jours avant. « I’m just shameless », m’avait-elle expliqué après une rocambolesque démonstration d’excentricité, roulant ses R de façon irrésistible, à l’islandaise. C’est la première fois que je parle à une Islandaise. Ce sera la dernière pour un moment.

DIMANCHE (jour 11)

sxsw-627.jpgArrivé au dimanche, Austin s’est soudainement vidée comme par magie. Il restait quelques shows à gauche et à droite, mais plus rien d’officiel. Les rues étaient ouvertes à nouveau. C’était un peu triste. Depuis, je me sens tout chose.

South by Southwest aura finalement été une longue aventure, qui me semble interminable même si elle n’a duré que douze jours. De belles vacances très bien remplies, arrivées à point nommé.

Évidemment, je n’ai pas cessé de boire tout ce temps, d’autant plus que la plupart des boissons gratuites étaient offertes l’après-midi. Le soir, il fallait souvent payer, jusqu’à 5 dollars pour une bière.

sxsw-209.jpgEn résumé, en incluant la partie interactive du festival, j’ai pris neuf brosses en dix jours (si on compte mardi comme un jour « off » où je n’ai bu que quatre petites bières). Je me sentais un peu comme à Burning Man où chaque jour qui passe en retire 30 en espérance de vie.

Je suis bien content de rentrer – mis à part la température qui m’attend à Montréal. Cette fois, je n’ai pas frustration d’avoir manqué quelque chose, et je sais que je reviendrai l’an prochain, encore une fois incluant la musique. La partie musique du festival n’a rien à voir avec les deux autres, c’est un tout autre monde.

Disons que chaque moitié de South by Southwest a exploité sa propre moitié de mon cerveau.


13 mars 2008
Posté dans Voyages
1 commentaire »

SXSW Days 4&5 – Booze-Up & Big Picture


sxsw08-4-103.jpg(Ce billet a été écrit mercredi 12 mars au matin.)

Je vous écris alors que la plupart des participants de SXSW Interactive sont partis. Maintenant, c’est les musiciens qui prennent la ville d’assaut. Déjà hier, ils ont commencé à s’inscrire au Centre des congrès. On les reconnaît à 100 mètres dans la foule. À midi, je vais commencer mon festival avec Creature, de Montréal – petit show de 30 minutes.

J’ai manqué presque toutes les tranches de conférences des deux derniers jours. En fait je n’ai vu que deux panels : « Browser Wars » et « A Critical Look At OpenID » (regard critique mon oeil, tout le monde sur le panel était du monde d’OpenID). Je regrette d’avoir manqué « Blame Canada: 7 Ways We’re Ahead In New Media« , « The Evolution Of The Independent Worker » avec Patrick Tanguay de la Station-C ainsi que « Independent Film Distribution » avec le Montréalais Brett Gaylor de Open Source Cinema.

sxsw08-4-338.jpgQue voulez-vous, il fallait que je dorme. Comme je ne peux plus dormir la nuit, je suis obligé de me taper des siestes pendant les panels.

Et pourtant… Le paradoxe de SXSWi, c’est que les panels ne sont qu’un prétexte. C’est vrai dans tous les congrès mais le ratio d’apprentissage est ici de 90 contre 10 par rapport aux discussions de couloirs et de bars, où les vraies échanges ont lieu. Vous pensiez que je gâchais tout mon voyage en beuveries? Eh bien non!!! Grâce aux discussions de couloirs et de bars, j’ai absorbé un nombre incroyable d’informations.

sxsw08-4-124.jpgEt surtout, j’ai réussi à atteindre le niveau d’extase geek que j’étais venu chercher ici. J’ai l’impression d’avoir compris. Compris ce qui va se passer en 2008, compris les grands vecteurs de tendance qui propulsent le monde des technologies au moment où on se parle. Mais ça ne doit être qu’une impression, j’en ai bien peur.

sxsw08-41-101.jpgJ’ai voulu vous l’expliquer, et puis j’ai changé d’avis (c’est pour ça que j’ai attendu 36 heures avant de laisser tomber et de publier enfin ce billet, NDLR). Il se passe trop de choses dans ma tête. Je vais avoir besoin de recul pour mettre ça en mots.

À présent, je passe à la partie Musique du festival. Toute une autre crowd.


10 mars 2008
Posté dans Voyages
Commenter »

SXSW Day 3 – Big Work & Bad Taste


sxsw3-128.jpgBon, encore deux panels de manqués dans la matinée. J’ai tant de rencontres et d’activités à faire en dehors des conférences!

