8 juillet 2007
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Mon lourd secret bientôt dévoilé


logo-v5c4.pngJe brûle d’envie de vous dire à tous, autant les amis du Web montréalais que la masse mondiale de tous ceux qui s’en fichent, la nature du projet que je prépare depuis trois mois avec mon bon ami Mister Bad (Evan est son nom d’entrepreneur, de papa et d’homme marié, mais moi je persiste à l’appeler du nom par lequel je l’ai connu à une époque où il le méritait amplement).

D’ailleurs, j’arrête pas de titiller les gens avec ça, du genre « ouais, j’ai un nouveau projet Web, ça va KICKER du ASS, mais je peux pas vous dire de quoi il s’agit… ». Je me sens comme un gros mytho quand je dis ça, comme si mon projet était aussi influent sur l’Humanité que l’invention de la bombe atomique.

Je devrais fermer ma gueule. À chaque fois Evan me le fait remarquer (subtilement), en bredouillant gêné devant notre interlocuteur. Je le comprends. Que voulez-vous, je suis incapable de me la farmer. Je me le suis souvent fait reprocher par mes blondes, et d’ailleurs j’en ai plus, de blonde.

Mais je suis vraiment excité. Parce que pour la première fois de ma carrière, je vais enfin abandonner le rôle du journaliste inopportun qui s’incruste dans la gang des doers sans autre but que de tenter de se faire de l’argent en contant leurs exploits.

C’est vrai que je ne m’y connais toujours pas plus en programmation informatique et que je ne pourrai pas davantage suivre leurs conversations qu’avant – et c’est pourquoi je me suis associé à un pro qui connaît son affaire et, pour la millième fois dans l’histoire de notre amitié, cautionne ma présence dans un environnement où je ne mérite pas ma place. Sans lui je serais acculé aux pires bassesses, comme cette fois à Burning Man où j’ai laissé un gars me passer du Vicks sous les testicules parce qu’il m’avait promis que ce serait une sensation exceptionnelle. Moi je voulais juste fitter dans l’esprit Burning Man, je me disais bon, OK, du Vicks sur les couilles, ça fait du sens après tout ce que j’ai vu ici… Il a bien gagné son massage de couilles gratuit, celui-là (mais je ne lui ai pas rendu).

Faut dire qu’avec cette gang de Web-Montréalais, on passe plus de temps à boire et déconner qu’à jaser PHP. Il n’y a qu’à voir la nature de nos échanges sur Twitter (« Tu vas au Laika ? – Oui je vais au Laika. » « Trouvez-vous qu’il fait chaud ? – Ah non, moi j’ai l’air climatisé ». C’est passionnant, je vous jure.) Mais tout de même… Combien de fois ai-je essayé lamentablement de m’insérer par une remarque que je croyais une pierre nouvelle à l’édifice infranchissable de leurs conversations ? Combien de fois leur ai-je affirmé de la façon la plus impérativement solennelle un de ces faits inébranlables faussement inspirés par une longue expérience alors que lus le matin-même dans un journal, croyant jeter un pavé dans la mare alors que j’y sautais à pieds joints comme un guignol, provoquant des approbations aussi gênées que blasées ? Evan a toujours été là pour me secourir dans ces situations (Evan a le dos large et la tolérance souple. Sinon je n’aurais jamais été considéré comme son ami. Je remercie le Ciel chaque jour qu’il existe des gens comme ça, capables de me tolérer et parvenant même dans les cas les plus extrêmes, sans que je ne parvienne à me l’expliquer, à m’aimer).

Bref, j’ai passé les six dernières années de ma vie, et plus particulièrement les six derniers mois, à essayer de fitter dans la gang en sachant pertinemment bien que je n’étais qu’un imposteur, une FRAUDE comme disent si bien les anglos. C’est un peu pareil pour tous les journalistes techno, remarquez bien. (Sauf Michel Dumais. Michel Dumais est autant capable de faire la technologie qu’en parler. Mais Michel – qui me pardonnera l’outrecuidance de l’appeler par son prénom, lui le mentor, le sage, que dis-je l’éminence grise involontaire de ma veule carrière journalistique – Michel, disais-je, est un connaisseur universel digne du temps des Lumières, qui connait autant la programmation C++ que les secrets de la typographie au plomb ou la mécanique automobile.)

Pendant ces six derniers mois d’imposture, donc, j’ai remarqué quelque chose d’exceptionnel se produire à Montréal, avec une de ces intuitions journalistiques qu’on ne peut prouver mais qu’on reconnaît du premier coup d’oeil, même si on n’est qu’un poseur même pas capable de se souvenir de refermer un crochet ou d’apposer un point-virgule dans une ligne de code CSS.

Ce que j’ai remarqué, c’est que Montréal est en passe de devenir une des capitales du design Web.

