Bangkok, Saïgon, Hoi An

Mon système de productivité tropicale: ne jamais me donner plus d’une tâche par jour, et ne jamais la commencer après midi. Sinon: FAIL.
Lors de mon retour à Bangkok la semaine dernière, ce système m’a permis d’accomplir de nombreuses tâches qui paraîtraient niaiseuses à Montréal mais qui prennent beaucoup d’efforts mentaux et physiques sous les tropiques.
Tâches réalisées: J’ai lavé tout mon linge. J’ai complété mes commandes de vêtements sur mesure. J’ai magasiné au marché (2 fois). J’ai stocké 25 kilos de bagages dans un locker. Je me suis fait manger les pieds par des poissons-masseurs. J’ai cherché un traducteur anglais-Thaï pour traduire une phrase de mon cru, qui a été tatouée sur mon bras droit par un professionnel que j’ai pris soin de me faire recommander par des cool Thaïs qu’il m’a fallu eux-mêmes repérer au préalable. Tout ça en 3 jours!
Ensuite j’ai acheté mon billet d’avion pour le Vietnam et j’ai rejoint mon ami montréalais Van Tri, qui m’a accueilli en grand à Saïgon (scusez, Ho Chi Minh-Ville). Grâce à lui et ses amis, j’ai pu goûter au vrai nightlife saïgonais, incluant un guet-apens mémorable dans la célébration populaire d’une quelconque victoire de soccer (voir photo). Van Tri m’a parlé abondamment de la culture du Vietnam moderne, et des sentiments complexes qui l’animent en tant que Vietnamien de la diaspora.
Amitiés mises à part, j’ai vécu un gros choc à mon arrivée. Comment dire… Le Vietnam n’a strictement rien à voir avec la Thaïlande, pourtant à un jet de pierre sur la carte. C’est un tout autre monde.
L’armée des Saïgomobiles
Pour commencer, l’architecture et l’urbanisme n’ont rien à voir, avec des rues bordées de grands arbres et de bâtiments tout minces ornés de splendides balcons et galeries. Tout est relativement bien entretenu, même si je n’ai visité que les quartiers «chics» du centre.
Alors que la Thaïlande a perpétuellement l’air d’avoir 15 ans, avec ses bâtiments neufs érigés à la va-vite aussi bien en ville qu’à la plage, le Vietnam est construit plus costaud. On sent l’influence coloniale, mais aussi un souci culturel d’entretenir le patrimoine (souci qui échappe totalement aux Thaïlandais, temples mis à part).
Saïgon serait plaisante s’il n’y avait pas autant de scooters qui klaxonnent et zigzaguent par millions, constamment, nuit et jour. Le bruit, l’odeur, le stress, le poids mental de cette légion incessante de Saïgomobiles devient rapidement insupportable.
Le Vietnam a beau s’être pris 15 ans de guerre sale sur la gueule, on n’en voit pas une trace aujourd’hui. Me semble que lorsqu’on tue 5 millions de personnes, ça laisse des traces. Mais non. On croirait que rien ne s’est passé. Vous me direz, Saïgon a été plutôt épargnée. Faudra que je voie Hanoi. De toutes façons, c’est loin tout ça, tout le monde a 20 ans ici.
Seules quelques reliques des derniers jours du régime sudiste trônent sous la poussière au Musée de la Réunification de Saïgon, ancien palace présidentiel laissé dans l’état exact où il se trouvait lorsque les tanks nordistes l’ont pénétré le 30 avril 1975, forçant le président Duong Van Minh à ordonner à ses troupes de baisser les armes. Le tank est toujours là, de même que le téléphone d’où a été lancé l’ordre. Ambiance sixties garantie, architecture soviétique en prime. Mais la muséographie est à chier.
Tradition vs. tourisme
Je vous écris de Hoi An, ville très cute et typique sur la côte centrale du Vietnam. La vieille ville est absolument splendide, avec de vieilles bâtisses construites solidement il y a plus de 100 ans, moult ornements et boiseries, encore des rues bordées de grands arbres, et le rythme tranquille d’un bourg de campagne plongé dans la tradition.
J’ai vu la première rizière de ma vie en arrivant de l’aéroport de Da Nang (car je ne voyage qu’en avion!). Avec des boeufs qui tirent des paysans maigrichons au chapeau conique, tout. Une rizière, quoi!
Les scooters ne sont plus une source de stress ici. Ils ont cédé la place aux commerçants. Hoi An est réputé pour ses nombreuses bébelles décoratives et tailleurs sur mesure, alors ses habitants mettent le paquet pour vous en vendre un maximum. Leur attitude de sollicitation contante est parfaitement insupportable, assez pour ruiner une promenade.
Moi qui ai pour principe de voyage de ne jamais acheter quelque chose si son vendeur me sollicite le premier, je ne vais pas réussir à magasiner ici. Y’en a pas un seul qui se la ferme. Il faut toujours qu’ils m’emmerdent dès que j’ai le malheur de montrer ma face de touriste. Dix fois pire qu’en Thaïlande, sans l’attitude relax ni les beaux sourires. Et même si on leur achète un truc, ça leur suffit pas, ils vous tirent la manche pour aller voir les costumes du beau-frère.
Calmez-vous les amis, on est tous venus à Hoi An pour vous acheter des trucs anyway, alors c’est pas la peine de mettre la pression! Comment dit-on «lâche moé crisse» en vietnamien?
Verdict après 3 jours: le Vietnam est splendide, et les Vietnamiens m’apprennent à aimer encore plus les Thaïs. À l’exception bien sûr de la gang à Van Tri, qui est super cool. Merci encore Van Tri pour ton aide précieuse et ta sympathie inébranlable.







bravo nico pour tes superbes photos, qui font resurgir beaucoup de souvenirs pour nous. Ces endroits sont attachants, et un paradis pour les photographes.
Merci c’est gentil!
Un paradis à condition de pas me faire chouraver mon gros matos. Jusqu’ici ça va bien. :)
lâche moé crisse = Khong mua dau :)
Ah ah ah! Very useful indeed!!!