Ma journée n’a commencé qu’à 2 heures avec le keynote de Mark Zuckerberg (créateur de Facebook) dans la grande « salle de bal » du Centre des congrès. Pour la deuxième fois, j’ai été jouer du coude et des talons à travers cent mètres de spectateurs et de laptops (debout, assis, couchés) pour aller prendre mes photos sur le bord de la scène, en évitant le feu nourri des caméras et des autres photographes au-dessus de ma tête.

Il faisait horriblement chaud sous les projecteurs. Je n’ai même pas réussi à me concentrer sur les propos de Zuckerberg tant j’avais d’épreuves à surmonter pour prendre mes photos. Mais j’ai cru comprendre, à travers la vapeur, qu’il est un jeune blanc-bec. Tout le monde le dit, je le confirme.

sxsw3-334.jpgJe ne connais pas la fille qui l’interviewait, et je devais être le centième Twitter à demander « Who the fuck is she » (il s’agit de Sarah Lacy, une pigiste qui a écrit un bouquin sur Facebook).

En tout cas, Zuckerberg était inintéressant, à se demander pourquoi il était là. Il se comportait comme s’il nous faisait une faveur de sa simple présence, s’évertuant par ailleurs à ne pas répondre les vraies affaires qu’on voulait savoir, par souci obsessif de la confidentialité.

On aurait dit Bill Gates dans ses pires moments d’awkwardnesse. Les liens à faire sont nombreux, d’ailleurs, entre les plans de Facebook pour l’Internité et le Plan Global Foireux de Domination du Monde de Hotmail / MSN / Live / [Insérer ici le nom du dernier horizontalisme voué à l'échec de Microsoft].

sxsw3-177.jpgMais le plus drôle, c’était les gestuelles de Zuckerberg, qui sortaient tout droit d’un media training accéléré. Dès que Lacy posait une question, il se retournait en écartant les mains vers les photographes et les caméras, avec la moue du gars qui est en train d’expliquer un truc crucial alors qu’il nous lâche un gros ballon d’hélium. Le jeune Zuckerberg (23 ans) est peut-être un entrepreneur précoce, mais côté présence scénique, il est… très scolaire, disons. Il va sûrement s’améliorer avec les années.

Plus tard, j’ai rencontré quelques wikiistes comme moi, avec qui nous avons échangé quelques vues sur le WYSIWYG dans MediaWiki (la route est longue) et l’adoption d’Open ID (Vinismo l’utilise déjà).

sxsw3-213.jpgPuis j’ai été voir Super Collider: Hero of the Social Network, genre de panel aussi bizarroïde que son titre mais vraiment hilarant, avec Ben Cerveny que je connaissais par Evan, et Matt Jones, très rigolo co-fondateur de Dopplr, dont j’avais rencontré le collègue Matt Bidulph a RococoCamp.

Ensuite, party de pré-cérémonie des SXSW Web Awards (j’ai même pas été voir les gagnants, tiens toé). Puis party de Gawker où j’ai rejoint Sylvain et Sébastien de Praized qui étaient rejoints par leur partenaire que je ne connaissais pas, Harry Wakefield. Ce gars très sympa d’une quarantaine d’années, originaire du West Island, a été mon interlocuteur privilégié par la suite. On s’est bien marrés et on a échangés des propos très éclairants sur le journalisme et le réseautage social, entre autres choses.

sxsw3-256.jpgÀ un moment donné, je suis allé chercher des bières au bar et j’en suis revenu avec deux journalistes australiennes, au grand bonheur de mes camarades. La comique du duo, Monica, m’a mis au défi de poster dans Twitter « I Suck Ballzzz » et de changer mon statut Facebook pour « I love T3abaGzzz » (je pognais une connexion wi-fi sur la terrasse du bar avec mon N810 prêté gentiment par Nokia, dont je vous reparlerai).

sxsw3-2631.jpgQu’est-ce que je ferais pas pour amuser la galerie… Le problème, c’est que j’ai laissé ces messages actifs pendant 24 heures avant de m’en souvenir. Qu’en dira-t-on? Tout ça est d’un affreux mauvais goût.

Après ça, on est allé au party de Blogger.com organisé par Sean Carlson de Google. Celui qui m’avait réveillé pour la deuxième année consécutive dans les sofas de la salle de presse, rappelez-vous. Pour lui montrer ma considération je lui ai dispatché la Monica citée plus haut, et il a passé le reste de la soirée avec.

sxsw3-241.jpgRendu là, j’étais ben trop chaud mais j’ai tout de même continué à boire. Voyez le genre… Maintenant je vous laisse parce qu’il faut vraiment que je me tape un power nap. Ce soir il y a encore plus de partys, une douzaine d’officiels et une quinzaine de non-officiels, dont le Great British Booze-Up et le party des Canadiens, South by Northwest.