Cette déclaration peut sembler téméraire, surtout à l’oreille d’un Québécois habitué à se sous-estimer sur la place mondiale, et pourtant, c’est bien vrai. Je l’ai déjà dit ici-même, et je le répète : on est hot en design Web et il paraitrait même qu’on serait en passe de n’avoir plus rien à envier à la Baie de San Francisco – sûrement pas en capitalisation boursière, mais en termes d’idées Web innovatrices. Il y a trois ans, j’avais annoncé ça au sujet des jeux vidéos dans La Presse, et ça semblait une prophétie auto-réalisatrice, car à l’époque on était encore loin derrière Vancouver ou Londres. Aujourd’hui, on est au même niveau pour les jeux vidéos. Alors pourquoi la même chose ne se produirait-elle pas avec le design Web ? C’est d’ailleurs ce que pense aussi le serial-Web-entrepreneur Sylvain Carle, l’auteur original de cette comparaison avec San Francisco, qu’il a proférée lors du dernier BarCamp, et qui sait de quoi il parle, lui qui a passé plusieurs années dans la Baie comme l’indique le nom de son blogue, afroginthevalley.com.

Je le crois : le majestueux train de l’innovation est en train de s’ébranler en gare de Montréal. Il s’en va à la conquête du monde. Et depuis que j’ai compris ça, j’ai décidé fermement la chose suivante : je ne resterai pas sur le quai à regarder les heureux voyageurs me faire des bye-bye. Je suis tanné d’être celui qui rapporte les succès et le génie des autres. Je veux allier l’action à la parole pour effacer mon imposture. Et ce sera chose faite dans deux semaines.

Le 24 juillet à 18h30 à la SAT, je présenterai mon nouveau projet en compagnie d’Evan (une présentation entièrement bilingue, comme notre projet).

En fait de monter dans le train, je n’aurai qu’une place de troisième classe en strapontin, puisque c’est Evan qui a pensé à ce projet et a eu l’expertise nécessaire pour en réaliser les aspects technologiques. Il a aussi une grande expérience et une grande sagesse, sans lesquelles je ne serais rien. Mais en compensation, je mets les bouchées doubles. Je n’arrête pas de travailler sur ce projet comme une fourmi bien disciplinée, à des lieux de ce que mes clients et employeurs connaissent de moi.

D’ailleurs, je ne fous plus rien en dehors de ce projet. Je n’écris plus dans La Presse depuis un bout, je fais traîner tous mes dossiers destinés à payer mes factures. Une chance que je peux vivre cet été grâce à une somme d’argent reçue d’Europe par miracle (en fait de miracle c’est plutôt le fruit – ou la consolation – des malheurs de ma famille). Je serais supposé mettre ça à la banque sans y toucher, mais au lieu de ça, je m’en sers pour me concentrer à fond sur mon projet. Qui a une chance sur cinq millions d’être racheté pour autant de dollars par Yahoo. C’est ce qu’on appelle prendre un risque entrepreneurial. Mais quel beau risque, mes amis… J’ai presque envie de vous dire maintenant de quoi il s’agit. Mais je me retiendrai encore deux semaines.

Tout ce que je peux vous dire, en guise de teaser, c’est que l’illustration ci-dessus est le logo de mon projet, réalisé par l’excellente Marie-Claude Doyon que j’ai oublié de créditer (c’est notre designer graphique, excellente et avertie comme personne des dernières tendances du Web, je vous la recommande).

Je me sens comme Microsoft avant la sortie de la Xbox 360, lorsqu’elle égrainait les informations au compte-goutte par toutes sortes de simili-fuites. Six mois avant la sortie de sa console, Microsoft avait révélé son logo, seulement son logo, comme on jette un os à un chien, et tout le monde s’était émerveillé. J’espère provoquer tout autant votre curiosité avec ce scoop en avant-première. Essayez donc de deviner quel est le thème suggéré par ce logo. Je donne dix dollars au premier qui devine. Pour les autres, rendez-vous à la SAT le 24 juillet. Voir le programme complet ici.

M.À.J. 24/07 : Mon lourd secret est enfin dévoilé ici !


6 commentaires à «Mon lourd secret bientôt dévoilé»


  • [...] Ritoux, my francophone counterpart who freelances for La Presse, has a long post on his blog about a super-secret new project he’s working on with Evan Prodromou. Probably more [...]

  • Sylvain Carle a écrit :

    Ouais, l’attente va nous tuer. Mais bon, avant de mourir on va tenter de deviner de quoi il en retourne via tes updates sur Twitter!

  • Robin a écrit :

    Comme je le demandais sur Fagstein, mais c’est plus approprié ici… mais kei ki fait ? (Elle est facile, vous allez dire, mais j’ai même pas consulté barcamp – c’est mon p’tit doigt qui parle trop, celui qui ne tappe jamais).

  • Patrick a écrit :

    Je vais me permettre d’enculer une mouche en disant que tu parle plus de « développement » web que de « design » web. Design c’est ce que Marie-Claude justement fait. La vague présentement à Montréal englobe plus, l’idéation, la création, la programmation, le design de nouvelles applications et services web. Développement donc.

  • [...] Lancé aujourd’hui-même, simultanément en français et en anglais, Vinismo.com est le fameux projet mystérieux sur lequel je travaillais depuis trois mois avec Evan. Vous savez, le “lourd secret” dont je brûlais de vous parler l’autre jour… [...]

  • [...] que je croyais être une tache de café se révèle plutôt être une tache de vin. Le nouveau projet de Nicolas Ritoux et de Evan [...]

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