9 mars 2008
Posté dans Voyages
Commenter »

SXSW Day 2 – Work Hard & Play Hard


sxsw3-112.jpgAprès un réveil difficile (ouch) je suis allé à pied au déjeuner « canadien » organisé par le CIAC et le Consulat de Dallas. Des crêpes au sirop d’érable. Pas pire. J’ai volé une pomme verte sur la table. Je la garde en cas d’urgence.

Chaque jour à SXSW, arrive un moment où on tombe sur deux conférences potentiellement intéressantes à la même heure. Dans ce cas, on essaye de battre le système en faisant des aller-retours entre les deux salles. Mais c’est impossible quand la deuxième salle est déjà remplie à pleine capacité.

sxsw3-156.jpgC’est pourquoi j’ai manqué la conférence Managing Communities That Work avec les gars de Lego, Fox Interactive et AT&T. En revanche, j’ai eu beaucoup de plaisir avec Derek Powazek dans sa conférence Crowdsourcing For Creatives.

Il y avait peu de liens à faire avec ma situation dans Vinismo. Il parlait surtout de la création en ligne dans les sites comme Flickr, avec moult exemples d’expérimentations catastrophiques en crowdsourcing par les publicitaires. Les gens de marketing ne manquent jamais une occasion de se planter complètement en tentant de récupérer les dernières tendances communautaires du Web.

 align=Powazek a notamment mentionné la campagne de GM, « The Apprentice », où les internautes étaient invités à créer leur propre pub pour le camion Tahoe en ajoutant du texte sur des images pré-formattées. Mais au lieu de leur donner une liberté totale, GM les empêchait de sauvegarder leurs images ou de les placer sur un autre site, et interdisait tout mash-up ou remontage. Le résultat : ça leur a pété dans la face.

Après un dîner en langue française chez Manuel’s avec Sylvain Carle, Sébastien Provencher et Carl Mercier, j’ai assisté à la conférence d’ouverture de Henry Jenkins. Le « Professeur du Web » a encore livré une performance extraordinaire, avec sa longue-vue socio-critico-philosophique sur les tendances d’Internet.

sxsw3-217.jpgJe n’ai pas pu écouter Jenkins, car j’étais trop occupé à le photographier. Je suis allé ramper avec les autres photographes sur le tapis rugueux du Ballroom A, et j’ai manqué d’avoir un malaise à faire ces galipettes dans la chaleur.

Sur le côté de la scène, deux artistes dessinaient une grande toile de « mind mapping », c’est-à-dire un genre de tag cloud fait à la main, avec textes et illustrations, à mesure que Jenkins parlait avec Steven Johnson. Les deux femmes étaient très talentueuses – voir photos ci-contre.

sxsw3-228.jpgPlus rien ne m’intéressait après ça. Je suis donc allé m’étendre dans les sofas de la salle de presse, où j’ai rencontré Sean, le gars de Blogger.com (Google), dans la même position et au même endroit que l’an dernier, à pareille date. C’est décidément une manie chez lui, de me réveiller. Il organise encore le party de Blogger ce soir au Club De Ville. L’an dernier ça s’est terminé en averse du siècle. J’espère que ça ira mieux ce soir.

Après la traditionnelle bière dans le Brush Square en face du centre des congrès, je suis allé avec Geneviève Cardin au party de Google au club Light. C’est là que le concurrent Yahoo! avait organisé son party l’an dernier…

sxsw3-289.jpgLe club Light, tout en longueur sur deux étages, était vraiment paqueté. Ils acceptaient encore du monde alors que la capacité était dépassée depuis longtemps. Avec mon gros objectif de caméra et mon sac, je ne pouvais plus faire de virages dans la foule. Il fallait que je décide de mes déplacements à l’avance car je ne pouvais plus faire de virage avant le mur d’en face. Fallait tirer des bords stratégiques pour se rendre au bar.

Après ça on est allé avec Sylvain, Sébastien et Carl au party de Frog Design, qui avait lieu à l’extérieur dans la cour du musée d’histoire latino-américaine, d’une architecture splendide, mais sous un temps trop frisquet. Nous avons fait là le plus long line-up de notre vie, à discuter pendant une bonne heure avec Julien Smith et autres arrivants de nos connaissances, avant d’avoir droit à deux verres de piquette.

sxsw3-263.jpgMême chose au party officiel « 16 bit » de SXSW Interactive, à l’autre bout de la ville, où un line-up monstrueux nous attendait. Nous avons eu la chance de rencontrer, dans la file, trois filles d’Austin qui sont bénévoles pour le festival, et elles nous ont emmenés, Carl et moi, ailleurs en ville pour boire tranquillement – Sylvain est resté dans la file mais d’après ses Twits de ce matin, il n’a pas pu y rencontrer des adversaires à sa hauteur au billard. Après une pointe de pizza trash à cinq dollars, je suis rentré chez moi.